Coupointil1pures d'eau quotidiennes : Eau intermittente ("pointillés")

1 Quel est le sujet ?
2 Causes du phénomène
2.1 Altitude
2.2 Pertes de charge
2.3 Rupture de canalisation ou fuite
3 Moyens pour résoudre
3.1 La technique de surpression
3.1.1 Aspiration
3.1.2 La bâche
3.1.3 La pompe
3.1.4 Le pressostat
3.1.5 Le ballon à vessie
3.2 A titre privé
3.3 Au niveau Public
3.4 Obligations légales
3.5 Les citernes et la capacité
3.6 Le renouvellement de l'eau (marnage)
3.7 Les "habitants des réservoirs"

4 Conséquences d'une telle situation
4.1 Clapet
4.2 Qualité de l'eau
4.3 Véracité du comptage

5 Conclusions

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1 Quel est le sujet ?

Il arrive dans certains secteurs que l'eau du réseau public ne soit pas distribuée de manière continue ("En pointillés" par exemple). A certaines périodes de la journée (voire des saisons parfois, ou lors de problèmes réseau), il y a baisse notoire de la pression, allant jusqu'à l'arrêt complet de l'eau chez certains abonnés.

Cela est gênant pour de nombreuses raisons et ne doit pas perdurer.

Au niveau d'une habitation, entendre l'eau qui repart dans le réseau est anormal (aspiration) car cela témoigne que l'habitation n'est pas équipée de clapet anti-retour, et cela peut avoir de graves conséquences, on le verra dans les paragraphes qui suivent.

Pour un petit rappel technique, la pression en un lieu dépend principalement de la hauteur entre le réservoir et l'utilisateur. (Le diamètre des tuyaux ne joue pas de façon directe mais uniquement sur les pertes de charge qui sont normalement toujours très faibles relativement à l'équivalent de hauteur).
On parle de distribution gravitaire (Voir "Monsieur Newton")

On notera aussi que d'une façon assez générale (refoulement distribution) la pression durant la nuit est souvent plus élevée que le jour (Pertes de charge quasi nulles par l'absence de consommation des abonnés, et il n'y a plus que majoritairement les fuites, et les pompes sont souvent en fonctionnement en tarif de nuit et augmentent légèrement la pression effective).

2 Causes du phénomène

Les causes de cette absence d'eau sont connues et résultent le plus souvent de l'altitude ou des pertes de charge (voir ci-dessous). Une troisième cause devrait attirer votre attention et vous inciter à appeler le concessionnaire. En effet si le cas n'est pas coutumier, il se peut que cette absence d'eau résulte d'une rupture de canalisation ou de quelque autre problème.

C'est le principe des vases communicants qui dirige la distribution de l'eau. Si une branche est plus basse, l'eau s'écoule alors pour tenter de rétablir le même niveau dans le réseau.

L'eau va toujours de façon préférentielle où c'est le plus facile…Elle descend toujours les altitudes.
(C'est comme en randonnée, il est toujours plus éreintant de gravir que de descendre !)

2.1 Altitude

Les réservoirs d'eau potable sont tous placés à une hauteur "suffisante" pour pouvoir alimenter toutes les habitations. Cependant les maisons "ont poussé" et les débits demandés ont augmenté, alors le réseau est peut être devenu au fil des années un peu trop faible et parfois mal adapté.

Pour l'altitude, il est quasiment impossible de déplacer un réservoir pour le seul motif que l'altitude est insuffisante. On attendra en général l'insuffisance de capacité associée ou la mise en redondance de la distribution, pour entreprendre la construction d'un nouveau réservoir plus haut et de plus grande capacité.

Les coûts sont immenses et l'amortissement de tels travaux ne peut se réaliser que sur 50 à 80 Années pour que le coût de l'eau potable reste abordable pour tous !

Que faire alors ? Il y a des solutions qui évitent de tels investissements et qui permettent de temporiser ces grands travaux tout en permettant une alimentation en eau correcte.

En ce qui concerne l'altitude, en pays plat, il y a toujours recours à des châteaux d'eau de type "champignon" (ou tour). Les maisons sont toutes au même niveau et il ne devrait y avoir aucun problème, mais ce n'est pas toujours le cas, car le paragraphe suivant va expliquer pourquoi.

En pays de montagne ou vallonnés, les réservoirs qui sont le plus souvent semi enterrés, sont placés sur des points hauts (mais pas trop, car monter l'eau trop haut coûte cher en énergie !), mais parfois les constructions se sont élevées aussi, et la hauteur n'est plus suffisante pour assurer un écart de pression suffisant, conjugué avec quelques pertes de charge inévitables, qui accentuent encore le manque de pression.

Enfin, il est aussi un cas parallèle mais très différent dans l'esprit, qui est celui des particuliers qui construisent à côté des réservoirs semi enterrés et qui ont de ce fait très peu de pression. Ceux-ci ne manquent jamais d'eau, mais pleurent quelques bars de pression en plus auprès du concessionnaire.

A noter que les maires et les services de l'État sont coupables de faiblesses et autorisent ces constructions, car même si les gens signent des renonciations à la pression, 15 ou 20 ans après quand les habitants ont déménagé et que les acheteurs suivants "pleurnichent", il est normal que ces nouveaux habitants ne se sentent pas concernés, et les doléances sont là…!
Finalement c'est l'ensemble de la collectivité qui va payer pour ces faiblesses initiales, car on verra qu'elles ont un coût non négligeable, et que les vendeurs de terrains associés aux faiblesses des maires face aux pressions foncières, font que tout le monde paye pour….les vendeurs de terrains, les lotisseurs et quelques particuliers désireux de faire des affaires sur le compte de la communauté !

Cet aspect est réellement une gangrène que je dénonce sans pitié. Les maires ont une très grande part de responsabilité dans l'établissement des PLU (ex POS) ou cartes communales et de ces zones mal desservies en eau potable.
Mettre en zone constructible alors qu'il y a des problèmes potentiels d'alimentation en eau n'est pas responsable et oblige la communauté à financer ainsi des intérêts particuliers, au détriment peut-être d'opérations de renouvellement / renforcement plus urgentes.

Être maire ou responsable pour l'eau potable implique de sérieuses connaissances tant techniques que financières. La "gloriole" fait que ce sont les abonnés qui payent les erreurs de stratégie ou les complaisances.
Eh oui ! Désolés chers élus, être élu est un métier à part entière et non une occupation à temps partiel ou destinée à la promotion d'une notoriété.

2.2 Pertes de charge

Ce cas est souvent conjugué avec le problème de hauteur des réservoirs, mais il peut rester seul, si le réseau est de trop faible section.
En effet, il suffit d'un gros client sur le réseau, (Centrale à béton, laiterie, blanchisserie, agro-alimentaire, laverie etc…) pour que les pertes de charges engendrées par ces gros consommateurs, réduisent substantiellement la pression réelle disponible à l'aval.
Dans cet aspect de pression réduite qui se traduit par l'équivalent générique ou virtuel d'un réservoir plus bas, l'eau ne va donc plus pouvoir arriver jusqu'aux habitations les plus hautes en périodes de fort tirage.
Expliqué simplement, c'est comme si le réservoir était plus bas.

Pouvez vous avoir une idée de ce phénomène ? Oui, si vous habitez en campagne, les incendies de fourrage (foin et paille) sont courants et lors des grandes interventions des pompiers, il n'est pas rare que des habitants téléphonent pour dire qu'ils n'ont plus d'eau !
Cela est dû aux pertes de charge engendrées par les débits importants occasionnés par les lances à incendie.
(Comme les pompiers oublient en général d'appeler le distributeur d'eau (tant qu'ils ont de l'eau), les structures d'eau potable sont souvent averties par les particuliers lors d'un incendie…)

2.3 Rupture de canalisation ou fuite

Ce cas est accidentel et est équivalent aux pertes de charge, mais il n'en a pas le caractère permanent. Ce sont toujours les mêmes principes qui font que les usagers en fin de ligne ou les plus hauts n'ont plus d'eau…Tout est pris avant ! (Tout se passe comme si un client tirait un débit d'eau hyper-important)

3 Moyens pour résoudre

Résoudre ces cas, implique une première distinction entre ce qui est permanent ou fréquent et ce qui est accidentel. La rupture de canalisation sera naturellement traitée par la recherche de la fuite et sa réparation.
Pour les autres cas, ils sont justiciables d'un réservoir plus haut, de conduites plus grosses pour limiter les pertes de charge, ou d'un surpresseur local.

Inutile de dire que dès que l'on touche au niveau des travaux de voirie ou pire, du génie civil, les dépenses s'envolent et ces solutions restent des solutions ultimes.
(A ce stade, très souvent on passe d'abord en renforcement des canalisations tant le coût d'un réservoir est élevé).

Pour le profane, avez-vous une idée de ce qu'il faut de solidité pour contenir une masse liquide dite "classique" de 2000 Tonnes (2000 M3 par exemple). Tous les calculs de résistance des matériaux, d'analyse de résistance des sols à de telles masses sont réalisés, et les structures sont délibérément sécurisées, pour que le moindre tremblement de terre ou mouvement de terrain, ne vienne pas à casser une telle structure.

Ces réservoirs sont donc presque toujours la dernière pièce qui sera réalisée à cause des coûts et parfois des possibilités altimétriques.

3.1 La technique de supointille1rpression

Avant d'entamer les travaux sur les réservoirs et les renforcements de section des canalisations, il y a heureusement une autre possibilité intéressante qui va pouvoir débloquer cette situation : C'est le surpresseur !

Il va créer localement un petit réseau de pression supérieure, avec un réservoir (bâche) qui permettra d'avoir l'eau…aux heures où elle est présente.
C'est-à-dire que l'on va remplir tant qu'on pourra cette bâche aux heures de faible activité, de façon à pouvoir redonner l'eau aux habitants aux heures de forte consommation.
Cela revient à décaler dans le temps le remplissage de la bâche !

Il y a donc une ou plusieurs pompes en parallèle qui vont remplir un ballon à vessie sous pression à partir d'une petite réserve locale (bâche). Ce ballon à vessie contient une partie d'air et de l'eau destinée aux usagers. L'air comprimé assure le maintien de la pression.
Cette pression va cependant baisser jusqu'à un seuil qui va réenclencher le démarrage des pompes. L'arrêt sera réalisé pour la pression maximum calculée.

C'est un pressostat qui va réaliser cette opération de commande des pompes et donc de régulation de la pression.

Un surpresseur sans ballon de stockage avec air ne peut pas fonctionner correctement, car les pompes seraient alors en perpétuel démarrage/Arrêt.

Dans certains cas, pour éviter l'hystérésis souvent important de la variation de pression, il est possible de mettre des pompes à vitesse variable, mais toujours avec un tout petit ballon cette fois. Cette technique est beaucoup plus sophistiquée et ne s'applique principalement que pour les distributeurs à cause du coût plus élevé.

(Des modèles pour particuliers existent maintenant, mais je ne les recommande pas, car il faut des installations absolument sans aucune fuite. De plus c'est de l'électronique, c'est cher et trop sophistiqué à mon humble avis, surtout pour des particuliers n'ayant aucune connaissance en hydraulique)

On remarquera aussi dans le cas de surpresseur multi pompes, la possibilité d'un deuxième pressostat qui peut entrer en action en commandant une deuxième pompe en cas de forte chute de pression.
Dans les systèmes multi pompes, le fonctionnement des pompes est toujours alterné pour raison de sécurité et d'usure.
Un matériel qui ne fonctionne pas est réputé non opérationnel au bout d'un certain temps, alors il faut répartir les fonctionnements.

3.1.1 Aspiration

Faut-il toujours une bâche (petite réserve atmosphérique d'eau) ? La réponse est sans équivoque OUI. Rappelez vous, j'ai parlé d'un remplissage en décalé relativement aux heures de pointe…)
Mais j'ai vu …oui je sais, il arrive que l'on aspire dans les canalisations, mais cela doit être calculé et ne concerne que les ouvrages du distributeur, qui s'est d'ailleurs arrangé pour ne jamais se trouver en manque d'eau, car le remède serait alors pire que le mal.

(Notez au passage que si votre pompe a grillé lors du dernier nettoyage de réservoir, car vous aspirez en direct sur le réseau qui n'a plus d'eau, vous ne pourrez rien reprocher au distributeur puisque vous étiez initialement en défaut ! désolé !)

D'une façon générale, un surpresseur a toujours une bâche dite "de reprise". Les cas de surpresseurs en direct sont toujours le fait du distributeur d'eau et restent assez rares car ils manquent souvent d'un niveau élevé de sécurité.

Au niveau des particuliers l'aspiration est rigoureusement INTERDITE et de plus voué à l'échec technique. Non seulement c'est interdit, mais de plus les assurances ne devraient pas rembourser des dispositifs illégaux !

En général, les distributeurs d'eau "ferment les yeux" concernant les pompiers, mais ceux-ci peuvent causer de gros désordres voire des pollutions par aspiration de "l'eau du terrain". (Voir ci-après)

3.1.2 La bâche

Pourquoi la bâche est nécessaire ? Il faut bien décaler le remplissage aux périodes où il y a encore de l'eau pour en redonner lorsque le réseau n'en donne plus. C'est simplement décaler le remplissage dans le temps !
La bâche est-elle atmosphérique ou à pression ? (En général c'est une bâche atmosphérique. Mais un réservoir à pression avec vessie est peut-être envisageable dans quelques cas).

Quel doit être son volume ? Son volume est calculé sur les consommations moyennes du nombre d'habitants du secteur (avec les marges de sécurité voulues ainsi que les prévisions à moyen terme)
Pour une famille n'ayant plus d'eau aux heures de pointe, environ 100 à 200 litres devraient suffire pour un cycle de 24 heures.
Il est nécessaire de faire des relevés horaires de consommation et d'évaluer leur répartition relativement aux périodes de manque d'eau (enregistrement de la pression), tout en prenant des marges de sécurité.

Le remplissage de la bâche sera toujours réalisé avec un robinet à flotteur ou équivalent, qui assurera un remplissage toujours maximum de la bâche pour parer à toute éventualité de manque d'eau.

3.1.3 La pompe

La pompe (les pompes) va reprendre l'eau de la bâche (d'où le nom bâche de reprise) pour la mettre en stockage sous pression dans le ballon à vessie.
La pompe devra être arrêtée en cas de bâche vide, car le manque d'eau, détruit toujours une pompe.

Cela est aussi une raison suffisante pour ne pas pomper en direct en aspiration où il est toujours difficile d'évaluer la dépression engendrée par la pompe en fonction des caractéristiques de perte de charge du réseau amont.

Une pompe est donnée pour une hauteur manométrique (pression) et un débit. En général une pompe sera toujours arrêtée avant d'atteindre sa pression maximum.

Les caractéristiques d'une pompe se dégradent avec le temps par l'usure des turbines et des profils et il n'est pas possible de construire du  durable sur des éléments qui ne seront pas stables. (Ceci concerne principalement les pompes de surpresseurs).
Pour d'autres pompes ce ne sera pas nécessairement le cas, car c'est souvent un débit qui sera recherché, et non une pression, comme dans le cas de remplissage de réservoirs.

3.1.4 Le pressostat

C'est un élément très important des surpresseurs. C'est une sorte d'interrupteur commandé par la pression, et c'est lui qui va commander la mise en marche et l'arrêt des pompes. Il est souvent seul, mais parfois "épaulé d'un confrère" avec des valeurs décalées permettant la mise en marche d'une deuxième pompe en cas de pression très faible.
Un pressostat a toujours un hystérésis qui est, dans 95% des cas non maîtrisable et dans 4% des cas mal maîtrisé.
Ceci est du au principe de ces interrupteurs à pression qui ne peuvent pas modifier de façon simple l'écart entre les deux valeurs clé d'enclenchement et de coupure.
(En réalité le réglage de l'un modifie l'autre).
De plus ces pressostats doivent être normalement équipés en interne d'un capillaire qui va amortir les ondes de reflexion et éviter les oscillations de pression avec "Arrêt-Marche". (C'est un peu une régulation PID)

Les premiers pressostats étaient robustes et commandaient directement la pompe. A ce jour ces pressostats ont "fondu" en taille et poids, mais ne peuvent plus commander de tels courants. Il faut alors ajouter des relais chargés de commuter la puissance !

Pour les équipements à vitesse variable, il n'y a plus de pressostat, mais seulement une sonde analogique de pression (souvent en 4-20 mA) qui va induire directement la vitesse de rotation de la pompe, pour compenser la baisse de pression. En cas de fort débit, la sonde unique commandera automtiquement la mise en marche d'une deuxième ou d'une "nième" pompe, pour tenter d'atteindre la pression de repos.

3.1.5 Le ballon à vessie

Ce ballon a le rôle d'accumulateur de pression par l'air ou l'azote qu'il renferme (azote=gaz neutre pour la corrosion (absence d'oxygène)).
Le dimensionnement doit être calculé pour que la pompe ne fonctionne pas trop souvent et que l'on soit loin d'atteindre la limite du nombre de démarrages moteur autorisés par heure.

Ces calculs doivent être réalisés pour les pointes de consommation mais également pour une seule pompe, car en fonctionnement dégradé où une pompe est en panne, celle qui assure le service à elle seule ne devra pas "cramer" dès le premier jour !

Le dimensionnement n'est pas réellement critique et l'on prend souvent des valeurs importantes de sécurité, dans le simple but de ne pas trop solliciter les moteurs dans la fonction de démarrage et de toujours avoir de la réserve pour les évolutions de population.
Ces ballons peuvent parfois être très petits pour les groupes de surpression à vitesse variable.
Par opposition, il ne faut pas trop exagérer sur le volume, car l'eau ne se renouvellerait pas assez souvent.

3.2 A titre privé

Vous pouvez naturellement installer un surpresseur avec bâche de reprise. (J'en ai vu cependant en direct aussi, mais ils ont eu des problèmes…)
Les surpresseurs sont souvent ce que nos amis Belges appellent des groupes "hydrophores". Ces surpresseurs ne sont pas complets puisqu'ils ne comportent jamais la bâche, et ils sont le plus souvent utilisés pour la récupération de l'eau de pluie (en citerne faisant le même office qu'une bâche).
Vous pouvez faire votre surpresseur vous-même sans acheter le groupe complet, mais c'est un peu plus laborieux, et souvent un peu plus cher.

Vous devrez toujours prévoir le contact de coupure de pompe en cas de bâche vide (manque d'eau). Si vous l'ignorez, ça marchera, mais il y aura un jour pas comme les autres et la pompe sera grillée (par grillée, il faut comprendre que l'étanchéité des garnitures mécaniques va être détruite et que la pompe va "fuir" partout et souvent bloquer les roulements moteur. Par voie de conséquence : blocage du rotor et courant important dans les enroulements du stator finissant par le griller.

Je déconseille fortement le principe de garder l'eau de la bâche uniquement en secours au cas où il n'y ait plus d'eau. L'essentiel de la consommation se faisant alors sur le réseau. En effet l'eau de la bâche va "pourrir" par manque de renouvellement et vous risquez de vous empoisonner à la première coupure.

Si vous avez de très fortes variations de pression avec absence d'eau parfois (écarts de 2.5 à 3 bars), vous pouvez envisager de supprimer la bâche et la pompe, mais de mettre simplement un ballon à vessie et des clapets, mais là aussi il faut penser au renouvellement de l'eau du ballon.
Il est également possible d'envisager des cycles jour/nuit pour résoudre ce problème, mais c'est délicat si vous n'êtes pas du métier et c'est une adaptation à réaliser au coup par coup.

3.3 Au niveau Public

Les moyens sont naturellement différents. Les demandes des habitants pour un meilleur confort, "mettent la pression" sur les élus, et il faut réellement envisager une solution d'attente pour quelques dizaines d'années, le temps de préparer  le financement de travaux plus lourds.
On remarquera cependant que cela est du à un manque de clairvoyance des élus qui n'ont pas su apprécier les problèmes tout en voulant satisfaire les demandes. Il est évident dans ce contexte où les frais sont partagés par tous, que la solidarité joue en plein pour un élu un peu insouciant et surtout accroc à sa popularité...
C'est grave car tout le monde payera un peu ! C'est fini je ne dis plus de mal des élus !

Au niveau public, les surpresseurs sont installés dans les villages "perchés" ou seulement sur des portions de communes, mais aussi à proximité des réservoirs principaux, parfois en plaine en fin des réseaux.

Les surpresseurs sont presque tous équipés de bâches sauf quelques cas particuliers qui peuvent réalimenter d'autres réservoirs et des appareils appelés accélérateurs, qui permettent cette fois en aspiration "contrôlée" de réalimenter réservoirs et abonnés qui ne pouvaient pas être alimentés à cause du problème de hauteur principalement.

Tous ces surpresseurs publics, continuité du service oblige, sont toujours équipés d'au moins deux pompes et d'un ou plusieurs ballons à vessie.
En cas de poteaux d'incendie alimentés par des surpresseurs eux mêmes alimentés directement par des réservoirs, il n'y a pas de problèmes majeurs, hormis les caractéristiques des moteurs qui doivent pouvoir assurer un service continu. Seul le manque d'eau traditionnel doit être surveillé.

Les débits '"incendie" sont cependant insuffisants dans les ¾ des cas, aussi ce sont les débits conjoints surpresseur et réseau traditionnel qui sont nécessaires. (Par le biais des clapets de secours en régime dégradé, voir petit synoptique en début de §3 ).

Les surpresseurs sont le plus souvent "secourus" par le réseau normal (avec pression faible) grâce à des clapets qui permettent automatiquement un fonctionnement dégradé en cas de panne de la fonction de surpression. (On retrouve au moins le fonctionnement "en pointillés"...)

3.4 Obligations légales

Il ne faut pas oublier cependant que le distributeur et l'État ont l'obligation de desservir les habitations avec un minimum de pression défini le plus souvent au règlement sanitaire départemental (souvent 0.3 bars au point le plus élevé de l'habitation) ou dans le règlement de service.
On comprend mieux ainsi ce que tout Maire devrait savoir avant d'accorder un permis de construire un peu à l'aveuglette.
Tout permis doit prendre en compte cet aspect sous peine de faire payer aux autres habitants le prix d'un raccordement hors possibilités d'approvisionnement normal en eau.

C'est la raison pour laquelle, tout permis de construire a intérêt à être visé, malheureusement pour avis seulement, par les différents services, dont les services de l'eau potable (privé ou public). Le concessionnaire de l'eau n'ayant qu'un simple avis (quand il peut encore l'indiquer, ce qui n'est pas toujours le cas !) est toujours condamné à donner l'eau et cette fois à ses seuls frais pour des éléments dont il aura dénoncé le manque de cohérence.

Outre ces problèmes de pression et donc d'eau "en pointillé", se greffent d'autres problèmes plus graves cette fois !

En effet en premier lieu, tous ces points qui n'ont pas de l'eau en permanence doivent impérativement être équipés de clapets anti-retour, car l'eau de ces habitations ne doit en aucun cas redescendre dans le reste du réseau. C'est la première des obligations à respecter de la part d'un service de l'eau.

Il faut avouer que placer un clapet va encore diminuer légèrement leur faible pression, mais c'est une absolue nécessité pour ne pas renvoyer l'eau mais aussi pour ne pas vider les canalisations, qui resteront alors en eau, les points de fort tirage étant seulement un peu plus limités.

On remarquera que dans cette optique, les conduites peuvent passer en dépression et que cela n'est pas du tout souhaitable. (Voir ci-après)

Ainsi qu'il a été exposé, cette mise en place de surpresseur est une solution d'attente de renforcement des sections des canalisations, solutions très onéreuse, tout autant que la création d'un nouveau réservoir qui l'est encore plus !

3.5 Les citernes et la capacité

La capacité des citernes ou bâches doit permettre de passer les pointes de consommation (absence d'eau)  sans discontinuer. On remarquera que la position altimétrique de celles-ci est souvent en pied de réservoir ou à une cote altimétrique qui permet d'avoir toujours de l'eau, même à faible débit.
Il n'est pas rare d'implanter sur une commune étagée, un surpresseur à mi-hauteur (là où il y a de l'eau en permanence) et de terminer la distribution haute d'une commune en réseau surpressé.

3.6 Le renouvellement de l'eau (marnage)

C'est un point important des surpresseurs traditionnels, l'eau de la bâche doit se renouveler en permanence.

Aussi pour cette raison et avec le clapet de secours, il est presque toujours impératif que la pression distribuée soit toujours supérieure à la pression maxi du réseau gravitaire. Dans ces conditions, le secours automatique est assuré et le renouvellement de l'eau de la bâche est garanti.

Il est également possible de ne pas mettre de clapet de basculement automatique, mais dans ce cas, il faut une vanne ! Et il faut donc la manœuvrer !

J'ai vu des montages anormaux et dangereux où l'eau séjourne indéfiniment dans des citernes en attendant la panne....

Ce renouvellement est naturellement nécessaire AUSSI pour le ballon sous pression.

3.7 Les "habitants des réservoirs"

Ce cas est un peu différent pour ces particuliers qui ont obtenu le "sésame" du permis de construire de façon peu normale. Pour eux je recommande aux distributeurs qui n'ont que voix de consultation, lettre de décharge globale contre le manque de pression pour l'habitation et non pour le propriétaire. C'est-à-dire le propriétaire actuel et ses ayants droits ou acheteurs ultérieurs.
Avec copie en Mairie et DDE(A).

Les structures d'eau potable peuvent pourtant se montrer intelligentes pour ces habitants situés à côté de réservoirs semi-enterrés, car le problème est un peu différent.
Lors du raccordement, il y a lieu de passer en forte section (DN40 de préférence) pour combler ce manque de pression en compensant au maximum les pertes de charge. Cela peut permettre d'éviter le plus souvent l'utilisation d'un surpresseur.
Les abonnés devront de leur côté travailler avec de très fortes sections intérieures dans l'habitation (18 à 22)
L'aspiration qui, si elle est sans risque théorique de manque d'eau (encore que l'on nettoie annuellement les réservoirs …) doit cependant se réaliser par une bâche pour raison sanitaire de retours d'eau éventuels.
Cette bâche pourra alors être de volume plus faible et ne servir que de "tampon", sa fonction n'étant plus alors que de remplir en décalé des heures de pointe.

4 Conséquences d'une telle situation

4.1 Clapet

Ainsi qu'il a déjà été dit, toutes les habitations avec livraison d'eau  "en pointillé" doivent prioritairement être équipées de clapets après compteur.

Le but est d'éviter tout retour d'eau d'un particulier vers le réseau, mais aussi d'éviter la vidange de la canalisation.

Lors d'absence d'eau, la canalisation publique sera dans ces conditions, soumise à dépression. Or cette dépression est problématique sur les joints à lèvres des canalisations. En effet si ces joints sont faits pour résister parfaitement à la pression, ils sont mauvais pour résister à une dépression. (En général la dépression acceptée est de 1 bar environ).

Pourtant les conduites dans ces situations sont rarement en dépression importante et pour quelles raisons ?

Simplement parce que dans les points hauts, il y a toujours des ventouses !

Donc les clapets des maisons ne vont pas être trop efficaces. Ils vont seulement protéger le réseau des retours d'eau et éviter d'introduire de l'air des maisons (parfois insalubres) dans la canalisation. C'est déjà beaucoup !
Enfin l'installation privée restera en eau ce qui est un avantage on va le voir ci-après. Le branchement du particulier (tout ce qui est après la bouche à clef côté abonné) restera aussi le plus souvent en eau si les robinets sont bien fermés, et/ou qu'il y a un clapet.
Seule la canalisation principale pourra éventuellement se vidanger partiellement à partir de l'air introduit par une ventouse.

4.2 Qualité de l'eau

Ces allers et retours de l'eau sont toujours mauvais. L'eau décolle ce qu'elle avait déposé préalablement et le "bio film" est décollé en permanence ce qui favorise les développements microbiens de toutes natures et souvent mis en évidence par les bactéries anaérobies "sulfito réductrices" toujours recherchées dans les analyses d'eau
Ceci est accentué par l'introduction d'air à partir des ventouses et/ou des habitations. Une conduite doit toujours être exempte d'air qui est un oxydant et véhicule toutes sortes de particules, poussières et microbes…

Une bâche ou un ballon qui ne servirait qu'en secours est à proscrire systématiquement, car le stockage prolongé de l'eau la rend impropre à la consommation. Ceci est un peu similaire au cas des réservoirs qui ne marnent pas. (Voir l'article).

4.3 Véracité du comptage

Alors le compteur ? Imaginez ! En l'absence de clapet, il tourne lorsque vous consommez, il tourne aussi (à l'envers) quand la conduite se vide…Mais quand il n'y a plus d'eau ? Eh bien c'est l'air aspiré par un robinet laissé ouvert qui le fait tourner, et cette fois à très grande vitesse (à l'envers).
Mais alors ? L'eau va remonter et l'air aussi et ce serait donc la même chose car ce qui est passé va revenir !
Pas tout à fait ! Bon nombre de compteurs sont paresseux dans le sens arrière mais rigoureux dans le sens avant ! Les compteurs d'eau comptent des liquides et non des gaz, alors vous allez peut-être payer plus que cela ne vaut !

Ce point devrait inciter les habitants des points hauts alimentés en pointillé à vérifier la présence d'un clapet anti-retour sur leur installation. Cela est normalement de leur seule responsabilité, puisque ce dispositif privé est obligatoire, mais beaucoup de distributeurs le feront gracieusement à l'occasion d'un passage, car c'est la qualité de l'eau qu'ils distribuent qui est directement en cause.

Une fois de plus le clapet après compteur est une absolue nécessité pour de multiples raisons et même si il occasionne des petites pertes de charge complémentaires.
J'avais demandé à l'époque d'être seul décisionnaire d'absence de clapet suite à réparation. Il fallait de sérieux arguments pour ne pas en mettre !.

5 Conclusions

Quel bonheur l'eau en pointillés…! Ça glougloute, ça gargouille, ça pète lorsque l'air s'échappe, ça éclabousse, ça fait toutes sortes de bruits bizarres, et ça donne le coup de grâce aux chasses d'eau fatiguées.

Un surpresseur reste une bonne solution d'attente de travaux lourds, mais ce n'est qu'une MACHINE avec ses pannes potentielles. Celles-ci sont cependant limitées et devraient normalement être prévues avec un service dégradé en faible pression.
Sur cet aspect, la fiabilité de l'eau amenée par gravité depuis un réservoir n'a pas d'équivalent.

Cet équipement peut être privé ou public. Mais si vous avez au moins 0.3 bars de pression au point le plus élevé de votre habitation, vous ne pourrez vraisemblablement pas réclamer au service public cet appareil.
Il vous faudra investir !
Mais comme pour les adoucisseurs, il y a lieu de prendre toutes les précautions décrites pour que la qualité de l'eau ne soit pas altérée.

"Mon chauffagiste m'a dit qu'il ne pouvait pas faire la mise en route de ma chaudière avec une pression aussi faible" !
Eh bien le chauffagiste à tort, car il doit mettre en œuvre ce qu'il faut pour assurer sa mise en route en conformité avec les textes légaux en vigueur ! (Même si la notice constructeur indique 2.5 bars mini) Cela se traduit simplement par le fait qu'il prendra un récipient assez haut (tonneau alimentaire de 30 à 50 litres par exemple) qu'il remplira à la petite pression, et qu'il utilisera un petit groupe de surpression associé à ce récipient pour remplir le circuit de chaudière à la pression requise. Particulièrement dans ce cas et je crois dans tous les cas, le raccordement au réseau interne sera réalisé en plus de la vanne d'alimentation (parfois doublée) avec un petit disconnecteur qui évitera tout retour d'eau de chaudière dans le circuit interne d'eau potable de la maison, car dans ce cas précis, le risque est très élevé.

Avant d'acheter la baignoire de thalasso avec jets "hydro-machins pulsés", vérifiez donc la pression de votre réseau...Rien de réellement opérationnel à moins de 3.5 bars environ.

Pour mon avis personnel (dont tout un chacun se moque bien entendu), je crois que ces produits de luxe entraînent toujours des gaspillages et ne sont pas bons pour la protection des ressources en eau potable.

Allez "Marcel" mets la pression !

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