Matériels des Branchebranch10ments

1 Colliers de prise
1.1 Généralités
1.2 Sur Fonte(s)
1.3 Sur PVC et PEHD
1.4 Le Perçage en charge
1.5 Réfections de branchements
1.6 Aspect sanitaire
1.7 La boulonnerie et sa protection
2 Vanne de prise en charge
2.1 Quel métal choisir ?
2.2 A boisseau cônique
2.3 A sphère
2.4 Vanne Multi-tours
2.5 Autres types
3 Tabernacle
3.1 Infiltrations d'eau vers l'Abonné
3.2 Éviter l'entrée du concassé
3.3 Permettre la manœuvre
4 BAC
4.1 Fonte
4.2 Résine
5 Les Tuyaux de branchement
5.1 PEHD
5.2 PVC et PVC Orienté
5.3 Fonte
5.4 Les chanfreins
5.5 Les gaines et grillages avertisseurs

6 Les emplacements
7 La mise en eau
8 Les manchons de réparation
9 Conclusions

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Préambule

Cet article est destiné à ceux qui ne connaissent pas bien les tenants et aboutissants des branchements d'eau potable. Il intéressera aussi les pays où le soleil est généreux et qui sont soucieux de protéger leur capital vie en économisant l'eau potable qui est un bien plus précieux que l'or.
C'est un complément technique à l'article "je raccorde ma maison au réseau public d'eau potable". Il s'adresse tout aussi bien aux fontainiers qu'aux particuliers.
C'est aussi un article parfois un peu guide et qui pourra avec intérêt alimenter les feuilles d'exercices et de technologie des étudiants en BTS GEMEAU et de confronter les différentes opinions.

La bataille commerciale fait rage au niveau des matériels des branchements, qu'il s'agisse de colliers, vannes, jonctions ou tuyaux, car c'est le phénomène du nombre qui intervient : UN branchement par habitation ça compte ! (Sans oublier les "petits" réseaux privés)
Je n'ai malheureusement pas de nombreuses photos d'illustrations, car à l'époque je ne pensais pas réellement faire de blog, et de plus c'était seulement le tout début de la photo numérique ainsi que d'Internet à l'échelle grand public.
Alors désolé j'ajouterai peut-être quelques images au fil du temps.

1 Colliers de prise

1.1 Généralités

Le collier de prise en charge est certainement un élément qui mérite beaucoup d'attention. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce dispositif n'est pas aussi simple qu'il n'y parait.

Un joint caoutchouc en forme de chapeau haut de forme (sans fond), souvent rigidifié par un tube cuivre pour sa partie tubulaire, assure l'étanchéité entre la canalisation et le collier branch11lui-même.
Vient ensuite le collier en deux parties, de différentes matières, à savoir la fonte ductile, le fer (ou acier doux), et parfois du clinquant Inox et plus rarement en autres matériaux.
La protection contre la corrosion est aujourd'hui assurée par une peinture Epoxy. Attention aux écailles comme en témoigne la photo ci-contre (grossir la photo). C'est la porte ouverte à la corrosion !
Généralement le collier réalise une prise latérale sur la conduite de distribution.

La prise latérale est la mieux adaptée, car elle a plusieurs avantages :
-Elle permet le perçage sans trop de difficultés pour placer l'outillage de perçage dans la fouille.
-Elle évite l'envoi vers le branchement des incontournables dépôts tombés au fond de la canalisation par gravité
-Elle évite aussi l'envoi de bulles d'air qui se trouvent piégées ou qui circulent au "plafond" de la canalisation.

Les deux extrémités d'un collier sont en regard par une boulonnerie cadmiée traitée, ou zinguée spéciale.
Ces boulons ne doivent jamais rapprocher les extrémités du collier jusqu'à se toucher, car dans cette hypothèse le joint caoutchouc ne pourrait pas assurer son office à cause du manque de compression sur la canalisation (garde de serrage nécessaire)
La surface en contact du collier et de la canalisation doit permettre de minimiser la pression sur cette dernière. (Voir ci-après)
La rupture d'un seul boulon engendrerait obligatoirement une fuite importabranch2nte.

Les mécaniciens doivent hurler de voir assembler ainsi des pièces métalliques sans aucune rondelle...Il y a une raison essentielle ! Une rondelle est un élément en tôle mince, et de ce fait, même traitée anticorrosion, elle pourra être "bouffée" totalement occasionnant ainsi un relâchement conséquent du serrage, et nécessairement une fuite ! La tête de boulon et l'écrou, sont largement plus massifs pour ne pas être "bouffés" tout de suite...Voilà donc la raison qui dirige cette absence de rondelle.
Cette règle est également appliquée sur toutes les pièces de fontainerie et où la corrosion est omniprésente. (photo d'une canalisation haute pression de turbine)

On comprend parfaitement l'enjeu d'un collier de prise, et on le réservera pour les branchements de petite section, pour les particuliers, "à la rigueur" jusqu'au diamètre 40.
Le collier de prise reste et sera toujours un élément dangereux pour les fuites, car toute rupture se traduira toujours par une fuite importante.
Pour toutes les sections de branchement supérieures, il sera nécessaire d'utiliser un Té et une vanne à bride. Cependant, il y a des exceptions, notamment pour assurer des prises spécifiques dans des installations ou des regards du concessionnaire, où on utilise des colliers à des fins de prélèvements ou de mesure de pression, voire de détournement de flux ("fuite" contrôlée).

Pourtant à partir d'un certain diamètre, on "rechigne" à percer une canalisation de DN 150 (ou plus) pour satisfaire quelques branchements. On distingue donc en premier lieu la FONCTION d'une canalisation (adducteur ou canalisation de distribution).
Dans ce cas on place le plus souvent un Té et une vanne et une petite canalisation de distribution en parallèle. Ainsi cela évite de devoir priver d'eau les autres usagers, à cause d'un simple collier de prise qui a lâché (occasionnant une fuite avec coupure d'eau nécessaire pour réparer).
A ce jour une coupure d'eau est inacceptable dans le cadre d'usagers toujours plus exigents.
Un adducteur est un élément chargé uniquement du TRANSPORT, et il ne devrait jamais y avoir de prises par collier sur de tels équipements, mais toujours un Té et une vanne à bride.

Juste après le collier se trouve la vanne dite de branchement ou de prise en charge directement vissée (ou avec bride) (voir § ci-après) avec maintenant le plus souvent un joint en fibre dans un lamage du collier. (Parfois une petite vis latérale est chargée de bloquer en rotation la vanne).
De nombreuses polémiques courent sur ce sujet. En effet l'habitude de régler l'étanchéité collier/vanne à la filasse, fait qu'il peut y avoir une fuite en cas de mauvaise étanchéité de la filasse car le joint est tout de même mis en place, mais pas en contact suffisant.
Il est nécessaire lors de l'opération de vissage de la vanne sur le collier, que le carré d'entraînement soit dans l'axe du collier, (pour pouvoir manœuvrer le carré depuis la chaussée).
Avec un seul joint en fond de lamage, il peut être délicat de positionner le carré dans l'axe vertical, car on peut se trouver devant l'impossibilité d'y arriver, ou au contraire ne pas serrer du tout. C'est à ½ tour près ! On peut donc penser que la pression sur le joint ne pourra pas être réglée finement.

Un mot sur les prises à vide.
En réalité il existe aussi des variantes qui donneront des avantages et des inconvénients. Parmi ces variantes, il y a les "prises à vide". Il y a toujours dans ce cas un collier, parfois une vanne aveugle (noyée en terre sans BAC), mais le plus souvent une simple jonction et le tuyau de branchement. La vanne de branchement étant alors déportée sur le trottoir ou chez le particulier.
Ceci présente un avantage important lors des réfections de chaussées, mais peut obliger de couper le réseau en cas de problème s'il n'y a pas même une vanne sur le collier.
Cette solution ne me déplait pas foncièrement, mais il faut à mon sens toujours une vanne de sécurité sur le collier pour éviter la coupure générale d'eau.
A ce jour la vanne avec BAC doit toujours exister et devrait donc être installée sur le trottoir (domaine public impératif), et donc on a multiplié par deux le coût, on a perdu un point d'écoute et seulement gagné de ne plus remettre à niveau les BAC. (Remise à niveau sur trottoir cependant). Le risque de mauvais fonctionnement d'une 2ème vanne est également ajouté !
Ce système ne semble plus utilisé car il présente trop d'inconvénients et reste cher. Il parait hautement préférable d'utiliser des BAC réhaussables à grand développement. Il pose également le problème de fixation mécanique de la vanne avec BAC (pas de conduite solide pour l'empêcher de tourner lors d'une manoeuvre)

Il faut pour comprendre ceci, admettre qu'une canalisation de distribution est souvent posée sous la chaussée d'une route, principalement pour une question de place. De moins en moins de canalisations sont sur des terrains privés (dans les communes !) et elles sont appelées à toutes disparaître de ce domaine privé, source de trop de problèmes de voisinage.

1.2 Sur Fonte(s)

Pour rappel, le diamètre NOMINAL des tuyaux FONTE indique toujours le diamètre INTERIEUR. Or le collier "colle" au diamètre EXTÉRIEUR !
Les colliers sur fonte ductile (ou grise) mais aussi suivant les fabricants sont différents. De façon normale et habituelle, les fabricants de colliers indiquent le plus souvent le diamètre extérieur mini et maxi, pour que les boulons de serrage puissent assurer leur fonction, que la déformation du collier reste dans la limite élastique du métal et qu'il y ait compression du joint sans que les extrémités du collier ne puissent se toucher.
(Mais il arrive aussi que le diamètre nominal figure, ce qui induit une confusion).
La fonte "grise" ou ductile de fabrication actuelle sans protection spécifique corrosion est très épaisse alors que la fonte ductile traitée anti-corrosion, du fait de sa protection contre la corrosion est plus fine. Les diamètres extérieurs sont donc relativement différents entre les divers modèles de fonte !

C'est cette principale indication de plage de diamètres qui doit guider pour la fonte. On remarquera que les éléments circulaires du collier vont jouer également par élasticité au moment du serrage, et l'application la plus précise sur une circonférence du tuyau est fortement souhaitable.
(Je pense qu'il est toujours souhaitable de se référer au catalogue des constructeurs pour vérifier que ses achats correspondent bien à ce que l'on recherche. Cela permet en outre de garder la mémoire associative en cas de soucis)

1.3 Sur PVC et PEHD

Les mêmes notions de diamètres s'imposent comme pour la fonte. Mais là, il n'y a pas de problèmes car pour les matières plastiques, c'est le diamètre EXTÉRIEUR qui est toujours référencé (63, 75, 90, 110…etc) et c'est aussi le diamètre NOMINAL.
Donc il n'y a plus de confusion entre le diamètre nominal et le diamètre extérieur puisque ce sont les mêmes.

Un autre point important vient se greffer, qui est la pression exercée par le collier sur ce type de canalisation (qui est loin d'avoir la tenue mécanique de la fonte).
Dans ce contexte, la surface d'application des efforts (largeur du collier) devra être importante pour éviter de "froisser" le PVC. Ce point sera encore plus accentué pour le PEHD, qui est encore plus souple que le PVC.
(Par chance les antennes en PEHD sont beaucoup plus rares, car ces antennes sont souvent pour des utilisateurs très éloignés, avec enfouissement à la trancheuse pour du PEHD en tourets. de 200 à 1000 mètres environ.
Personnellement, je préfère les colliers fonte ductile massifs (avec peinture epoxy). Je dois cependant être honnête et dire que je n'ai vu qu'une seule rupture de "colliers fins" durant 5 à 6 années…

On remarquera également que la pose d'un collier sur PVC ou PEHD et son serrage se fait à température ambiante et que l'été, le retrait du plastique (dilatation négative) sera assez élevé lorsque l'eau maintiendra l'ensemble à une température plus faible. La pression exercée sur le "joint chapeau" sera alors moindre...

1.4 Le Perçage en charge

Le collier est donc placé à l'endroit prévu sur la canalisation. L'ensemble avec la vanne est définitivement positionné et correctement serré.
Je passe sous silence les spécifications de serrage données par les constructeurs, car les personnels ne sont en général "pas manchots", et la valeurs sur la clé dynamométrique se mesure en "sortie de biceps".
(Je n'apprécie pas spécialement cette méthode, pas plus que le blocage à mort d'un seul boulon d'une bride avant de passer aux autres boulons).
La sortie est normalement dirigée directement vers l'abonné, mais lors d'encombrements de voirie, il est parfois nécessaire de faire une sortie opposée (épingle à cheveu) avec un rayon de retour par-dessus la conduite principale, pour rejoindre le bon côté (vers la maison par exemple).
(Ceci représente un piège pour les ouvriers du BTP, car l'arrachage à la pelle hydraulique est presque inévitable lors de creusements, d'où la nécessité de repérer ces cas particuliers dans les dossiers et de bien utiliser toute les signalisations requises : grillage avertisseur...etc).

Le collier est en place sur la canalisation et solidement arrimé, et il faut maintenant percer la canalisation. Cela se réalise avec une machine à percer à cliquet. Le forêt passe au travers de la vanne et un joint assure une "petite" étanchéité avec le forêt. Cette étanchéité est cependant rompue volontairement pour que les premières eaux, juste après débouchage du forêt puissent entraîner la limaille par un orifice dédié, et ne pas polluer ainsi l'eau en circulation dans la canalisation principale.
Une remarque s'impose pour le perçage du PVC et du PEHD. Le perçage doit d'abord se réaliser avec un forêt spécial pour ces matériaux, et il faudra faire très attention que la "rondelle" et les copeaux viennent bien se plaquer dans la machine à percer. Cet opercule doit pouvoir être extrait sous peine d'obstruer gravement divers équipements situés à l'aval du flux !
C'est souvent la raison qui fait que les fontainiers quand ils le peuvent préfèrent percer sans charge et réalisent le perçage par un tuyau cuivre chauffé. Je ne considère pas cette solution comme satisfaisante non plus, car un bourrelet de surépaisseur naît et la structure locale de la matière est modifiée par la chaleur.

Le perçage en charge est une opération délicate mais nécessaire, car il permet de ne pas couper l'eau aux autres usagers, tout en réalisant de nouveaux branchements. Cette opération présente cependant quelques risques sanitaires…(§ ci-après)

Dès le perçage effectué, le forêt est retiré et on laisse fuir un peu avant de refermer la vanne. On démonte ensuite la machine à percer.

On remarquera aussi que les quelques particules de limaille "ferreuse" disparaîtront progressivement par corrosion, mais ce ne sera pas le cas des matières plastiques qui vont perdurer dans le réseau.

1.5 Réfections de branchements

Lors de la réhabilitation de vieilles habitations, ou lors d'opérations de réfection de branchements plomb par exemple, il y a lieu de refaire les branchements jusqu'à la canalisation. Il sera toujours nécessaire de reprendre l'ancien perçage, ce qui n'est pas toujours du goût des particuliers. En effet tout perçage abandonné est bouchonné et représente une fuite potentielle. Un distributeur doit toujours y penser et doit limiter les trous aux seuls branchements actifs. (c'est de plus une fatigue en moins !)
Pour ce travail, il faut couper l'eau pour remplacer le collier de prise ou utiliser une machine spéciale dite  "Zap collier en charge" qui déplace en une seule opération l'ancien collier et positionne le nouveau. Cette machine hydraulique est intéressante pour les grandes unités de distribution.

1.6 Aspect sanitaire

Le forêt qui a traîné dans l'outillage des fontainiers est résolument souillé. Ce forêt sera, lors du débouchage du trou dans la canalisation, en contact avec l'eau distribuée par ailleurs. Il est désormais évident qu'il devra être soigneusement nettoyé à l'eau claire et la pointe trempée dans l'eau de javel pure. Ce sera également le cas de la machine à percer, pour toutes les pièces qui seront en contact avec le forêt.
Dans ces conditions, on aura une bonne certitude de non introduction de germes pathogènes dans la canalisation.

Pour le branchement lui-même ? La vanne, le PEHD…etc. Le problème est différent puisqu'il n'y aura que ce branchement en cours d'installation qui sera concerné. Ainsi qu'expliqué dans un autre article, une première chasse juste après démontage de la machine à percer (avant raccordement au PEHD), va éliminer la majorité des particules diverses. Cette chasse devra être réalisée par ouverture en grand de la vanne et chassera irrémédiablement tous les déchets, et introduira dans le corps de vanne de l'eau du réseau avec son taux de chlore résiduel. Ceci assurera dans le temps cette ultime désinfection du corps de vanne "amont".

Pour la suite du branchement, ce sont les jonctions et le PEHD qui seront à nouveau l'objet d'une chasse représentant au minimum le volume emprisonné dans le tuyau.
Ceci a un double but :

-  Rendre un tuyau exempt de particules diverses pouvant bloquer le compteur,
- Assurer par l'eau du réseau associée au temps de contact, la désinfection nécessaire par le chlore résiduel. Cette opération n'est jamais contrôlée en termes d'analyses bactériologiques, et je n'ai pas connaissance de problèmes liés à cette procédure.

C'est peut-être une impasse, mais il est certain que durant la construction d'une habitation, l'eau du réseau aura tout le temps de potabiliser tous les recoins de ce branchement, avant que les heureux propriétaires prennent possession des lieux. (Alors n'appelons pas "Bruxelles" à notre aide pour un sujet qui ne mérite pas le détour !)

1.7 La boulonnerie et sa protection

On a vu, de part le principe du collier de prise qu'un seul boulon qui viendrait à se rompre, (rongé par la corrosion), ferait immanquablement une fuite importante !
Cette fuite nécessitera TOUJOURS la coupure de l'eau dans cette canalisation, pour la réparation, et c'est donc grave, tant pour les usagers que pour la réparation qui s'effectue dans de très mauvaises conditions sanitaires (boue et eau souillée pouvant éventuellement repartir dans la canalisation).
(En cas de retour d'eau souillée, l'opération nécessitera une purge de la branche concernée).

Une attention toute particulière est donc réalisée sur les boulons qui de part leur fonction sont toujours "nus". (A mon époque il y a eu des vis "rilsanisés" sur les manchons de réparations mais je n'en ai jamais vu sur les boulons de collier !)
Ce ne sera pas le cas des colliers eux-mêmes qui sont tous revêtus de peinture époxyde (ou époxy).

Les boulons des temps anciens étaient simplement utilisés tels quels, et la corrosion aidant, il ne subsistait parfois qu'un "simple fil de fer" pour tenir (vu sur les renouvellements de branchements). Dans les meilleurs cas, j'ai pu constater que la "bande grasse" utilisée parfois était réellement efficace et permettait très largement de retarder cette corrosion. Tout le monde connaît la graisse qui de part sa nature empêche l'oxygène d'atteindre le métal, mais aussi l'eau. En effet la graisse et l'eau se repoussent au niveau des atomes (principe de l'imprimerie offset) et cela assure une plus grande longévité aux boulons.

Aujourd'hui cela est encore utilisé dans des cas où toute coupure pour une rupture de boulons serait grave. Cependant des solutions à base de zinc aluminium (Dacromet -marque déposée-) permettent d'avoir des durées importantes de bon fonctionnement des assemblages divers (colliers, brides etc...).

La boulonnerie INOX est souvent trop chère pour pouvoir être utilisée de façon habituelle. Elle peut aussi présenter quelques incompatibilités électrolytiques avec quelques alliages, et suivant les variétés d'Inox.

D'une façon générale amener les colliers dans leur emballage plastique d'origine évite les écailles sur les peintures Epoxy lors des transports et les boulons traités assurent de nombreuses années de bons services. Si les montages sont réalisés en atelier, il est nécessaire de replacer les colliers dans les emballages plastiques.

Sur certains colliers il n'y a plus d'écrou, et c'est souvent  une vis en Inox dans ce cas. (La partie externe du collier est alors taraudée pour recevoir cette vis).

2 Vanne de prise en charge

Les vannes de prise en charge sont les vannes vissées sur le collier de prise. Celles-ci participent comme le collier à la longévité d'un branchement. Le prix de cet objet peut être beaucoup plus élevé que le collier de prise en charge.
Je n'en ai pas parlé pour les colliers, mais il y a aussi des systèmes à brides et certaines vannes ont conservé les "oreilles" pour cette liaison. Ce système est de moins en moins utilisé, et était principalement utile avec les branchements plomb, qui, on le sait sont interdits maintenant.
La qualité d'une vanne et sa longévité sera souvent le reflet de son prix !
(Je reprécise à ce sujet que les pièces d'un branchement de la canalisation principale jusqu'au compteur, sont en général facturées à l'abonné, mais que c'est le concessionnaire qui en a la maintenance).

2.1 Quel métal chobranch14isir ?

Il y a les métaux nobles comme le bronze et le laiton. Il y a les métaux moins nobles comme la fonte ! Bien entendu il y a le métal, mais il y a aussi la MASSE (ou l'épaisseur des parois, ou le volume…) du métal utilisé. À ce sujet, je veux faire le mauvais panégyrique du dessin assisté par ordinateur (DAO) et de la conception qui en découle.
En effet "nos pères" avait en main leur bon sens inné des choses et ne regardaient pas trop pour que les choses durent longtemps.
A ce jour, la DAO permet de calculer sans fatigue les volumes et poids avant même toute fabrication. Les financiers imposent alors leurs critères qui hélas sont toujours prioritaires.
Tout est alors permis pour limiter les épaisseurs des différentes pièces au strict nécessaire. Est-ce un bien ou un mal, c'est un autre débat que je ne veux pas lancer dans cet article technique qui se contente d'expliquer.

Pourtant il faut savoir que le poids d'une pièce est un élément fondamental qui va conditionner le prix de revient de la pièce, le coût de transport, mais aussi sa longévité.
Ce poids ne peut pas être ignoré car les ressources de la planète ne sont pas infinies, mais il y a des choix à réaliser, tant dans la qualité que dans la nature des matériaux.

Je ne vais donc pas trancher sur le sujet mais simplement donner un aperçu du rapport de prix, qui est au moins le double du prix pour le bronze relativement à la fonte !
Pour vous faire une idée, ne manquez donc pas de peser les différentes vannes et de regarder "là où est l'erreur" (à métaux identiques naturellement) !

Vient ensuite le paragraphe suivant qui concerne cette fois le PRINCIPE de la vanne. La majorité de ces vannes sont dite "quart de tour". (Sabranch13uf vannes à bride et à vis)

2.2 A boisseau cônique

Ce sont les premières vannes qui sont apparues, car elles ont permis de percer au travers de leur corps la canalisation sous la pression de service (perçage en charge). La difficulté réside dans la nécessite d'usiner le corps et le boisseau sur la même machine, sans retouche des réglages angulaires de conicité, car de l'identité des conicités boisseau et corps va dépendre en grande partie l'étanchéité. L'étanchéité ne sera réellement obtenue que par de la graisse épaisse entre les surfaces de glissement des cônes.
Une vis et un écrou inférieurs permettent souvent de régler la pénétration d'un cône dans l'autre, et donc la force de manœuvre et l'étanchéité entre les cônes.
Ces vannes coûtent cher et sont presque toujours en bronze.

Ce sont de bonnes vannes ayant une longévité réelle. Il est souvent nécessaire de les décoller en tapant un petit coup sur le carré de manœuvre (avec la clé de barrage).

2.3 A sphèrebranch1

Ces vannes sont apparues plus récemment, et avec les centrales d'usinage automatiques spécialisées pour réaliser des sphères parfaitement polies.
Ces vannes avec un trou central en alignement permettent également le perçage de la conduite en charge. Le principe est une sphère qui frotte sur deux coupelles sphériques en Téflon (PTFE). Le serrage qui assure l'étanchéité est obtenu "de montage" mais est souvent avec quelques dispersions. En d'autres termes, ces vannes nécessitent des couples de manœuvre assez souples avec quelques variations cependant.
Outre ce fait, un obstacle à la diffusion vers tous les grands diamètres est le "collage" après un repos assez long.

Cela reste de très bonnes vannes pour les branchements pour les petits diamètres (40 maxi). La longévité est celle du corps de vanne. Les pertes de charge sont très faibles ce qui est un avantage. Sur la photo, on devine l'interpolation sphérique lors de l'usinage (flèche gauche) ainsi que le chromage dont une écaille a été levée (flèche droite)
On distingue sur le dessus, le logement fraisé de la commande de rotation.

2.4 Vanne Multi-tours

Les vannes multi-tours sont essentiellement installées sur les branchements importants (à partir de DN40) Ces vannes sont habituellement à brides circulaires et sont donc boulonnées sur un Té à bride sur la sortie  latérale (Les parties longitudinales du Té, étant soit à brides+BE, ou à emboîtement).
Ce sont de bonnes vannes très souples à manœuvrer, et le plus souvent en 6 ou 8 tours.

2.5 Autres types

Il existe d'autres types de vannes de branchements à commande pneumatique par exemple, (la commande électrique se prêtant mal en présence d'eau du terrain)
Ces vannes présentent un intérêt certain car elles évitent d'avoir une bouche à clef sur la chaussée (voir § ci-après "BAC") Deux petits tubes plastique peuvent être ressortis sur un revers de trottoir par exemple, pour assurer la manœuvre). Le principe est intéressant, mais le coût est élevé et empêche l'écoute pour la recherche des fuites ?... (Un des tubes pourrait parfaitement être approché du piquage et servir d'écoute ?!)
La connectique de manœuvre reste également assez fragile et "invisible". Ce produit reste discret dans ses implantations et sa fiabilité reste à démontrer.

Dans les autres types, il faut souligner que toutes les vannes de branchement comportent de plus en plus la jonction pour le PEHD du branchement. (Ceci dans le même corps de vanne, d'une seule pièce)

3 Tabernaclbranch17e

Le tabernacle est une "petite boîte" qui va protéger de la terre et des cailloux l'ensemble d'un branchement (une partie du collier, la vanne, la jonction et même avec le début du PEHD).
Ce tabernacle va autoriser la descente de la clé de barrage sur le carré de la vanne. Pour ce faire il sera toujours surmonté d'un tube PVC (ou fonte dans les temps anciens) puis juste au dessus la Bouche à clef sur la chaussée va couvrir le tube PVC.

Je rappelle que tout un chacun devrait savoir où se trouve son dernier rempart en cas d'inondation chez soi (Sa BAC !).
En effet tant que tous les plans n'auront pas été réalisés en DAO, les emplacements des BAC sont toujours assez incertains pour les fontainiers. Il est donc toujours préférable de pouvoir indiquer où se situe sa BAC (parfois volontairement enterrées sans aucun repérage, par des entreprises de TP peu scrupuleuses, qui gagnent ainsi un temps de réalisation au détriment des structures publiques ou privées d'eau potable).

Voilà donc les fonctions du tabernacle construit autrefois avec des abranch16gglos et des plaques en chêne et qui durait assez longtemps sans pourrir ! Pour information, de nombreux ouvrages (Châteaux d'eau, barrages, culées de ponts…) sont encore avec des pieux en chêne, qui à l'abri de l'air et noyés dans les nappes phréatiques, résistent parfaitement au temps.

branch15Les tabernacles sont aujourd'hui souvent en béton moulé ou totalement en fonte avec un fond en fonte également. Il y aussi les modèles réalisés avec des agglos (sans fond) et un plaque de fonte aciérée par-dessus, trouée pour le tube de commande.
Il existe aussi des modèles en résine.
Les différentes réalisations souffrent toutes de différents inconvénients énumérés dans les § ci-après.

3.1 Infiltrations d'eau vers l'Abonné

La conduite principale est maintenant toujours posée dans un enrobage de concassé 0-31.5. Ce concassé est une véritable rivière souterraine et peut ainsi capter des quantités importantes d'eau de ruissellement ou d'infiltration.
Juste en sortie de tabernacle, le concessionnaire place souvent une gaine jusqu'au regard de l'abonné. Si cette gaine n'est pas obturée au départ, elle se comportera comme un véritable tuyau de grand diamètre (souvent  diamètres DN63 voir DN90) et maintiendra un regard d'abonné toujours noyé.

Il est donc nécessaire de boucher DES LE DÉPART la gaine. Cette opération est de la responsabilité du concessionnaire (puisque sur le domaine public). Il est aussi évident que le drainage du regard de comptage ne peut être considéré comme capable d'absorber un débit important tel que celui amené par la fouille générale de la canalisation principale associée à la gaine (de DN63 par exemple).
La part des choses doit être faite et le concessionnaire doit pour la bonne exécution de sa prestation bloquer largement toute infiltration de ses fouilles vers le regard abonné.
Ceci se réalise par des bouchons (voir article  "je raccorde ma maison au réseau public d'eau potable"). Pour ces infiltrations de fouilles, le concessionnaire sera parfois obligé de réaliser une évacuation vers le réseau d'eaux pluviales, pour éviter de renvoyer ces eaux vers des habitations en point bas.

3.2 Éviter l'entrée du concassé

J'ai toujours été surpris des méthodes des fontainiers pour régler ce problème, car il semble que rien de sérieux ne soit fait en ce sens.
La manœuvre du carré de vanne doit toujours être possible, et pour cela, le tout-venant de la fouille ne doit jamais pénétrer jusqu'au carré de manœuvre.
Il y a les fontainiers qui laissent en l'état sans précaution particulière, et au fil de l'affaissement des fouilles, du concassé va pénétrer dans le tabernacle et empêcher la manœuvre de vanne…
Il y a ceux qui ont pris conscience du problème et qui le résolvent avec les moyens du bord. Le chiffon pour s'essuyer les mains dans les fouilles est un éléments toujours présent…Alors juste avant de quitter définitivement la fouille, avant remblai, les plus malins entourent le tuyau PEHD, là où il passe au travers du tabernacle, avec le chiffon qui leur a servi.
L'idée est loin d'être absurde en soi, car le coton ne pourri pas trop facilement, et le concassé va donc rester en dehors du tabernacle…Le chiffon va également avoir un important rôle de protection du tuyau contre les bords râpeux des agglos ou de la fonte mal ébarbée des tabernacles.
Mais cela ne me plait pas vraiment car je considère le chiffon coton comme une matière noble (voir le prix des chiffons usagés et propres) dont l'énergie pour sa création estbranch8 importante (filature, tissage…etc)
(Je parle de coton car on ne peut pas s'essuyer les mains avec de la fibre synthétique)
Ce chiffon présente en outre une surface importante propice au développement bactérien (en cas de fuite seulement)

Je pense qu'il y a moyen de faire fabriquer des sortes de trompettes en PVC thermoformé, et qui ne coûterait quasiment rien et n'épuiseraient pas les ressources pétrolières, tout en assurant un service adapté de non invasion du concassé et de protection mécanique du tuyau dans le passage du tabernacle.
Ce dispositif à deux trompettes tête bêche assurerait le centrage et la protection dans le passage du tabernacle et éviterait l'entrée de sable et cailloux. Une seule trompette pourrait même au pire être associé avec les gaines annelées de 63 ou 90 et faire office de bouchon (moins performant cependant 100_3618que les vrais bouchons caoutchouc).

3.3 Permettre la manœuvre

Le tabernacle dans sa partie supérieure a un trou qui permet l'introduction d'un tube, aujourd'hui en PVC, avec un rebord qui l'empêche de descendre au fond du tabernacle et de se mettre de travers. Le tube peut éventuellement être prolongé par une allonge en cas de sur-profondeur. Le sommet de ce tube est ensuite coiffé par la bouche à clef (BAC)
Cet ensemble ne pose pas de problème particulier hormis un dévoiement toujours possible suite au compactage.
Toute réception de chantier doit en effet entériner la réelle ouverture et fermeture de toutes les vannes de branchement. (Cas des lotissements par exemple)
Je citerai une mauvaise habitude qui consiste à enfiler la clef de barrage dans le tube allonge pour garantir le bon positionnement. Cela est nécessaire mais pas suffisant car il faut passer la tête de la clef dans la BAC et atteindre le carré de vanne. Dans cette seule condition on est sûr de pouvoir manœuvrer.

4 BAC

La bouche à clef est un mal souvent nécessaire mais combien ebranch18nnuyeux. Je m'explique.
La bouche à clef est un point d'écoute privilégié pour détecter les fuites. La supprimer rendrait l'écoute impossible et en conséquence la détection de fuites plus difficile.
(A ce sujet une technique sans vanne de branchement existe en concordance avec le procédé de gel des canalisations de branchement pour intervention…Ce procédé d'économies outrancières ne me semble pas digne de professionnels très sérieux. Voir également § au dessus sur les "prises à vide").

La BAC est aussi comme décrit ci-dessus, le dernier rempart en cas de problème d'inondation dans une habitation, lorsque le Robinet Avant compteur a lâché.
La BAC doit aussi supporter les charges très élevées de camions sans s'enfoncer, et le bouchon ne doit pas "s'éclipser" au premier rebond. Des graviers ou autres ne doivent pas pouvoir pénétrer pour tomber au fond du tabernacle et empêcher ainsi la manœuvre de vanne. La BAC ne doit pas non plus se trouver dans un endroit régulièrement obstrué (stationnement de véhicules par exemple...)

Le point le plus noir est sans équivoque la nécessité de la mise à niveau avec la chaussée. Ainsi à chaque réfection, surcharge, reprise …etc, il y a lieu d'être présent pour intervenir en repérage ET en remontée au nouveau niveau. Cette charge incombe au gestionnaire de réseau, mais des arrangements de chantiers peuvent toujours être conclus.

Les services de l'État se croient dispensés d'émettre des DICT lors des réfections de routes ou de voies, et c'est tout de même un peu lamentable. A leur décharge, il semble maintenant avec les nouvelles responsabilités des Conseils Généraux, que les réunions annuelles de travaux de voirie permettent de cerner au moins les intentions de travaux. Les dates de réalisation réelle ne faisaient toujours pas l'objet en 2006 de DICT mais seulement de communications orales très aléatoires  !
Faites comme je dis, mais ne faites pas comme je fais !

Pourquoi les petites BAC réhaussables sont très bien seulement pour les réglages, mais permettent rarement de s'affranchir des rabotages conjugués avec les réfections de chaussées ?
En effet, les bouches à clef à vis (dites réhaussables) permettent de monter et descendre la tête dans une certaine plage de hauteurs. Tout dépend en général comment on l'installe la première fois. La course reste modeste pour les modèles standard, et c'est là que se trouve le véritable problème.
En général comme on prévoit la recharge, on visse à fond pour pouvoir réhausser par la suite. Si les services décident de raboter la chaussée avant revêtement final,branch7 c'est "foutu" ! Il faut redescendre l'ensemble en creusant les BAC avant rabotage ! Quel travail inutile !

Les BAC (principalement NON réhaussables) sont parfois identifiées par la forme de la tête, pour repérer différents réseaux ou différentes fonctions internes au réseau (vannes de sectionnement, vannes d'abonnés, de réseau haute ou basse pression etc…)

4.1 Fonte

Les modèles les plus courants, sont réhaussables. Les autres modèles sont de forme différente ou non, au gré des concessionnaires. Ce sont des modèles robustes dont le bouchon est toujours extractible avec un simple tournevis et/ou marteau. Les  bouchons sont parfois solidaires du corps par une chaînette sur d'anciens modèles.
Pour pouvoir pleinement utiliser la  fonction "réhaussable", il faut des modèles dits 13 ou 19 kg qui permettent de réellement rentrer les BAC lors du rabotage.
Le premier modèle de 8 Kg n'a une course que de 7.5 centimètres ce qui est insuffisant pour pourvoir raisonnablement l'utiliser en retrait de rabotage.
Son utilité est l'ajustement fin au niveau de la chaussée pour éviter de réveiller la nuit les habitants qui habitent sur une route à grande circulation avec de nombreux poids lourds….! Sans publicité outrancière voici les informations de quelques fabricants.
http://www.pamline.com/pages/site/Produit.asp?provenance=2&idProduit=1975
http://www.fransbonhomme.fr/
http://www.bayard.fr/toprubrique.php
http://www.heinrich-canalisation.fr/

4.2 Résine

Les modèles dits en "résine" sont à considérer car seul le corps est en plastique, et le couvercle est en fonte grise. Ces modèles sont réglables en hauteur dans de grandes limites.
Ce sont des modèles récents dont je ne connais pas la tenue dans le temps, mais qui présentent indéniablement des avantages par rapport à la course de 15 ou 17.5 centimètres. C'est une voie à investiguer d'autant que le couvercle est en fonte qui permet la détection avec le traditionnel détecteur de métaux.
http://www.hawle.at/grafs/pdf_kat/pdf_kat/D1_7_fr.pdf
Il restera bien entendu à voir le prix de tels éléments relativement à la fonte...

5 Les Tuyaux de branchement

5.1 PEHD

Le polyéthylène haute densité PEHD en abrégé (et non PEH comme j'ai pu voir dans quelques forums "PolyÉthylène Haute" ne voulant rien dire du tout ! il vaut encore mieux parler de PE ) est le tuyau par excellence des petits branchements individuels. Il est aussi appelé  tuyau "à bandes bleues". Il présente beaucoup d'avantages. Je ne peux que recommander la version 16 bars pour deux raisons majeures :

- Dans certains secteurs on livre parfois l'eau jusqu'à 13 bars de pression ou plus. (Les règlements sanitaires départementaux ou règlements de service ne précisent en générale aucune limite supérieure de pression). Si ce n'était pas le cas, rien ne prouve qu'un jour, du fait des interconnexions toujours possibles, il n'y ait pas augmentation de pression (avec délai de prévenance naturellement) Cela évite toujours des travaux inutiles et stupides qui sont toujours des causes de dégradations.
Ce tuyau sera encore plus recommandé à 16 bars pour la partie privée, car là, en cas de problème, c'est de la perte d'eau, payable par l'abonné ! C'est également important lors des travaux en cas de modification de pression (travaux ayant toujours un impact négatif, même avec la meilleure bonne volonté, il ne faut pas se leurrer !)
- Ce modèle 16 bars étant plus épais est aussi plus tolérant sur l'aspect perforation par des cailloux. Il se prête mieux à l'enfouissement direct sans gaine (enrobage dans du sable cependant).
- D'une façon générale il est toujours souhaitable de gainer ces tuyaux, mais d'arrêter la gaine avant l'extrémité abonné surtout s'il est en contrebas de la canalisation principale ou du regard de comptage. Des bouchons sont à placer au départ du tabernacle vers le regard ET du regard de comptage vers l'habitation. (Voir article et schéma "je raccorde ma maison…" déjà cité)

On fera cependant attention à la perméation qui est un processus physico-chimique qui autorise la migration de molécules de l'extérieur vers l'intérieur et donc dans l'eau.
Cela est surtout important vers les anciens lieux où il y a eu des hydrocarbures renversés ou produits toxiques. C'est également le cas vers les dépôts de fumier. Des odeurs/goûts peuvent être transmis par cette voie.
(Je n'ai jamais été embêté par ces cas, mais ils doivent exister cependant)
Le PEHD a une durée de vie estimée de 100 ans.

5.2 PVC et PVC Orienté

Très utilisé il y a quelques années, à peu près en même temps que les premier PE, ces tuyaux et le collage très rapide à base de colle à l'acétone ont posé de nombreux problèmes de tenue dans le temps.
Les déboîtements suite à rupture du collage ont été nombreux. Les interventions sur ces branchements sont toujours des interventions à risque, et la clef de barrage doit toujours être positionnée dans la BAC, et le bon fonctionnement de la vanne, vérifié préalablement.
Les raccordements en PVC ne concernent aujourd'hui que les grands branchements (Après le DN63 environ) Les plus petites sections sont aujourd'hui abandonnées au profit du PEHD.
Il y a eu des PVC de mauvaise qualité et certains branchements ont dû être refaits totalement. La durée de vie du PVC est estimée à 70 ans (à ce jour).
La version "bi-orienté" donne un peu plus de résistance mécanique à la matière d'origine, mais c'est chimiquement la même molécule.

5.3 Fonte

Les premiers branchements de petite section (32 ou 40 ?) ont été réalisés en tuyaux de fonte grise dite "centriflex". Ces tuyaux étaient vissés les uns dans les autres, y compris les Tés, coudes et autres pièces.
Inutile de dire qu'il est exclu d'essayer de dévisser tout assemblage sans le casser, car les filets sont rongés et font corps avec l'étoupe.
La fonte ductile est toujours utilisée pour les grands branchements, et principalement lorsqu'il y a de la défense incendie interne à une société ou des consommations importantes d'eau (laveries, fabrications diverses agro-alimentaires, tuileries/briqueteries, centrales à béton…etc)

Dans ces branchements de grande section il est nécessaire de toujours penser à caler la conduite d'arrivée, pour pouvoir intervenir après compteur. En général on immobilise la vanne d'arrivée au niveau de la bride, avec des tirants fixés à l'arrière de la maçonnerie du regard.

5.4 Les chanfreins

Lors de tous les assemblages de jonctions avec joints toriques voire d'une façon générale, tous les angles vifs et coupants doivent être chanfreinés, non seulement pour enlever les bavures, mais aussi pour faciliter l'introduction sans blesser les joints toriques, puisque c'est maintenant très souvent le cas pour les jonctions. (Abandon progressif des procédés à joint de compression).
Ce point est essentiel et il faut impérativement utiliser des appareils chanfreineurs.
Un appareil est très bien en ce sens et 6 lames sont montées sur un morceau de tube et permettent le chanfreinage intérieur et extérieur de plusieurs diamètres.

5.5 Les gaines et grillages avertisseurs

Ces sont des éléments importants qui vont protéger les tuyaux et permettre d'échanger un tuyau ayant une fuite. Il faut impérativement gainer lorsque l'accès par le dessus est impossible (dalle en béton par exemple). Une gaine va également empêcher que le PEHD soit perforé par d'éventuels cailloux tranchants ou pointus.

La gaine sera aussi d'un inconvénient majeur en regard des eaux d'infiltration, car une gaine est aussi un tuyau ! et cette fois de forte section. Il sera toujours nécessaire si il y a des contrebas, de boucher la gaine au point le plus haut sous peine d'inondations dans l'habitation, par des bouchons appropriés.

Les grillages avertisseurs servent à avertir les chauffeurs d'engins de l'imminence d'une canalisation. La couleur de grillage indique la nature du fluide transporté. La présence d'une gaine n'évite pas la pose d'un grillage avertisseur. (la gaine "est presque la canalisation", alors que le grillage est lui, 20 cm au dessus)

Le seul cas où un grillage n'est pas utilisé, (et c'est très embêtant) est lorsqu'il y a un fonçage, dont le seul but est de ne pas ouvrir de fouille pour ne pas abîmer chaussées ou espaces entretenus (pavés autobloquants par exemple). 

6 Les emplacements

En ce qui concerne l'emplacement du piquage sur la conduite en domaine public (ou privé, car ce cas peut aussi arriver) le futur abonné n'est pas maître de la position et devra se contenter de ce qu'aura décidé le distributeur ou le Syndicat. Ceux-ci représentent "les hommes de l'art" et leurs décisions sont en général bien adaptées (et le plus souvent prises avec le particulier), tant pour le particulier que pour la stabilité générale du réseau.
En ce qui concerne l'emplacement du regard de comptage s'il y en a un de prévu lors d'un nouveau branchement, vous devrez EXIGER que ce regard soit au minimum sur votre terrain. Habituellement le regard sera placé chez le particulier en limite public/privé et accessible du domaine public.

Cette configuration permet au futur abonné de garder la libre surveillance sur ses consommations d'eau (par un accès toujours libre), tout en permettant aux services de facturation d'effectuer les relevés et contrôles sans déranger le futur abonné.

Pour les anciens branchements qui peuvent parfois se trouver chez un voisin, ou comme j'ai déjà vu carrément dans la maison du voisin (à la cave), vous pouvez demander le déplacement, mais en général si c'est vous qui demandez, ce sera à vos frais (sauf si l'hébergeur demande le déplacement car il n'a pas à supporter la gêne d'un compteur qui ne lui appartient pas...)
Si par contre c'est le distributeur qui décide de le faire pour rendre son réseau conforme aux dernières règles, alors le distributeur devra prendre en charge tous les frais.
Il pourra parfois y avoir demande de participation pour la création de l'abri compteur s'il n'est pas préfabriqué. Ce point reste litigieux cependant d'un point de vue légalité, mais reste acceptable dans l'esprit puisque l'abri étant sur son terrain, appartient à l'abonné.

Attention aussi aux demandes de déplacement qui peuvent se solder par de grandes longueurs qui deviendront sous votre seule responsabilité..."Un tuyau est fait pour fuir !"
C'est un peu abrupt comme affirmation, mais la réalité est souvent plus terrible. N'acceptez jamais de raccords sur votre partie en responsabilité. Toute rupture de tuyau avec mise en place d'un raccord est une porte ouverte à fuite !
Pour les professionnels, vous devez toujours avoir des couronnes de 200 ou 300 mètres de PEHD de 32 ou 40 pour permettre des réfections de branchements chez les particuliers ayant de grandes distances entre l'habitation et la limite de terrain. (Le regard de comptage étant à proximité de route ou chemin sur le domaine privé).
Ainsi il ne pourra pas vous être reproché d'avoir mis un raccord et donc la fuite associé si elle arrive...
 
Lors d'une réfection de branchement, suite à un incident, aucun raccord enterré ne doit être installé sur votre partie privée, (Et pas plus au raccordement d'un regard préfabriqué dont les sorties sont pré-existantes). Même les raccords thermo-soudables ne sont pas garantis zéro fuite !

Ce que vous devez impérativement préparer avant de couler une dalle en béton ou de faire une belle entrée en enrobé ou une terrasse, est une gaine (fourreau) débouchant à chaque extrémité pour passer une future canalisation en remplacement de l'ancienne (si le branchement est effectivement ancien). Eventuellement prévoir un futur regard de comptage (assez grand) et prendre renseignements auprès du distributeur pour les caractéristiques. Je pense qu'il devrait accepter le regard béton 800x800 qui me parait le plus standard et le mieux adapté à l'utilisation.

Toute gaine en attente devra être soigneusement obturée pour ne pas être bouchée le jour où il faudra l'utiliser.
D'une manière générale il est toujours sage de préparer des passages lorsqu'une réfection que l'on ne retouchera jamais est envisagée. (chemin, route, pavages divers...etc)

7 La mise en eau

Pour les branchements il n'y a en général pas de problèmes lors de la mise en eau, tant les choses sont simples…Mais, même si c'est simple, pourquoi faire différemment d'un réseau AEP ? A priori et pour garantir l'absence de points faibles, Ne serait-il pas utile de faire des essais de pression en respectant le même principe de 1 fois et demi la pression du lieu  ?

Eh bien NON, sur ce point je suis très opposé à cela, car ainsi qu'évoqué, il n'est pas rare de distribuer (peut-être pour quelques habitations basses seulement) des pressions très élevées de l'ordre de 13 à 14 bars voir plus.
Alors je ne peux que recommander des essais à 15 bars systématiques, juste en dessous de la limite des principaux matériels.

Cela présentera l'avantage d'être certain, que lors d'un coup de bélier entraînant une telle surpression, il n'y aura pas de ruptures ou de fuites.

Cela présentera l'avantage également de pouvoir recevoir toute modification éventuelle de pression sans rien faire de plus. Ceci est tout aussi important pour le concessionnaire que pour le particulier.

8 Les manchons de réparation

Ces éléments (qui peuvent être des manchons ou des coudes) permettent de raccorder les deux extrémités d'un tuyau lors d'un incident (fuite ou arrachage). On essayera en général de ne placer qu'un seul manchon, mais c'est le plus souvent impossible de part le contexte. On coupe donc proprement de chaque côté la canalisation endommagée et on ajoute un morceau au milieu.
Chaque côté est alors raccordé avec un manchon de réparation (double emboîtement)

La nature du manchon est importante, car c'est sur ces éléments que "la pression du temps" va s'effectuer prioritairement. (On se rappellera que toute réparation fragilise une canalisation et est toujours sujette à une nouvelle fuite).
Les manchons de réparation pour les petites sections sont le plus souvent en laiton ou en PVC thermosoudable. On citera quelques vieux manchons fonte pour les fontes centriflex, très peu répandus maintenant.

Le choix du laiton ou du PVC est un choix important.

Les raccords Thermosoudables comportent deux bornes électriques raccordées en interne au manchon à une résistance qui sous l'effet thermique d'un courant fourni par la machine à souder, va fondre le plastique et faire corps avec chaque côté des tuyaux.   
Les raccords thermosoudables doivent être soudés avec des machines spéciales parfaitement étalonnées, car la tenue des soudures dépend étroitement des temps de passage du courant dans les manchons. De plus, les décapages et dégraissages doivent être parfaitement réalisés et le maintien des pièces en position doit être absolu pour les temps prévus.
Les machines sont dédiées à un seul fabricant et la soudure d'autres marques de raccords ne saurait être garantie.
L'hiver, il est difficile de réaliser ces soudures à cause du froid qui vient perturber les temps qui doivent s'allonger avec la baisse de la température. La stabilité du positonnement après soudure devient à ce moment très importante et délicate à la fois.
En résumé l'emploi doit être parfaitement contingenté à une rigueur d'emploi et de mise en oeuvre.
Les problèmes de mauvais contacts sont, si mes souvenirs sont exacts, contrôlés par la machine, et cela évite des temps incorrects ou des erreurs de produits. C'est finalement très technique et pointu, or dans ce métier où on nage souvent dans l'eau et  la boue, utiliser ce type de produits "high-tech" ne me semble pas parfaitement adapté à l'eau potable d'une façon générale.
Pour le gaz et les réseau secs pourquoi pas ? Mais pour l'eau c'est un peu plus délicat, d'autant que la soudure de pièces  un peu mouillées modifie sensiblement la température réellement appliquée (chaleurs latentes). (l'appareil ne prend pas en compte cela, car la mesure de température est faite sur la machine elle-même et non sur le raccord !)
Enfin, il y a quelques années, ces machines devaient être alimentées en 220 V (en fond de fouille !) Naturellement il faut encore emporter un groupe électrogène, car en rase campagne, pas de 220V...!

Pour les raccords en laiton, ce sont les plus anciens, et mes préférences iront toujours vers les éléments les plus simples, avec joint toriques et emmanchement important évitant les désalignements générateurs de pincements des joints (en mécanique on parle de "guidage" d'une fois et demie  au moins du diamètre) . Ce sont des éléments simples de mise en oeuvre, et en toute saison et conditions.

Pour être honnête, il faut dire un mot sur la dézinsification du laiton et dire que cela affecte un peu la longévité, mais à ce jour des alliages avec ACS sont en laiton non dézinsifiable, ce qui limite ce défaut.

Les modèles avec joints en pression sur le tuyau, ne me semblent plus répondre aux critères actuels de serrage des éléments. Les modèles à joint torique et serrage en butée calculée me paraissent les plus rigoureux  dans la mise en oeuvre en évitant toute interprétation de serrage et donc les plus fiables dans le temps.

9 Conclusions

Les conclusions me paraissent simples. À bons matériels, bonnes mises en œuvre, bons essais, bons branchements garantis durant de longues années.

Cette conclusion si simple ne dispense pas de toujours surveiller sa bouche à clef (BAC) et tous travaux de voirie à proximité d'un branchement (aussi bien en partie privée que publique). Un branchement arraché et réparé est toujours fragilisé (surtout après compteur !)
Se souvenir que rien n'est jamais acquis de façon définitive…!

Se rappeler que toutes ces petites pièces métalliques au contact de l'eau sont au minimum en PN25 ou plus, et que c'est une nécessité, car un réseau d'eau potable est toujours le siège de coups de béliers divers et variés se traduisant par des surpressions parfois importantes. 

Toute rupture de continuité d'un tuyau par ajout d'une pièce annexe (manchon de réparation par exemple) représente une fragilisation, et la porte ouverte à d'éventuels problèmes de fuites.

Enfin il me semble utile de dire un mot sur les regards de grandes dimensions en béton (800x800 ou 600x800 éventuellement), pour lesquels je ne peux que recommander l'usage. En effet ils permettent de placer le réducteur de pression juste en sortie de compteur (après la douille de purge) et protègent ainsi la canalisation en PEHD de l'abonné des surpressions.
J'ai déjà largement parlé des regards préfabriqués dans l'article "Je raccorde ma maison" et ceux-ci ne permettent pas d'installer un réducteur de pression contrairement aux regards béton.

Branchez !…NON !…Pas dans la prise de courant !

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