Les réglages en pompage et
SYMETRIE0la symétrie des réservoirs AEP

1 Le pompage AEP
1.1 Ce qui se passe au pompage en nappe (ou en forage)
1.2 Pompage en un seul point et une seule pompe
1.3 Pompage multipoints en direct
1.3.1 Pompage mono point et multi pompes
1.3.2 Pompage multipoints
1.4 Pompage multipoints avec bâche
1.5 Utilité des compteurs d'eau brute (Taxe de prélèvement)
1.5.1 Compteurs "réglementaires"
1.5.2 Compteurs type irrigation
1.5.3 Les meilleurs choix
1.5.4 Débitmètres EM ou à US

1.6 Réglages
1.6.1 Ajustement à la capacité de prélèvement définie
1.6.2 Équilibrage des ressources

2 Les remplissages de réservoirs
2.1 La nécessité de visiter
2.2 Les clapets de refoulement/distribution
2.3 Les filtres des compteurs de distribution
2.4 Mélanger l'eau
2.5 L'abandon des systèmes de comptage avec clapets

3 Conclusions

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Préambule

Une fois n'est pas coutume, la photo de tête n'est pas en rapport direct avec le sujet, mais le rapport avec l'eau est toujours bien présent, et à l'occasion d'une visite, j'ai pu admirer le très beau et impressionnant pont du Gard. J'ai moins apprécié le centre des séminaires et congrès inclus dans le site et le paiement du parking de 2 heures au prix de la journée…
Question : Les romains payaient-ils l'eau ?

1 Le pompage AEP

Le pompage en AEP permet l'extraction de l'eau brute d'un point ou d'une zone de captage. Cette eau brute est ensuite traitée ou non, puis acheminée dans le réseau et/ou dans des réservoirs de stockage.
Ce pompage s'effectue principalement en période de tarification EDF intéressante (tarif de nuit).
Par dérision, en pompage, on ne parle ni du nombre de pompes, ni nombre de points, mais l'ensemble est sous-entendu.

1.1 Ce qui se passe au pompage en nappe (ou en forage)

Le pompage direct en aspiration dans une ressource en zone alluviale est devenu au niveau professionnel AEP une erreur de sécurité, et je n'en dirai pas plus ! Dans la majorité des grandes structures, on utilise toujours une double série de pompes :
- pompes immergées appelées pompes d'exhaures plus généralement.
- pompes de surface (appelées aussi pompes de reprise), en prise directe ou sur bâche (voir ci-après)

Ce paragraphe traite donc principalement des pompes immergées, mais peut se décliner également pour des pompes de surface en parallèle (pour les principes). Toutes ces pompes sont de type "centrifuge" avec plus ou moins d'étages de turbines.

La caractéristique d'une pompe en général : Il parait SYMETRIE7évident que plus on demande à envoyer l'eau vers des points élevés, plus il faut de puissance (ou moins il y aura de débit à puissance constante).
On peut énoncer cela autrement en disant que plus le niveau baisse dans la ressource, plus il faut de puissance ou moins il y aura de débit à puissance constante !
On peut également faire le parallèle avec la notion physique du travail d'une force...

On remarquera que la variation de débit sera plus faible dans la partie la plus à droite de la courbe, c'est à dire pour les HMT les plus faibles (à cause de la pente de la courbe). De cela on peut dire qu'il y aura souvent intérêt à choisir un point de fonctionnement dans la partie la plus à droite d'une courbe. La pompe d'exhaure va alors remonter la courbe de fonctionnement de la droite vers la gauche en fonction de la descente du niveau de l'eau dans le puits (ou le forage).

Ceci peut se traduire plus simplement en disant que la pompe devra avoir des caractéristiques supérieures à ce qui est nécessaire...
(La courbe fictive représentée en exemple est cependant un peu exagérée pour la cause).

Ces énoncés simplistes sont cependant la réalité et traduisent parfaitement le fonctionnement des pompes en général, (mais je pense plus ici, aux pompes d'exhaures ).

Ainsi, si la ressource a un niveau qui fluctue de façon importante, le débit fluctuera également. C'est souvent invisible pour l'exploitant car dans la majorité des cas, la capacité de pompage est telle, que même à débit réduit, celui-ci est suffisant pour alimenter en direct le réseau, et même pour aiguiller le trop pompé vers le ou les réservoirs de stockage.

De ces éléments énoncés, on peut déjà tirer quelques conclusions :

- Plus le niveau d'un puits baisse, moins il y aura de débit en sortie de pompe. Le niveau variant en continu dans ce type d'application, le débit sera donc très souvent variable dans des proportions qui dépendront presque exclusivement des caractéristiques de pompes.
(Le volume transmis sera donc représenté par l'intégrale du débit instantané d'un niveau x à y).

- Il est important que cette baisse de niveau (rabattement) soit la plus faible possible, pour avoir la plus faible baisse de débit durant le pompage (voir aussi l'article N°28 sur les puits)

- Dans tous ces phénomènes transitoires, il est un élément principal qui est la durée de pompage relativement à "l'inertie" du captage représenté par la capacité de la nappe ou du captage à fournir l'eau dans le forage ou le puits de captage. Cette durée devrait normalement être toujours beaucoup plus longue que la constante de temps du puits. L'ensemble sera alors dans un état d'équilibre entre le départ d'eau et les arrivées.
Il sera important que cet équilibre laisse de la réserve quelque soient les périodes de l'année. Il faut donc une sécurité dans la notion d'épuisement de la nappe : c'est le rôle des quantités journalières définies par l'hydrogéologue agréé. Ceci permettra de pérenniser la ressource en évitant les colmatages.

- Pour les forages de particuliers, il y a un nombre impressionnant de ceux-ci qui sont colmatés car mal positionnés par des "sourciers" qui n'ont aucune méthode sérieuse d'analyse. Il n'y a qu'à regarder dans les forums écolo-habitat pour comprendre tous les problèmes.
Je conclurai sur ce sujet de façon très parabolique en disant que la meilleure fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a !

1.2 Pompage en un seul point et une seule pomSYMETRIE3pe

C'est le cas le plus simple qui reste cependant assez rare en AEP, car il ne présente aucune sécurité en cas de problème. C'est principalement le cas des particuliers qui réalisent des forages.
Habituellement, s'il n'y a qu'un seul point, deux pompes sont installées dans un puits.
S'il s'agit d'un forage, il n'y a vraisemblablement pas la place pour deux pompes…

Pour un forage d'eau fossile à plus de 1000 mètres, il sera toujours exclu pour des questions financières de réaliser un deuxième forage à côté…Alors il faut revoir dans ce cas la solidarité entre distributeurs qui représente la meilleure solution de continuité du service.

Revenons donc au sujet : Le niveau du puits baisse et le débit fait de même, mais l'ensemble fonctionne habituellement bien pour des hauteurs inférieures à 10 mètres. (Par "bien", il faut comprendre avec des variations de débits assez faibles, car les pompes ont habituellement été choisies pour cette application).

Il n'en est pas de même si il s'agit d'un forage "normal" dont la profondeur peut s'échelonner de 10 à 100 mètres environ. En effet sur ces hauteurs, les pompes d'exhaure ne peuvent compenser de telles différences sans altérer de façon plus ou moins importante le débit de sortie.
De façon normale la pompe sera choisie pour le point d'équilibre de niveau (rabattement). Ce point ne pourra être déterminé que par les mesures préalables réalisées.

On comprend donc que c'est le niveau final de pompage à débit donné qui va principalement définir les caractéristiques de pompes. (Le volume stocké dans le puits ou le forage, est un élément transitoire et dont le pourcentage de participation au volume total prélevé reste modeste). En d'autres termes, il y a lieu de tracer les courbes de pompage pour différents débits et de relever le niveau correspondant dans le puits fonction du temps.
Seules ces courbes permettront d'adapter pompe et débit en toute sécurité et sans assécher  la ressource.

En point annexe, il faut faire ces mesures durant les différentes périodes d'une année "moyenne" pour avoir une bonne certitude sur les quantités d'eau à prélever. Tout ce travail de mesures est à réaliser par des études en collaboration avec l'hydrogéologue agréé et très souvent avec des bureaux d'études spécialisés.

Dans les petites installations AEP personne ne sait réellement comment fonctionne dans le détail le pompage dans la ressource.
Cet article sans aucune théorie mathématique est surtout destiné à ces petites structures. Il sera tout aussi utile aux étudiants en GEMEAU et parfois aux particuliers à la recherche de connaissances plus précises.

1.3 Pompage multipoints en direct

1.3.1 Pompage mono point et multi pompSYMETRIE8es

C'est presque identique au paragraphe précédent (pompage en un seul point). Dans ce cas, une deuxième pompe d'exhaure a été descendue au fond du même puits pour assurer la sécurité ou améliorer le débit (si la ressource le permet).
Ce cas est très intéressant car il faut naturellement choisir des pompes parfaitement identiques et raccordées en direct dans ce cas précis, par une seule canalisation d'exhaure. Dans ce cas, chaque pompe donne exactement le même débit, mais ce ne sera pas la somme des débits de chaque pompe, mais une valeur souvent inférieure imposée par le couplage hydraulique associé à la conduite commune d'exhaure et ses pertes de charge inhérentes et par les caractéristiques de la pompe de surface attelée.

Ce principe apporte une sécurité d'exploitation au niveau pompage, mais ne donne pas de sécurité de qualité en cas de problèmes de pollution locale.
On peut voir ainsi qu'il est possible de travailler en parallèle à une intervention (voir photo). Remarquer un deuxième clapet à double battant fixé sur le coude démonté (en plus du clapet de pompe d'exhaure non visible !)

La canalisation d'exhaure attaque directement la (les) pompe de surface. La (les) pompe de surface est alors en aspiration directe sur la conduite d'exhaure…Je n'irai pas plus loin dans les explications, car je ne saurais le faire, mais l'affaire n'est alors pas très simple d'un point de vue hydraulique pur, et la valeur réelle de débit transmise nécessite de savants calculs.

1.3.2 Pompage multipoints

Dans ce cas, il y a plusieurs puits équipés au moins d'une pompe. Les longueurs de canalisations et les différences de transmissivité de nappe font que chaque pompe donnera une valeur sensiblement différente de son homologue.
Dans cette vision de différence, les pompes vont se contrarier et fournir un débit assez peu prévisible, d'autant que vont intervenir les caractéristiques de chaque puits et des hauteurs d'eau restantes en régime établi. Vont également intervenir bien entendu les caractéristiques de chaque pompe d'exhaure et de la (les) pompe(s) de surface.
Dans ce scénario peu clair, le résultat le sera également.

Il y a lieu pour maîtriser un peu mieux ces situations, de voir les capacités de chaque puits, avec l'hydrogéologue, et de prévoir des vannes de réglage sur chaque circuit d'exhaure, pour pouvoir régler au mieux (ou en pourcentage du maxi de chaque puits, si les pompes sont trop faibles).
Voir § nécessité des compteurs.

C'est ainsi que par la pratique, on peut s'apercevoir que certaines ressources mal connues, ne donnent pratiquement rien, ce que l'on retrouve d'ailleurs en traçant la courbe spécifique de descente/remontée d'un puits. (voir aussi l'article N°28 sur les puits)

Le "tirage outrancier" sur une ressource faible peut compromettre la longévité d'une ressource. Il y a donc lieu de veiller à ce point.

1.4 Pompage multipoints avec bâche

Dans ce type de pompage, chaque point possède une ou plusieurs pompes et chaque point a (en général) sa propre conduite d'exhaure vers une bâche. Les hauteurs manométriques sont habituellement assez faibles en zones alluviales.
Dans ce scénario le débit de chaque ressource est connu de part la caractéristique de pompe, associée à la perte de charge de la conduite d'exhaure.

La (les) pompe de reprise n'intervient plus, puisqu'elle est en aspiration sur la bâche.
Ce principe nécessite par mesure de sécurité des compteurs pour vérifier au moins les valeurs prévues.

Le fonctionnement des pompes d'exhaure est de type "tout ou rien" (TOR) pour un écart de niveau de bâche défini à l'avance. (Le débit total des exhaures est toujours supérieur au débit des pompes de surface).
(Les fonctionnements à vitesse variable des exhaures sont peu utilisés car délicats à gérer)
Ce type de fonctionnement TOR est parfaitement apte à masquer la déficience presque complète d'une pompe. Cette déficience est alors comblée par les autres pompes, sans que l'exploitant en ait réellement connaissance (en l'absence de mesures).

Peut-être plus que dans les autres cas, il est nécessaire d'avoir le contrôle de chaque contributeur de la bâche.

Dans le fonctionnement alternatif des pompes, il y a lieu dans le cas où des compteurs ne peuvent pas être installés, de mesurer avec précision les temps de fonctionnement et de repos des exhaures.
En effet en général, le débit des pompes de surface est parfaitement connu, car il y a les compteurs de départ, et la mesure est facile. Ainsi le temps de fonctionnement/repos des exhaures renseigne de façon très  précise sur une dégradation de performances de l'un des captages.
Dans ce principe, il y a rarement une seule ressource en pompage permanent, mais l'ensemble des exhaures est toujours sollicité, à cause des problèmes de manque d'eau possible en pompage avec nombre d'exhaures réduit.
Pour mieux jongler avec les périodes horaires d'énergie bon marché, l'action d'économie sera toujours reportée sur les pompes de surface qui vu les puissances en cause sont plus concernées par ces économies d'énergie et sont parfois de puissances différentes également pour jongler avec la tarification de l'Energie, lorsqu'il est nécessaire de pomper en heures pleines.

1.5 Utilité des compteurs d'eau brute (Taxe de prélèvement)

Les volumes prélevés sont soumis à une taxe de prélèvement dans le milieu naturel, par les agences de l'eau. Ces volumes représentent les consommations des particuliers, la défense incendie, les fuites, les vols d'eau  et les lavages des différents éléments de production d'eau potable.

Cela est donc important d'avoir les volumes d'eau brute prélevée qui sont souvent différents des volumes de l'eau envoyée dans le réseau. (Nettoyage filtres etc…). Cependant suivant la nature de l'eau prélevée, le comptage peut parfois être impossible avant traitement (Deferrisation en particulier)

1.5.1 Compteurs "réglementaires"

La classe de précision de ces compteurs (appareils de mesures) est au moins de classe B. Ces compteurs sont les seuls valides pour les mesures et les relevés à transmettre. Cependant il n'est pas toujours possible de les utiliser sur de l'eau brute.
En effet, ces eaux sont parfois chargées en sable, en fer, en boues diverses, qui peuvent largement endommager, voire complètement bloquer les mécanismes.

1.5.2 Compteurs type irrigatiSYMETRIE6on

Ces compteurs sont conçus pour des mesures moins précises, mais supportent plus facilement des eaux chargées. Dans la pratique, et dans les cas les plus aigus de présence de boues de fer, il y a lieu de préférer des compteurs démontables, car ils arrivent encore à se bloquer (voir ci-contre).
Leur principe reste une turbine occupant une petite partie du conduit pour un des modèles ou une dérivation de flux pour un autre (By-pass).
(Les compteurs démontables par le dessus permettent en outre l'introduction de flexibles de nettoyage de canalisations).

Ces compteurs ne peuvent cependant servir qu'à l'exploitant, car la facturation sur ces bases de comptage pour le prélèvement ne sera habituellement pas acceptée par les Agences de l'eau.

1.5.3 Les meilleurs choix

Il n'y a pas de meilleur choix de compteur d'eau brute, mais un choix en fonction du type de l'eau brute.
En présence de fer et de manganèse, il faut impérativement choisir des compteurs type irrigation et de préférence démontables par le dessus.
En présence de sable fin, des compteurs à turbine axiale type Voltmann conviennent souvent et ont le mérite d'être précis.

Les compteurs à turbine verticale sont de moins en moins utilisés, car les pertes de charge sont élevées. Les compteurs axiaux sont maintenant très sensibles et plus simples. Les compteurs "dits combinés" sont des nids à problèmes de tous ordres (blocage et qualité de l'eau) et sont de moins en moins utilisés.

Dans tous les cas, le meilleur choix est la PRESENCE D'UN COMPTEUR sur chaque pompe de puits ou ressource, suivant le cas.

1.5.4 Débitmètres EM ou à US

En général le prix de ces appareils est dissuasif pour de l'eau brute, et ils ont des limites qui sont les vitesses élevées nécessitées par les premiers et la précision des sections pour les deuxièmes (dépôts ferreux). Des erreurs importantes peuvent se glisser dans ces mesures, principalement au fil du temps…et finalement tout comme les compteurs électromécaniques !

1.6 Réglages

1.6.1 Ajustement à la capacité de prélèvement définie

La mesure et la consigne par valeur inférieure ou égale aux valeurs définies par l'hydrogéologue, sont toujours un objectif important pour préserver les ressources et limiter les nettoyages destinés à redonner les performances initiales d'un captage.
Les compteurs sur les ressources permettent les mesures des débits et les vannes associées permettent le réglage aux valeurs moyennes définies.

En ce qui concerne les vannes il y a lieu de rechercher des vannes de réglage et de sectionnement (je n'ai jamais trouvé le type "réglage" dans les forts débits). Pour palier ce manque, il y a lieu d'utiliser deux vannes de sectionnement, dont une seule (et toujours la même) servira de réglage.
La raison en est le laminage et le manque d'étanchéité à brève échéance, car les vannes à boisseau supportent particulièrement mal ces épreuves. En ce qui concerne les vannes papillon, le sujet est assez similaire, et de plus, il faut impérativement une démultiplication pour assurer les réglages.

1.6.2 Équilibrage des ressources

Répartir correctement la charge de prélèvement dans les ZONES de captage est une nécessité. Laisser les pompes "se débrouiller" ne représente pas une situation normale et prépare à plus ou moins longue échéance à des surprises.
Ces surprises sont connues et redoutées mais leur origine n'est pas toujours bien identifiée par les acteurs de l'eau potable. Elles sont souvent durables sans de lourdes interventions…C'est le Manque d'eau ! (voyant ROUGE !).

Alors il faut équilibrer pour prélever de façon homogène et conforme aux études réalisées, de façon à ne pas se priver à courte échéance d'une ressource.

Attention aux réglages de pompes ayant une canalisation commune...Le réglage d'une pompe interfère sur le réglage de l'autre ! Il faut donc toujours faire plusieurs fois l'opération.

2 Les remplissages de réservoirs

Sauf dans les très petites structures, la sécurité d'exploitation oblige à des réservoirs doubles, ce qui permet en général par la redondance, les opérations de nettoyage et de maintenance, sans priver d'eau les usagers.
On notera cependant la nécessité d'une surveillance accrue dans ces situations dégradées où le stockage est divisé par 2. (Cela laisse deux fois moins de temps de réaction à un problème grave)
En fonctionnement habituel et normal, les deux cuves sont toujours en parallèle, et sont donc remplies en même temps, et distribuent également en parallèle...

Cela voudrait-il dire que les débits de remplissage de chaque cuve sont identiques ? C'est loin d'être certain !

Le remplissage toujours par surverse des deux cuves peut très bien mal se réaliser, car les échanges de niveaux se réalisent alors par les tuyauteries de départ. Bien naturellement les niveaux sont identiques et les "peu curieux" n'y  verront... que du feu !

2.1 La nécessité de visiter

La visite des cuves lors des opérations de nettoyage annuel est une nécessité pour les responsables. La prise de photos maintenant très facile, permet entre autre d'évaluer les dépôtsSYMETRIE1 entre deux nettoyages et donc d'avoir une vision globale sur la stabilité ou une dégradation.

Ainsi il suffit d'une cuve pour être sensibilisé à ce problème de manque de symétrie de remplissage, lorsque l'on traite la deuxième et qu'elle n'est pas du tout identique à la première.

J'ai eu l'occasion de voir deux cas de ce type, et l'un était simplement dû à une légère erreur de niveau des deux canalisations de refoulement. (l'autre dans un contexte très différent, mais dont le principe reste identique)
Cette différence de niveau se traduisait par un important remplissage dans une des cuves et pour l'autre cuve par un débit beaucoup plus restreint.
Dans ce cas, ce sont les dépôts de calcaire au sol très différents qui ont amené la réflexion.
Bien entendu personne n'avait pu remarquer cette différence du fait que les niveaux des cuves sont très égaux et que tout le monde oublie à une année d'écart, l'état précédent de l'autre cuve.
(de plus ce sont parfois des entreprises spécialisées qui assurent ces nettoyages. Les références précédentes sont alors souvent perdues) 

Cependant au niveau de la qualité de l'eau d'une cuve relativement à l'autre, il ne devait pas en être de même. En effet, la cuve ayant peu d'alimentation par surverse fait son équilibre à partir de l'eau déjà "installée" dans l'autre cuve, mais est moins renouvellée, du fait que la cuve la plus remplie participe en premier à la distribution (avant l'équilibre de niveau). L'état de dégradation sans être dramatique est pourtant légèrement supérieur de ce simple fait…

Pourtant l'étude générale ayant été bien réalisée à l'époque, les distributions rigoureusement symétriques permettaient le mélange des deux cuves et donc on retrouvait une situation moyenne en terme de qualité (une bonne, et une un peu moins bonne).

Il y a lieu de noter dans ces situations, des variations de qualité en fonction de l'activité du refoulement ou de son absence. (Meilleure qualité -temps de séjour GLOBAL réduit- lors du refoulement)

Pourquoi y a-t-il toujours un problème potentiel de stagnation de l'eau au fond des cuves ? Tout simplement parce que la chambe de vannage depuis laquelle se font toutes les traversées de tuyaux  (refoulement(s), distribution, trop plein, vidange, mise à l'air libre...) est toujours réalisée à l'économie et parfois sans trop réfléchir. En effet le tuyau de refoulement est toujours dans la même zone que la distribution. A droite ou à gauche, mais jamais en fond de cuve hélas.
Ainsi l'eau récemment ammenée par le refoulement est toujours la première à partir en distribution. C'est un peu théorique comme explication, mais l'esprit est absolument exact, et il serait beaucoup plus judicieux d'amener le refoulement en bout de cuve. Eh oui il faut parfois réfléchir un peu plus...Le problème est qu'à 6 mètres ou plus du sol sans aucun appui, le travail de prolongation représente un travail long et qui doit avoir une solidité à toute épreuve, car le poids de l'eau est certain !
Il pourrait être plus simple de forer un passage au pied de la cuve dans la salle de vannage et de faire courir le tuyau au fond de la cuve puis de le remonter sur la paroi opposée. Cela représente de gros travaux avec du sèchage d'étanchéité à respecter et donc au moins 8 jours sans cuve...
Il y a aussi possibilité de mettre quelques hélices mélangeuses électriques, mais c'est moins écologique et fiable qu'un objet statique.

Il est ainsi possible de dire que bon+bon=bon mais que toute autre combinaison est toujours moins bonne !

2.2 Les clapets de refoulement/distSYMETRIE4ribution

Ces clapets sont de réelles "grosses bêtes" puisque, sur des sections toujours importantes. Ces clapets à palette (toujours horizontaux) ont souvent l'âge de la première installation, et sont habituellement rongés par la rouille. (400 mm sur la photo)
Ils arrivent parfois à se bloquer en position médiane et laissent passer tant en refoulement qu'en distribution.
De ce fait, le refoulement étant plus haut, tout est donné de préférence pour la distribution, et il y a mise à l'air libre de la canalisation de surverse, ce qui n'est pas trop bon !

Il serait illusoire de considérer cela comme peu grave. En effet le pompage se réalise principalement de nuit, or c'est justement à ce moment que la consommation est la plus faible. Or la distribution ne pouvant que peu absorber, tout se reporte normalement sur le refoulement dans les cuves. Mais si le clapet est bloqué "à moitié fermé", la pression peut monter et provoquer quelques désordres (casses de canalisations en particulier…)
De plus, sanitairement cela n'est pas correct et introduit des risques complémentaires en cas d'incidents.

2.3 Les filtres des compteurs de distribution

Des filtres (boîtes à boue) sur les appareils hydrauliques (compteurs, régulateur, réducteurs…) sont toujours installés. Ces filtres ont souvent le même âge que les compteurs. Ils doivent être nettoyés, voire plus….

Je m'explique. Les compteurs sont parfois sur l'unique canalisation de  reSYMETRIE10foulement/distribution, mais on a mis un filtre avant (ou après compteur parfois)…!
Le résultat est que les particules que l'on aura piégées, seront relâchées à la prochaine inversion de sens…alors à quoi bon filtrer, si c'est pour créer des petites bouffées de pollution. (Cela est également le cas des compteurs dans les bouclages en distribution. voir l'article)

Alors personnellement je ne vois pas d'autre solution que de supprimer tous les filtres qui sont appelés à voir passer de l'eau potable dans les deux sens.
En effet ils seront tour à tour piégeurs de particules et distributeurs !

De plus les compteurs de ce jour sont devenus plus tolérants et plus précis, et les compteurs à axe horizontal sont mieux adaptés au passage de quelques petits grains de sable, qui ne sauraient bloquer l'hélice.

(sur la photo, on peut voir un exemple d'interconnexion délaissée, avec en plus un filtre monté tête en bas donc non démontable pour le nettoyage !)

2.4 Mélanger l'SYMETRIE5eau

Non seulement il est utile de mélanger les différentes ressources, mais il est aussi utile de mélanger les différentes couches d'eau dans la hauteur des différents stockages.
Le mélange des ressources permet d'homogénéiser les caractéristiques physiques et chimiques de l'eau distribuée. Le mélange des cuves assure aussi une meilleure répartition des désinfectants et donc une plus grande sécurité sanitaire.
Des erreurs de conception anciennes sont parfois la source de mauvais mélanges, et ceci souvent au niveau des bâches de reprise qui sont régulièrement aussi le lieu de chloration avant départ dans le réseau.

Il arrive que la sortie par surverse du traitement tombe presque sous le départ vers le réseau…Il faut éviter cela et utiliser des rampes de distribution au perçage étagé permettant tout au long du tuyau, des sorties à toutes les hauteurs ainsi que la création d'un courant vers l'arrière de la bâche, qui assurera une meilleure homogénéité globale.
Ce système simple permet d'améliorer les mélanges d'eaux et participe à la non stagnation dans quelques zones éloignées d'une bâche.

Une parenthèse importante à propos des échelles de bâches ou de réservoirs. Je crois l'avoir déjà signalé dans d'autres articles, mais il est essentiel que ces échelles n'aient aucune partie creuse (non étanche). En effet ces parties seraient immanquablement le siège de développements microbiens dus à la stagnation.
Ces échelles pourraient donc contaminer l'eau potable, ce qui serait le comble de contaminer l'eau par une échelle ! C'est très sérieux, et à l'époque les fabricants d'échelles en composite ne connaissaient pas cette particularité. (il a fallu se battre et faire remplir les profilés creux de résine).

2.5 L'abandon des systèmes de comptage avec clapets

Ces systèmes anciens, installés sur les refoulement/distribution et comportanSYMETRIE9t vannes, compteur, clapet, boite à boue, stabilisateur d'écoulement, by-pass etc… ainsi que déjà expliqué dans d'autres articles étaient à l'époque la seule méthode pour mesurer les volumes en distribution seulement.

A ce jour, les têtes électroniques des compteurs sont capables de connaître le sens. Deux signaux en sont issus (les tops de volume ainsi qu'un signal sens à 1 ou 0 indiquant l'une des deux possibilités).
Il est donc possible de connaître les volumes refoulés, les volumes distribués ainsi que la balance des deux qui est représentée par le comptage mécanique du compteur (rappelons qu'un compteur compte et décompte). Ce chiffre est donc la somme algébrique des deux autres valeurs. Ces valeurs sont habituellement traitées par la télégestion mais à défaut par un dispositif électronique à deux afficheurs (voir photo).

Il est donc inutile de conserver toute cette quincaillerie qui n'est qu'un nid à microbes d'autant que l'air de la surverse n'est pas très loin. De plus, vu les nouvelles longueurs libérées, il sera peut-être même possible de supprimer le stabilisateur d'écoulement précédemment nécessaire au compteur...

Attention, quelque soit le schéma, la surverse au remplissage sera toujours la règle !

3 Conclusions

Voici donc quelques éléments pour dire que rien n'est jamais terminé.
Même si l'eau semble couler claire, pure et qu'il n'y a pas de fuites, la surveillance et l'observation sont toujours des moteurs de progrès.
Faut-il encore tout faire pour s'assurer quelle puisse longtemps faire ainsi, en quantité et en qualité….

Allez Marcel, tu boiras bien un petit coup de blanc du "gros tonneau" ! (la modération n'est pas requise)

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