INVESTISSEMENTS et MAINTENANMAINTENACE
en Collectivités Territoriales

1 Budget(s) d'une structure publique
2 Le budget en secteur Privé
3 Notion achat investissement / entretien
4 Pérennisation de l'existant
4.1 Luxe inutile
4.2 Déresponsabilisation
5 Investissements réduits
6 35 Heures et notations
7 Pourquoi maintenir les impôts ou les prix ?
8 Conclusions

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Préambule.

Ayant exercé des activités durant de longues années, aussi bien dans le secteur privé (grandes entreprises et PME) mais aussi durant 10 années en collectivité territoriale comme responsable contractuel, il m'a semblé utile d'exposer ce qui ne se dit jamais officiellement, mais seulement en aparté.

C'est ma vision, qui n'est pas spécialement dirigée contre le Système Public ou contre le Privé, mais seulement pour une efficacité "humaine", pragmatique, honnête et solidaire.

Ma position m'oblige à la discrétion, mais ne m'empêche pas de parler de façon générale.
Il faut changer les habitudes qui coûtent de l'argent, mais changer aussi les mentalités.

Si l'on peut plaisanter en disant que je veux refaire le monde, je ne le crois pas vraiment, car la terre devient de plus en plus exsangue. La crise de l'énergie en première cause, induit la crise alimentaire. Peut-être allons nous vers une "stabilité" durable (et je suis modéré dans cette dernière question/réponse, car d'autres parlent de récession durable).
L'énergie est la clef de tout. C'est la raison de l'unique photo de cet article. 

Il est évident que cet article concerne beaucoup les petites structures Françaises, mais que l'esprit en reste général pour tous. L'époque du gâchis (ou du "Gaspi") ne se termine pas encore dans la douleur mais celle-ci est proche.

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1 Budget(s) d'une structure publique

Cette activité importante de préparation d'un budget, mobilise beaucoup d'énergie de la part de tous les fonctionnaires et agents des collectivités. (Je ne parlerai que du budget primitif qui est le plus important naturellement, le budget supplémentaire devrait normalement n'être qu'un ajustement).

Il faut savoir qu'un budget (primitif ou supplémentaire) pourrait être rejeté lors d'une assemblée officielle (conseil ou comité) et que cela représenterait un "couac" mémorable de désaveu pour le responsable de la structure et sa politique (maire ou président).
C'est donc un pari tenu sur les objectifs à atteindre et souvent préparé par un débat d'orientation budgétaire, puis peaufiné en comité restreint ou bureau.

D'une façon générale les budgets sont toujours reconduits d'années en années, avec quelques modulations mais très rarement à la baisse. Pourquoi ?
La réponse est très simple, c'est pour maintenir la pression sur le contribuable et éviter de devoir baisser pour augmenter ultérieurement (dixit acte théoriquement sujet à incompréhension de la part du contribuable).
Il faut ajouter un petit bémol concernant l'endettement des communes qui représente une part non négligeable en remboursement de capital des emprunts.

C'est donc une réponse psychologique aux contribuables. Il est de bon ton d'ajouter que de toutes façons on veut bien trouver à utiliser cet argent. Les dépenses d'investissement apparaissent naturellement, mais noyées dans l'herméticité des comptes (qui sont en perpétuelle évolution) et peu de membres élus peuvent réellement suivre la partie financière.

J'ai été obligé de m'adapter à ces habitudes, car les patrons sont les élus et ont pris des engagements que je n'ai pas pris personnellement mais….
Mais un élu, est investi d'une mission donnée par les urnes !.

On a toujours un responsable au dessus de soi, et la mission d'un responsable (privé ou public) est d'obéir aux ordres supérieurs. La discussion est parfois possible sur les sujets techniques, mais plus difficilement sur les sujets tabous tels que l'impôt ou le prix d'un service public.
J'ai dit "parfois", car la technique n'est pas la tasse de thé des élus. Désolés Messieurs, pas plus que les patrons privés d'ailleurs, car en général vous n'y connaissez rien sur le fond.
La notoriété et le "paraître" sont beaucoup plus utiles…¿ La place du village est un sujet "principalement important" des travaux futurs….
Naturellement ce sujet est directement attaché à la popularité des élus, et c'est donc là que c'est délicat…

Je crois qu'il sera bientôt temps de penser au porte monnaie des contribuables, car si j'ai la chance de faire partie de ceux qui n'ont pas faim POUR L'INSTANT, il y en d'autres, pour qui ce n'est malheureusement pas le cas.

Le Secteur Public est-il une machine ingouvernable ? Comparer les éléments au paragraphe suivant, mais c'est comme partout, c'est une question d'hommes, d'ambitions personnelles et de moralité.

2 Le budget en secteur Privé

Dans une grande entreprise, mon budget propre m'a simplement été demandé dans les dernières années, pour être intégré à celui de mon patron direct. On sent parfaitement qu'à ce niveau, même si les chiffres sont élevés, cela ne représente que peu de choses sur l'ensemble.

Bien que je n'aie jamais participé complètement au budget, lors de mes passages en PME, je l'ai souvent effleuré par le biais de mes activités commerciales. Lorsque l'on regarde l'argent dépensé en salaires, en commissions et en frais divers de route et de représentation, on constate parfois qu'il ne reste pas énormément pour le patron.

Je dois reconnaître deux choses essentielles :
En PME, l'activité d'une seule personne peut faire basculer dans un sens ou dans l'autre une entreprise.
Dans ces métiers du commerce technique, on comprend à demi-mot ce que représente sa propre action, et combien un relâchement peut être dramatique pour tous.
Quelle joie pour tous lorsqu'une opération "impossible" est gagnée !

L'inquiétude financière associée aux résultats était forte, et je ne l'ai jamais rencontrée ailleurs, et certainement pas dans le domaine public.

Cette responsabilisation est totalement absente des grands groupes, dans lesquels j'ai tout de même travaillé 20 années. La paye "tombe" tous les mois, que l'on s'investisse largement ou que l'on paresse gentiment. Le luxe et la vie au dessus de ses moyens gangrène naturellement ce système très impersonnel. (déplacements, Taxi, avion pour Paris, 1ère Classe... gâchis et travaux inutiles en tous genre etc)
J'y ai mangé mon pain blanc en travaillant avec une certaine passion, mais sans grande récompense, car les mensonges promotionnels étaient la monnaie d'échange !
Par contre, les intérêts techniques étaient réellement immenses et se sont révélés de véritables tremplins pour les emplois futurs, par l'avance technologique acquise.

Ces grands groupes sont malheureusement des machines à créer des ambitions exacerbées sans aucune valeur réelle d'échange au profit de l'entité. Ces grands groupes restent des machines ingouvernables, mais paradoxalement incontournables, car rien des grandes innovations n'aurait pu se réaliser sans eux.

Le secteur Public serait-il comparable à ces grands groupes? Je vous laisse le soin d'établir les comparaisons. Au fait, qui est le grand patron des structures Publiques locales ?

3 Notion achat investissement / entretien

Acheter un bien, implique généralement un ENTRETIEN. Cette notion est souvent oubliée ! Les frais de fonctionnement ne sont jamais oubliés d'une façon générale, mais ne comportent pas la panne ou l'accident voire le vieillissement et cela s'appelle la MAINTENANCE des équipements. Qu'il s'agisse des équipements routiers, sportifs ou autres.

La Maintenance (préventive ou curative), est toujours oubliée, surtout lorsqu'elle n'est pas associée réellement au métier de base de la structure. Le temps passé par le personnel à cette maintenance n'est que très rarement comptabilisé.

En effet, prenons l'exemple d'une commune qui achète des cages de but avec filet pour le terrain de foot. Il ne faudrait tout de même pas renouveler cet achat dans 10 ou 12 ans!
Il faudra le prolonger en REPEIGNANT au moins tous les 3 ou 4 ans les poteaux, et rentrer les filets lorsque l'hiver arrivera et que le club jouera relâche pour l'hiver.

Combien de vieux poteaux rouillés sans filets sur les petits terrains communaux ? La conclusion est elle de dire que le métier de base de la commune est de donner de quoi faire du "foot". Les poteaux dureront ce qu'ils doivent durer…! (c'est un peu léger)

Je considère comme stupide de dire qu'un achat a été largement payé si sa durée d'amortissement est dépassée. Au contraire, si l'objet est encore utilisable ? ou moyennant un petit travail ? Alors je dis OUI à cette façon de voir les choses, car il s'agit là de BÉNÉFICE aussi bien pour une société privée et ses actionnaires que pour une Commune et le contribuable.

Ainsi tout nouvel achat entraîne des frais de maintenance qui n'appartiennent pas au frais de fonctionnement au niveau budgétaire mais à un autre poste qui est la MAINTENANCE.

4 Pérennisation de l'existant

D'une façon générale, acheter (investir) ne sert à rien si on ne peut s'occuper de maintenir un bien en bon état fonctionnel et apparent. Pour imager la pérennisation, cela reviendrait à acheter 2 Kg de Choux, d'en manger 1Kg et de laisser le reste pourrir…

Les exemples sont nombreux et je vais citer quelque chose qui est totalement en marge, mais extrêmement significatif : Les panneaux interdiction de circuler sauf ayants droit ou accrédités.
De très nombreuses voitures et motos "verte" ou quads y roulent en parfaite impunité.
Fallait-il mettre un panneau ? Pour avoir bonne conscience ? et pouvoir répondre "je n'y peux rien si les gens n'ont pas un minimum de civisme" !
Pour ma part, je considère cela comme une erreur, car un panneau installé coûte très cher (je pense 2 à 300 Euros). S'il ne sert à rien, et c'est souvent le cas, pourquoi en acheter un ?...

Maintenir le niveau des budgets, alors que les effectifs chargés de maintenir tous les matériels en état ou au mieux et de les prolonger ne peuvent y parvenir (pour différentes raisons) est donc une erreur fondamentale.
Je considère cette action comme une importante erreur de gestion.

Chaque bien devrait être considéré comme le résultat à la fois d'un TRAVAIL et de la prise d'une MATIÈRE PREMIÈRE à la planète terre. (c'est le "DURABLE") Chaque investissement devrait mériter le respect de ces deux éléments. La pacotille et les mauvais matériels devraient être éliminés sans pitié.

Le durable a pourtant une immense bataille à livrer contre le COMMERCE qui est par définition une incitation à acheter souvent en créant le besoin, pour mieux jeter l'article ultérieurement.

Les entreprises privées l'on parfaitement compris, uniquement par l'aspect lucratif et usent "jusqu'à la corde" les investissements. Cela n'est pas le cas des services publics.

4.1 Luxe inutile

Ce paragraphe pourrait ressembler de prime abord un peu au précédent, mais ce n'est pas totalement l'esprit. Deux exemples valent mieux que de longs discours...

Aussi pour préciser ce sujet, parlons informatique. Est-il besoin de changer des écrans avec un vieux tube cathodique et un Windows XP qui fonctionne parfaitement et qui est pour l'instant encore compatible avec la grande majorité des logiciels d'applications ? Il consomme beaucoup plus d'énergie c'est vrai, mais il coûté beaucoup d'argent et d'énergie et le service rendu devrait primer dans ce cas.
(Les fabricants de logiciels ont aussi une part de responsabilité dans cette inflation inutile).

Prenons un autre exemple, un outillage lourd type mini-pelle âgée de 15 ans qui a un peu de jeu au niveau du godet, mais qui fonctionne encore parfaitement…Est-il besoin de la changer ? Quelqu'un a-t-il seulement envisagé de redonner un petit coup de peinture ou d'étudier un peu ce qui la prolongerait ?
Non personne n'y a fait référence, mais tout le monde l'aurait bien rachetée à titre personnel ! Foutu ou pas foutu ? 

(Pour décharge, Il faut dire aussi un mot sur le prix des pièces détachées qui est réellement un scandale commercial et qui devra cesser tôt ou tard).

4.2 Déresponsabilisation

.J'ai vu un groupe scolaire assez récent avec une fuite d'eau proche de la chaufferie, vue par tout le monde, depuis la femme de ménage, jusqu'aux employés communaux. Il a fallu avertir le maire pour lui dire qu'il aurait à payer la fuite…à ce moment, on prend conscience et on tente une démarche d'influence pour échapper ...!

Je ne compte même pas les fuites d'eau du côté des équipements sportifs, où là c'est le plus grand des "jm'enfoutisme" de la part des personnels communaux et des sportifs "aussi".

Il y aurait de nombreux exemples à donner…et certains pas très jolis.

5 Investissements réduits

Cela me semble une nécessité de procéder parfois à des ANNÉES CREUSES en investissements, pour pouvoir entretenir ce que l'on a pas eu le temps de faire les années précédentes, mais également pour profiter de mieux cibler les futurs travaux d'entretien.
Cette façon de procéder me semble cependant parfaitement logique, car lorsque l'on n'en peut plus, on est bien obligé de se reposer !
Vu sous un autre angle, il y aurait  nécessité de mettre du personnel complémentaire...? (réponse ci-après !)

Le poste "personnel" étant toujours un sujet tabou qui donne de l'urticaire à tous les élus. Il faut cependant "le temps au temps", et à effectifs réduit, travaux réduits.

Ces années creuses me semblent nécessaires pour pérenniser tous les matériels et donner ainsi un peu plus de durée aux investissements antérieurs, qui devront être prolongés par nécessité.
Elles ne représentent finalement que l'adaptation de temps nécessaire au personnel en mesure de les effectuer.

6 35 Heures et notations

Sans aucune polémique politicienne, il fallait donner quelques exemples de ce que cela a donné dans un secteur public de travaux. Ce n'est qu'un exemple réel mais certainement pas isolé. Le bien-être ne peut être issu que d'un travail effectif.

Il a fallu négocier avec le personnel et surtout ne pas imposer (dixit élus spécialistes en communication et Fonction Publique Territoriale)! Résultat les RTT ont été mises au cas le plus défavorable pour le travail. Aucun élu n'a réellement osé s'opposer à cela.

Bref tous les personnels ont pu prendre des jours RTT accolés aux congés ou aux ponts, si bien que dans un métier où l'imprévu est journalier et peut bousculer 50% des effectifs, on n'ose plus entreprendre de travaux lourds qui peuvent demander plusieurs jours.
On attend d'être au complet, mais on y est presque jamais…!

Pour les horaires, ceux-ci sont restés toujours identiques et les temps de début de poste et d'arrêt sont toujours un peu "étirés".
J'en étais venu à penser que pour le métier considéré, pour pouvoir travailler normalement, il fallait réellement faire 35 heures par semaine SANS RTT, car cela aurait permis d'entreprendre des travaux toujours remis en question faute de personnel suffisant.

L'égard des élus pour leur premier dirigeant n'est pas toujours très élevé. Ils préfèrent avant tout la paix sociale et des impôts réduits pour la popularité. (Ces éléments sont par définition, incompatibles) Pensez donc une grève ou "débinage" en règle sur les notations. Notations…paix sociale ! C'est bizarre il n'y avait pas de note en dessous de 15. (Serait-ce "la crème" de la nation ?)
J'ai dirigé de vrais et excellents agents et c'est rassurant, mais j'en ai eu aussi quelques mauvais et de plus pistonnés !

Autant j'ai apprécié le métier lui-même, et la mission d'apporter aux autres, autant j'ai eu là les meilleurs camouflets de la part des élus. J'ai donc refusé de noter mes agents, ce sont les élus qui l'ont fait !

7 Pourquoi maintenir les impôts ou les prix ?

C'est une question sur laquelle, je ne suis pas d'accord, pour deux raisons majeures :

Même au plus bête des "idiots du village", il possible d'expliquer que "cette année" on concentre ses efforts sur autre chose que des achats d'équipements, MAIS que l'année prochaine on reprendra un rythme plus normal, jusqu'à ce que l'on constate un manque évident de maintenance d'entretien qu'il n'est pas possible de réaliser avec le personnel en poste. (en dehors de tout contexte annexe)

Il ne me semble pas sain de vouloir masquer que c'est nécessaire. Il n'y a qu'à regarder la partie entretien des bâtiments : Volets, serrures, portes qui frottent, robinet qui goutte, chasse d'eau qui fuit, énergie de chauffage, …tous les petits trucs qui dénotent une déresponsabilisation et qui empoisonnent la vie de tous les jours.

Tout cela nécessite des travaux de la part des personnels, techniques. Il serait un peu désolant de faire appel à l'extérieur pour des bricoles que toute personne un tant soit peu manuelle peut venir à bout. (Ayant ou non un "Master en bricolage").

8 Conclusions

Il ne serait pas bien de dire du mal des fonctionnaires, des élus et des patrons, car ils sont tous nécessaires.

Il serait cependant anormal de soutenir QUELQUES cas de personnes qui n'ont pas assez "bouffé de vache enragée", et qui n'ont pas compris qu'aujourd'hui les choses ne sont plus les mêmes qu'il y a 10 ans voire plus.
Etre passé par la case chômage est un avantage certain d'ouverture vers la lucidité !

Les hommes de la Fonction Publique sont avant tout au service d'une population. Bien entendu les horaires existent, mais il faut regarder du côté du privé pour comprendre que le partage du travail n'est pas équitable entre le Public et le Privé.
La sécurité de l'emploi est aussi un élément démotivant essentiel, car il n'est pas normal qu'une catégorie de personnes ait la sécurité de l'emploi et pas une autre.

Si les investissements doivent parfois marquer une pause, cela ne veut pas dire qu'il faut faire investissement zéro, mais LIMITER volontairement pour permettre tous les travaux de maintenance et pérenniser ainsi tous les biens déjà acquis.

Les pauses dans les investissements seront de plus en plus une règle de base pour prolonger les différents investissements et réduire les impôts et factures des usagers.
Notre niveau de vie devra-t-il en subir des conséquences ? Je le pense !

Le monde change, l'énergie et les matières premières deviennent des enjeux majeurs.

Il est temps de revoir les anciens et nouveaux modèles de fonctionnement. Le développement durable sera-t-il encore longtemps un principe d'actualité ?

Je ne le pense pas et je vous invite à lire cet article d'un journaliste dont je ne peux que partager le point de vue.

par Diaconesco Gérard
Développement durable ou récession globale ?

Ce que je propose ici représente bien peu de chose, et représente une goutte d'eau dans l'océan, mais c'est le nombre de gouttes d'eau qui fait l'océan…

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