Les PuitPUITSBAL2s

1 Quelques cas et définitions
2 Géologie simple
3 La plaine d'alluvions
4 Le puits en milieu karstique
5 L'eau fossile et les puits profonds
6 Les nappes alluviales
6.1 Les vitesses
6.2 Les niveaux de nappe
7 Les périmètres de protection
8 Le puits à barbacanes
9 Les forages et la législation
10 Le pompage
11 Les courbes de descente et remontée
12 La protection physique d'un puits
13 Les forages destinés à la géothermie
14 Conclusions

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Préambule

Cet article se veut plus une initiation aux captages d'eau, mais pas une référence. Il vulgarise la première partie du circuit de l'eau potable.
Un captage est très important. Si la ressource n'est pas de qualité, l'eau devra subir des traitements pour l'amener à un niveau de qualité suffisant avant d'être envoyée dans le réseau. Plus le traitement est lourd, plus il est cher, et plus le M3 est cher !
Il faut aussi rappeler que sans eau il n'y a pas de vie, ni de développement (durable)
Ces informations sont surtout destinées aux particuliers, pour éviter de faire n'importe quoi, mais aussi pour les aider à ne pas demander à la nature plus que ce qu'elle ne peut donner, et les aider à protéger leur puits existant, mais aussi l'eau pour tous les autres.
Cet article n'est pas une invitation à creuser, mais simplement l'école nécessaire à la protection des captages existants.
Enfin par la connaissance, cela devrait permettre de protéger un peu mieux ces accès aux nappes et au sous-sol, qui sont de véritables chemins potentiels à des problèmes de tous ordres.

1 Quelques cas et définitions

Un puits est une cavité verticale souterraine en général creusée par l'homme, dans laquelle l'eau peut être puisée et se renouveler le plus habituellement. L'eau circule lentement sous terre dans les roches et les sables. Elle est parfois piégée par des couches de marne ou d'argile…
Les puits ont un diamètre qui va de 10 centimètres (on parle plus volontiers dans ce cas de forage) à plus de 2 mètres.
Les puits sont pratiquement toujours cylindriques dans la partie enterrée. (La tête de puits est parfois carrée).
Un puits est construit en pierres de taille, en béton coulé, avec des anneaux préfabriqués en béton, avec des fourreaux en tôle d'acier ou maintenant en Acier Inoxydable.
Ces conduits sont toujours percés de trous ou de fentes en partie basse, pour permettre à l'eau de pénétrer dans le "tube" ou les anneaux. Ces trous ou passages constituent la partie crépinée, parfois appelée aussi dans certains ouvrages, les barbacanes.
Il faut distinguer les puits de faible profondeur qui puisent en général dans une nappe alluviale (nappe d'accompagnement d'une rivière ou d'un fleuve, cas de la photo de tête d'article). Cette profondeur est souvent de moins de 10 mètres mais peut aller jusqu'à 40 ou 50 mètres. (Exceptionnellement à plus de 100 mètres)
Il y a aussi les forages profonds qui peuvent cette fois descendre beaucoup plus bas, et qui commencent à partir de 20 ou 30 mètres et peuvent aller jusqu'à plus de 1500 mètres.

2 Géologie simple

Tous les terrains ne contiennent pas de l'eau en grande quantité. Les alluvions sont des sables qui laissent passer l'eau dans les interstices et qui autorisent avec succès le creusement de puits en général à faible profondeur. (On parle dans ce cas de la nappe phréatique)

Parallèlement, des puits ou forages peuvent être réalisés dans de la roche calcaire, souvent fissurée, qui prend le nom de "Karst".

Des couches d'argile imperméable peuvent aussi emprisonner sous elles-même, dans des sables, ou de la roche, des masses importantes d'eau. Souvent il s'agira d'eau piégée, qui ne pourrait jamais remonter en surface en temps normal. C'est une eau souvent très pure et souvent qualifiée d'eau fossile. Cette eau peut parfois ne jamais se renouveler.

3 La plaine d'alluvions

La forme la plus simple et la plus sécurisante est la capture d'eau en nappe alluviale. Les alluvions sont le résultat de l'érosion depuis la nuit des temps, et sont constituées de particules de roches arrachées aux montagnes, et roulées très loin jusqu'à la mer par les rivières et les fleuves. Ces alluvions sont donc des sables et graviers mêlés de quelques éléments organiques et minéraux de toutes sortes. Tous ces éléments sont un véritable filtre naturel qui est situé le plus souvent à faible profondeur.
Suivant les bouleversements géologiques, il peut parfois y avoir plusieurs zones d'alluvions séparées par des couches d'argiles.
L'eau pourra, (suivant la granulométrie (taille) des éléments et les dénivelés (pression)), acquérir des vitesses plus ou moins élevées, mais toujours très faibles devant la vitesse d'écoulement de la rivière. Pour fixer les idées, la vitesse dans une telle nappe peut varier de quelques mètres à quelques dizaines de mètres PAR JOUR.

4 Le puits en milieu karstiquePUITSBRE

Ce type de captage se distingue par la vitesse d'écoulement extrêmement rapide. En effet, ce sont de véritables "tuyaux naturels" qui conduisent l'eau depuis une zone d'influence jusqu'à un point bas (et en passant à l'endroit d'un puits). Il n'y a donc aucun traitement de filtration naturelle, et le résultat d'une pollution est immédiat.
Ce genre d'ouvrage n'est donc que peu sécurisé pour l'alimentation en eau potable. Les profondeurs sont presque toujours supérieures à leurs homologues en nappe alluviale. De plus la zone d'alimentation de ces puits karstiques est très souvent mal connue. Même les colorations ne permettent pas de déterminer la totalité des zones d'influence.
A quelques dizaines de centimètres près, la veine de passage peut être importante ou au contraire de faible section. C'est en quelque sorte une loterie.

Dans les "curiosités" de Franche Comté, un puits naturel (Puits de la Brème) qui est parfois donneur d'eau, car il déborde dans la rivière proche à certaine périodes, et dans l'autre cas, il reçoit une partie de l'eau de cette même rivière (cas de la photo ci-dessus). On peut constater la couleur verte qui est un peu aussi la réverbération du milieu, mais la transparence n'est pas non plus réellement au rendez-vous.

5 L'eau fossile et les puits profonds

Ces ouvrages ne concernent que les forages professionnels, mais ont un inévitable problème de longévité. En effet l'eau est prisonnière dans des structures profondes et étanches, et ne sera donc que rarement renouvelée. C'est donc une opération d'appauvrissement irrémédiable.
Quelques grandes villes utilisent ces gisements. L'eau en sort souvent à forte température à cause de la profondeur. La profondeur typique est souvent de l'ordre de 1000 à 2000 mètres.

6 Les nappes alluviales

6.1 Les vitesses

La vitesse de déplacement de l'eau dans BLOGPUI3les alluvions ! Ce chapitre est certainement le plus important pour le profane, car de cette vitesse, va dépendre la capacité de production d'un puits.
A cette vitesse, il faut associer la notion de rabattement qui représente schématiquement la forme de la cuvette dans laquelle se trouve encore de l'eau, lorsque l'on pompe. Un rabattement important indique toujours des vitesses faibles de déplacement en nappe. Cela pourrait qualifier une ressource de (bonne) qualité mais d'autres facteurs peuvent largement contredire ce fait.
Il me semble utile d'analyser le rabattement type d'un puits, pour en comprendre les différents paramètres.

En premier lieu, Il faut bien voir que le diamètre d'un puits, s'il joue effectivement sur la capacité de production par son effet "réservoir" d'eau immédiatement accessible, n'est pas le point essentiel. En effet le volume d'eau disponible du terrain est toujours beaucoup plus essentiel que celui du puits lui-même.

J'ai souvent entendu parler de "poches d'eau"...mais c'est la capacité d'un nappe à transmettre l'eau qui est essentielle (transmissivité). Un poche n'est qu'un artifice qui permet de pomper par cycles courts dans une bâche.

En deuxième lieu, on comprend également fort bien sur la base du schéma, que plus on descendra profond, (jusqu'à une couche d'argile éventuelle) plus on pourra créer un rabattement de grande surface et profondeur.
On parlera alors de zone d'influence. Cette zone variera en fonction du débit demandé, de la profondeur du pompage effectué et du temps pendant lequel on effectue le pompage.BLOGPUI2

Le rabattement sur des larges zones alluvionnaires peut n'être que de l'ordre du mètre pour des débits de 100 à 300 M3/h. Le cône d'appel peut être de plusieurs centaines de mètres.
Ici sur le relevé effectué à débit très élevé de 410 M3/h on voit une descente très rapide et une stabilisation également très rapide indiquant la "puissance" de la nappe.
Ce rabattement est mesuré par rapport au niveau de la nappe au repos. Ce niveau de repos de la nappe est obtenu au moins en 24 heures sans pompage.
Ce niveau de repos est le niveau en l'absence de pompage, mais il varie aussi ...

6.2 Les niveaux de nappe

Ces niveaux varient en fonction du temps, des saisons, des consommations. On parle souvent de nappe d'accompagnement d'une rivière, et ce terme est bien une réalité, car la nappe se comporte comme un régulateur de débit dont le rôle est soit d'accepter de l'eau lorsque la rivière est à un niveau élevé (crue), ou au contraire en redonner lorsque le niveau est à l'étiage.
Au vu des faibles vitesses, on comprend mieux, que tous ces phénomènes on besoin de temps, et qu'un rechargement de nappe ne s'effectue pas en une journée, mais seulement durant des niveaux de rivière élevés ET durant de longues périodes.

Le suivi des niveaux de repos des nappes est un précieux indicateur des réserves d'eau.
Il faut aussi comprendre que la capture d'eau n'est pas un phénomène purement local, mais qu'il affecte la totalité du parcours d'une rivière.
Tout prélèvement constitue toujours une opération longue à restaurer dans le temps, et sujette à aléas climatiques.

7 Les périmètres de protection

On revient cette fois sur le rabattement de la nappe suite à un pompage. En général, et en France, un hydrogéologue agréé est nommé auprès des préfets, pour conseiller sur les captages d'eau potable. Outre son rôle de conseil pour tous les problèmes liés aux captages, il est la personne qui va élaborer en fonction des ses connaissances, la zone d'influence des captages et donc les recommandations de protection.
Cette élaboration est également le fruit d'expériences de pompages (forages d'essais) et de différentes mesures.
Ces essais sont toujours débutés à partir de petits forages d'une dizaine de centimètres, que l'on appelle des piezomètres et qui sont une "fenêtre" sur la nappe. Le Forage réalisé permet également de se rendre compte de la nature précise du sous-sol. Un piezomètre permet également différents suivis de niveaux, de sens de déplacement de la nappe et de qualité de l'eau. Ils sont toujours conservés à fin d'études comparatives et de suivi.

Ainsi l'hydrogéologue détermine 3 zones principales de protection :

Le périmètre IMMEDIAT qui est celui à côté d'un captage. Ce périmètre doit obligatoirement être clôturé. Toute intervention y est formellement interdite. Stationnement, épandages divers, etc…

Le périmètre RAPPROCHÉ inclus avec sécurité la zone d'influence. Il n'est pas nécessairement clôturé, mais toutes les activités autres qu'agricoles non polluantes y sont proscrites.
En agriculture, des conventions sont souvent passées avec les agriculteurs pour limiter les engrais, et bannir les traitements phytosanitaires. Ces zones sont sous haute surveillance et les dépôts de fumier, le stationnement des nomades, les industries, les activités extractives sont interdites.

Le périmètre ÉLOIGNÉ participe à la bonne qualité de la ressource, et les activités y sont surveillées mais avec une réglementation plus souple et très spécifique.

Il y a lieu d'ajouter une petite parenthèse sur les plaines alluviales qui sont toujours le siège de développement d'extraction de granulats (sables et graviers). Ces extractions mettent à nu la nappe qui devient alors potentiellement plus fragile puisque tous les déchets peuvent alors y tomber (voitures, ordures diverses). Ainsi toute extraction de sable est une atteinte au pouvoir épurateur des alluvions mais surtout une brèche à la protection naturelle exercée par la terre.
Les zones alluviales ont aussi avec les rivières et les ballastières le privilège d'amener des nombres importants de personnes adeptes de sports nautiques.
Les pollutions d'accompagnement induites suivent en général (Véhicules et hydrocarbures, déchets en tous genres, décharges sauvages).
Les Maires malheureusement font vibrer la corde de leur ego, et privilégient souvent la zone d'activités nautiques au détriment des captages d'eau potable et c'est triste d'avoir une vision aussi réductrice !

(Dans les forages karstiques, les périmètres rapprochés et éloignés peuvent souvent se trouver très loin du périmètre immédiat).

Dans le même ordre d'idées, il faut comprendre tout forage comme étant une micro sablière, par laquelle toute pollution peut ainsi se faufiler dans la nappe et affecter ainsiFORAGE2 des captages officiels d'eau potable.
C'est la raison pour laquelle je considère que tous les puits devraient être déclarés, pour éviter tous les problèmes de pollution potentiels.
Ainsi en cas d'inondations, les eaux de surface ne devraient jamais pouvoir pénétrer dans ces puits ou forages. Ceci implique une remontée des tubes ou des ouvrages à hauteur suffisante pour éviter toute pénétration d'eau libre de crue.

Rappelons nous que souvent lors des crues, il n'est pas rare d'entendre que les services sanitaires ont déclaré l'eau non potable, (car les puits ont été inondés !)

Dans la photo ci-contre représentant une implantation en cours, en zone inondable, le forage d'essais (couleur rouge) est trop bas, et il devrait être réhaussé.

Dans le même ordre d'idées, autour de chaque captage, il devrait être ménagé un merlon de terre marneuse chargé de limiter les passages directs d'eau d'inondation le long du tube du puits.
Cela devrait rester une bonne habitude, même pour la simple eau de pluie et en dehors d'inondations potentielles.
Les eaux doivent alors suivre un chemin plus long et avec une certaine filtration…

Il y a lieu de faire une toute petite parenthèse pour alerter sur les "court-circuits" de nappes. En effet, lors de forages profonds, il est possible de traverser différents aquifères, plus ou moins intéressants, et il faut absolument ne jamais les mettre en communication.

8 Le puits à barbacanesBARBACA

Ce sont des ouvrages volumineux et coûteux, destinés à amener de grandes quantités d'eau pour l'approvisionnement des villes. Ces puits sont parfois "agrémentés" de drains horizontaux de quelques dizaines de mètres, en forme d'étoile qui vont chercher l'eau encore plus loin.
Ces drains augmentent la taille du cône d'appel, mais permettent surtout des débits beaucoup plus élevés.
Ces ouvrages peuvent produire de 30 à plus de 500 M3/h.

Les barbacanes sont les petits conduits inclinés, qui sont chargés d'alimenter le puits à partir des alluvions voisines. Ces barbacanes sont toujours orientées vers le bas pour éviter que les graviers et le sable ne viennent "couler" dans le puits. On remarque également que leur niveau sur la circonférence du puits doit être bien régulier pour éviter de créer un rabattement irrégulier et de favoriser ainsi certaines directions.

Ces puits de diamètre important sont toujours terminés par une "lanterne" ou puisard qui est destiné à recevoir les pompes d'exhaures dont la hauteur peut aller jusqu'à plus de deux mètres dans les très gros ouvrages. Pour 50 à 100 M3/h, la hauteur d'une pompe est de l'ordre de 1 mètre à  1.50 mètre (suivant le nombre de turbines). (Photo ci-dessous §10)
Cette lanterne en béton, ou en acier doit toujours rester en eau pour la protection des pompes. C'est aussi une arrivée d'eau, cette fois en point le plus bas de l'ouvrage.

9 Les forages et la législation

Cette partie n'est pas ma spécialité, aussi je vais être très peu disert sur ce sujet et donner seulement quelques indications générales (Françaises), qui ne sont peut-être plus d'actualité ? Il faudra donc toujours vérifier le moment venu.

Tous les forages de plus de 10 mètres de profondeur doivent faire l'objet d'une déclaration.

Sont considérés comme captages domestiques des équipements dont la production ne dépasse pas 1000 M3/an. A priori ces forages ne nécessitent pas de déclaration (à moins de 10 mètres)

De 1000 M3/an à moins de 8 M3/heure, les forages doivent être déclarés.

Et enfin au-delà de 8 M3/h, il doit y avoir enquête publique.

Cependant, ainsi que je l'ai évoqué, quelque soit la législation, et outre les débits, le plus important à mon sens est que ces forages ne doivent pas être des causes de pollution des gros ouvrages de production des villes et villages.
Ils doivent à mon humble avis présenter toutes les garanties de non retour d'eaux polluées en nappe, ce qui me semble plus important que tout.

10 Le pompage

La première des méthodes qui se traduit souvent par des échecs à long terme, est le pompage en aspiration directe. Cette méthode, qui si elle présente tous les caractères de simplicité, n'est pas une méthode fiable dans le temps. En effet, les clapets de pied de crépine finissent toujours par ne plus être étanches. Il y a aussi quelque chose d'aussi important qui vient troubler la scène, qui est l'usure normale de la pompe, et son incapacité au fil du temps à aspirer suffisamment profond pour vaincre la pression atmosphérique. (La limite d'aspiration est de l'ordre de 8 mètres réels pour une bonne pompe)

Que faire alors ? La seule technique fiable est représentée pexhaurdocar une pompe immergée sous forme d'une pompe d'exhaure (sortir du pot).
Ces pompes toujours immergées sont constituées d'un long cylindre dont le bas est le moteur et le haut la partie turbines. Ces pompes ne doivent fonctionner que totalement immergées, et les moteurs sont normalement remplis d'eau chargée d'assurer les échanges thermiques de refroidissement.
(Ces pompes voyagent souvent pré remplies d'eau non glycolée et doivent être stockées hors-gel)

Si les hauteurs manométriques ne sont pas suffisantes, il y lieu de faire une liaison sur une pompe de surface chargée du complément de hauteur.

J'ai déjà eu quelques demandes pour des puits qui ne donnaient pas assez…
Là, il faut comprendre que les méthodes "paranormales" des sourciers ne représentent pas toujours quelque chose de réellement fiable, et que même avec des méthodes scientifiques il arrive parfois des surprises.

Bien entendu, on peut toujours trouver de l'eau, car nous avons la chance d'être dans un pays bien pourvu en ce domaine. Cependant, la quantité et/ou la qualité peuvent faillir.
On ne peut pas tirer plus que ce qu'une zone peut donner. Au-delà de ces valeurs, les vitesses dans le cône d'appel peuvent augmenter à cause du dénivelé et favoriser parfois l'apparition de particules d'argile "décollées" par des vitesses excessives.

On a besoin, lors des essais de pompage, ou pour purger une zone précédemment polluée, d'avoir une évacuation de l'eau qui immanquablement serait répandue sur le terrain.
Ce cas est aussi celui de l'entretien général des puits, ou il est nécessaire cette fois d'obtenir un rabattement important pour pouvoir pénétrer jusqu'au fond et nettoyer ainsi les parois et les différents éléments. (Ce n'est pas toujours possible)
Un PVC de 100 (ou beaucoup plus suivant les débits), raccordé au réseau d'eaux pluviales ou vers un ruisseau est très utile pour éviter de noyer un terrain et surtout celui des voisins...Cela est rarement réalisé car toujours laissé un peu "en retrait" pour raisons financières...

D'une façon générale, je ne conseille pas les forages de particuliers, car au fil des problèmes techniques rencontrés, et par manque de moyens, ces ouvrages sont souvent abandonnés mais restent des portes ouvertes à des pollutions qui peuvent être graves (que ce soit pour l'eau ou pour la géothermie).
Il me semble beaucoup plus rationnel à titre individuel de récupérer les eaux de toitures que de creuser le sous-sol (pour la partie eau).

Un parenthèse concernant les pompes d'exhaure, celles-ci ne peuvent fonctionner sans eau, non seulement pour les problèmes de garnitures qui souffrent, mais surtout pour les problèmes d'échauffement moteur. En général une dizaine de secondes sont suffisantes ! Il est donc très très important que les contacts manque d'eau soient fiables (et que la pompe soit remplie d'eau).

11 Les courbes de descente et remontée

Là aussi pas de grands calculs, les éléments BLOGPUI1sont extrêmement simples. Tant qu'il y a de l'eau dans le volume du puits, le niveau descend, et le rendement de la pompe baisse sensiblement, mais tout va bien.
A un moment donné, si le niveau continue de baisser vers l'assèchement, cela signifie que l'eau qui arrive ne peut plus compenser l'eau qui est pompée (attention aux pompes grillées). On a dépassé alors le débit maximum possible.
On remarquera que si l'on a trouvé un équilibre, au fil des heures de pompage, ce niveau va continuer de baisser, mais cette fois très lentement. Cela représente alors la capacité de la nappe pour s'alimenter de façon éloignée.
Cet essai appelé le pompage de longue durée, permet d'évaluer le rechargement de la nappe locale par la nappe éloignée. La nature des terrains qui est rarement homogène participe à l'origine de cette petite différence.

Pour obtenir de bons résultats, il est nécessaire de faire des mesures, c'est le meilleur moyen pour comprendre ce qui se passe dans le sous-sol. C'est aussi une méthode qui permet de pérenniser à long terme un forage.
Il y a lieu de réaliser des pompages à débit constant et de relever à intervalles réguliers la hauteur d'eau dans le puits. Cette courbe est d'allure exponentielle et permet d'appréhender parfaitement la capacité d'un ouvrage.

Attention il peut tout à fait, en cas de surexploitation y avoir des phénomènes d'appel de nappes voisines (nappes salées par exemple) ou au contraire passer en appel permanent sur des zones chargées en fer.
Il peut aussi y avoir des phénomènes de tarissement. Tout est possible !

A ce niveau, si vous avez un puits ou un forage avec du fer, je vous souhaite bien du plaisir, car à titre individuel, c'est franchement ingérable tant le matériel souffre, et tant il y a lieu d'entretenir ces ouvrages. (Article "Voir le fond d'un puits")
Cette eau chargée en fer parait de façon habituelle un peu trouble avec de faibles irisations en surface, et on constate surtout des dépôts rougeâtres sur les parois. (voir photo des barbacanes § 8)

Que faire si un puits ne donne pas assez ? Il faut simplement rendre moyens des débits de pointe en stockant une eau pompée à petit débit de façon continue. (Ce fonctionnement n'est pas le plus utilisé et il répond mal à la demande. Il a peut-être l'avantage de l'économie électrique du pompage ? A voir !)

Un autre procédé souvent utilisé en AEP est le pompage avec bâche tampon. Dans ce cas on pompe à un débit "moyen" pour remplir une bâche tampon (souvent co-remplie également par d'autres puits) puis on arrête le pompage des puits, le temps que les pompes de surface aient envoyé assez d'eau vers les réservoirs. Le cycle se reproduit souvent à des périodicités de 15 à 60 minutes suivant les capacités de pompage et les volumes de bâches.

12 La protection physique d'un puitsPORTAIL

La première des opérations à réaliser est d'assurer la protection vis à vis des personnes, des enfants et des animaux. En effet pour les enfants, il n'y a pas besoin de dessin, mais un peu plus pour les animaux.
Il peut arriver qu'un petit animal tombe accidentellement, et naturellement outre la mort de cette bête, cela va entraîner une pollution pour le puits lui-même, mais malheureusement aussi pour toute la zone, jusqu'à ce que le filtre naturel ait eu le temps de faire son action.

Ceci illustre comment peut se propager de façon insidieuse une pollution. Combien de "bêtes crevées" sont passées dans les rivières ou les puits. Je les ai vues dans des temps anciens !

Si pomper de l'eau fait baisser le niveau d'un puits, la nature ayant horreur du vide, de l'air va être aspiré pour combler le vide créé. Il y a donc, et il doit toujours y avoir un évent, chargé d'admettre de l'air (et de le refouler lorsque le niveau remonte). Cet évent doit être grillagé, type grillage à moustique pour qu'aucun insecte ne puisse y pénétrer. Le plus souvent, les grillages d'origine sont toujours totalement "foutus" car rongés par la rouille. Il faut du grillage inox ou laiton !

Il faut donc protéger tout accès à une ressource dBASSEVILLER1'eau, aussi bien pour soi que pour les autres.
Il est aussi impératif d'éloigner l'utilisation, du lieu même du puisage.

En Afrique où chaque point d'eau est d'une importance capitale, ces simples précautions éviteraient bien des contaminations stupides. Le prix en serait un simple tuyau PVC !

Un puits doit être couvert, c'est une nécessité. Même si par les temps passés, nous n'étions pas si rigoureux, et que je sais parfaitement que tous les puits des villages étaient à l'air libre.

Ne pas oublier non plus en zone inondable le merlon de terre chargé de protéger des infiltrations directes, en cas de crues, des puits et forages d'essais (qui sont souvent conservés comme piezomètres).
Tous ces éléments sont de simples précautions faciles à réaliser.

La photo du portail (Première photo en haut) montre ce qu'il ne faut pas faire, c'est à dire laisser un passage pour la promenade. C'est la zone de captage d'une grande ville ! On aperçoit même au loin "le Monsieur" qui va promener son chien...((Périmètre immédiat) voir la flèche).
Pas même seulement une pancarte d'accès interdit ! Je dénonce là le laxisme des services Territoriaux et d'Etat.

La deuxième photo toujours de portail (photo avec le sapin) montrBASSEVILLER2e que finalement il est encore plus simple de laisser la porte ouverte... mais on s'en fout après tout on a la concessions pour X années. Mais je peux être amené à boire de cette eau et je ne suis pas d'accord. Il y en a d'autres...croyez moi !
Là les "raves sont à mettre dans le panier" des fermiers (de l'eau). Il fallait préciser car en pays agricole, il pourrait y avoir méprise !
Et ce n'est pas après les Agents que le principal reproche est à faire,  mais uniquement à l'absence de temps consacré pour réaliser les tâches de vérification et d'entretien.
Personnellement je n'oserais pas mettre ma marque de fabrique pour des prestations si peu fiables.

Toujours sur le même site (photo du bas, toujours avec des sapins), et je ne comptais pas trouver la porte ouverte, mais je n'ai pas pu résister à l'envie de prendre la photo. Là c'est l'absence totale de merlon de terre argileuse au pied du puits, (qui est strictement en zone inondable).
Et puis finalement en regardant bien, et pour couronner le tout, je constate que le périmètre immédiat n'est pas même grillagé. Il y a juste les barbelés pour que les vaches et les chevaux ne viennent pas à côté du puits...
Que penser des précautions prises face à l'intense circulation qui passe en tête de nappe et aux risques d'accidents de camions citernes ?

Je pense qu'il est tout de même temps de réagir pour les uns ET pour les autres, avant qu'il n'y ait des problèmes... Merci d'avance pour votre diligence.

13 Les forages destinés à la géothermie

Je ne connais pas très bien ce sujet, mais je crois que les principes généraux doivent s'appliquer. Pour tous les forages qui puisent dans un aquifère, il semble aujourd'hui admis qu'il y a toujours réinjection dans l'aquifère par un deuxième point. (Les systèmes à eau perdue sont à priori de moins en moins fréquents)
Il est donc important que l'eau réinjectée ne soit pas souillée.

Pour les systèmes faisant appel à des fluides caloporteurs spéciaux, l'étanchéité des réseaux doit être particulièrement surveillée. Qu'il y ait ou non exploitation d'un aquifère, il est important qu'il n'y ait aucune fuite qui puisse contaminer une ressource d'eau potable même éloignée.

En ce domaine où la température de l'eau peut parfois être élevée, il y a naturellement des réactions chimiques plus intenses et cela se traduit souvent par de la corrosion et des fuites...

Une petite protection existe cependant pour les forages profonds, par le fait qu'il y a nécessairement une autorisation et donc un dossier qui permet au moins une première vérification.

14 Conclusions

Des éléments majeurs ont été exposées et le seul conseil est de dire qu'il faut protéger l'eau, et l'eau potable en particulier.
Je ne recommanderai jamais d'utiliser l'eau de son puits en boisson, pour les raisons que j'ai exposées dans les autres chapitres. En effet vous êtes à la merci des autres, et des pollutions insidieuses sont toujours possibles. (HAP, COV, produits phytosanitaires, produits chimiques…etc ). Les ignorer peut être dangereux pour la santé.
Le réseau public est le siège de précautions et surtout d'analyses que vous ne pouvez en général pas vous payer vous-même, tant le coût en est élevé.
Il représente, et bien que je critique parfois, le meilleur compromis de prix et de sécurité.
Cela ne me gêne absolument pas de dire qu'il y a cependant des progrès à faire POUR TOUS.

Puisez sereinement et en sécurité…pour tous.

Ne manquez pas non plus de visiter l'excellent site http://eauxpotables.canalblog.com qui traite de façon très pointue, tout ce qui concerne la distribution de l'eau potable.

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