LOKISTAGNEPAS (eau potable AEP)

Des sujets inédits et précis en eau potable pour la qualité de l'eau ainsi que des innovations dans le vieux métier de la fontainerie,réducteurs de pression,anti-retour,clapets,responsabilités, marnage.

16 septembre 2007

Les Poteaux d'Incendie (PI)

Les Poteaux d'Incendie (PI)FEU1

1 La Défense Incendie (DI)
1.1 Nécessité
1.2 Notions Public/privé
1.3 Responsabilités domaine public
1.4 Domaine Privé et assurances
2 Moyens utilisables
2.1 Performances demandées (en réseaux)
2.2 Le Poteau ou la bouche d'incendie
2.3 Les diamètres (de PI)
2.4 Emplacement PI (ou bouche)
2.5 Les risques du maniement pour les personnels d'Incendie
2.6 La localisation / Numérotation
2.7 L'historique des performances
2.8 Le gel
3 Les relations avec les services des eaux
3.1 Les vérifications annuelles
3.2 Les obligations de bienséance
3.3 Les conséquences sanitaires
3.4 Les risques pour les réseaux
3.5 L'aspiration sur un réseau
3.6 Clapet ?
3.7 Le vol d'eau aux PI
4 Maintenance des PI
5 Conclusions

Si vous arrivez directement sur cette page par un moteur de recherche, vous pouvez avoir accès à la table des matières et à chaque article, en page d'accueil.    L'accès se fait par l'un des deux liens en tête de colonne de droite ----->


Préambule

Je crois qu'il était important de rappeler un certain nombre d'éléments spécifiques aux poteaux d'incendie.
L'exposé ci-après donne les grandes lignes qui serviront je pense aux élus locaux, mais aussi aux responsables des distributeurs d'eau, tout autant qu'aux jeunes pompiers qui doivent comprendre toutes les implications que représente l'ouverture et la fermeture d'un poteau d'incendie.
Je souhaite que ce soit un temps de réflexion pour que chacun puisse comprendre les conséquences attachées à un geste.
Je suis tout à fait conscient de représenter un point de vue particulier, qui est celui du distributeur d'eau, mais je crois qu'il est présenté de façon honnête et qu'il peut être compris par tous les acteurs au bénéfice de tous.


1 La Défense Incendie (DI)

Cet article concerne la défense incendie en France seulement. La partie législative peut différer suivant les pays, mais la partie technique a le mérite d'être d'être assez stable.

1.1 Nécessité

La lutte contre le feu existe depuis des siècles, voire des millénaires. La solidarité joue un rôle important dans cette action, car l'élément primordial est de sauver ce qui peut l'être, avec en premier lieu :

- Hommes et animaux, puis les biens (s'il n'y a pas d'autres risques majeurs).
- En deuxième lieu vient la non propagation d'un incendie à d'autres habitations ou sites industriels.
Tout ceci sans parler des conséquences écologiques sous-jacentes.
Une fois toutes ces considérations traitées, un incendie peut continuer sous surveillance lorsqu'il n'y a plus rien à faire, car il peut être parfois mieux de laisser brûler ce qui est déjà détruit à 90%, pour éviter des pollutions supplémentaires.

La Défense Incendie d'une façon générale, est donc la responsabilité du Maire d'une commune. Celui-ci est appuyé par le Service d'incendie et de secours, mais il garde l'obligation de maintien en état des moyens de défense spécifiques attachés à sa commune. (bâches statiques, points d'eau, piscines, réseau d'eau potable, parfois pompiers volontaires communaux etc…). Le contrôle du bon état de ces éléments doit être réalisé tous les ans.

Les SDIS (Services Départementaux d'Incendie et de Secours) sont bien entendu aptes en moyens techniques et humains pour intervenir sur ce très vieux fléau qu'est un incendie.

1.2 Notions Public/privé

La défense incendie publique fait partie des obligations des responsables communaux à l'égard des personnes et des biens privés. Il y a lieu de reprendre un terme précédemment employé, la solidarité qui est le terme le plus adapté, car cette solidarité va s'exercer du public vers le particulier ou l'entreprise.

Cette solidarité n'est pas identique lorsqu'il s'agit d'une personne ou famille isolée comparativement à une entreprise de taille moyenne, car les moyens financiers possédés sont évidemment hors de proportions.
Les préfets peuvent ainsi  imposer, sur recommandation des services d'incendie et de secours, des dispositions particulières pour les grandes entreprises ou les entreprises "à risques".
(Certaines grandes entreprises ont leur propre service d'incendie et de secours)

1.3 Responsabilités domaine public

Pour le particulier, c'est sans ambiguïté la solidarité publique, qui va jouer à plein. Il n'est en effet pas envisageable qu'il y ait un PI par habitation, et ce ne peut être qu'un équipement public. Cette solidarité est le fruit des impôts, tout comme la défense nationale !

Le Maire est civilement responsable de dégâts aggravés suite à un manque d'eau (prévisible) par exemple. Il est également responsable des moyens implantés en fixe sur sa commune (PI, ou bâches). Les Assurances, peuvent se retourner vers le responsable communal qui peut être sanctionné, s'il a manqué à ses devoirs et obligations. Cela peut aller jusqu'au titre individuel, mais le plus souvent c'est au niveau de la commune. (Un conseil municipal peut parfois empêcher son maire de répondre à ses obligations…).

Les réseaux d'eau potable sont habituellement utilisés soit comme premier moyen de lutte contre l'incendie, soit comme appoint. Ceci est une évidence, car l'eau potable est, à quelques exceptions près présente partout. Cette vocation détournée de l'eau potable amène quand-même quelques problèmes, car les mises en oeuvre sont diamétralement opposés entre potabilité et défense incendie.

Dans les ressources d'eau pour l'incendie, il ne faut pas oublier de mentionner les rivères, ruisseaux, canaux, piscines, avec pour ces premières, un certain dédain, car l'eau est souvent chargée de particules qui attaquent durement les pompes des camions tonne ou des motopompes.

1.4 Domaine Privé et assurances

Dans le cas d'une entreprise, viennent se greffer d'autres considérations, qui sont le risque face aux personnes (employés), au voisinage, à la sensibilité par rapport à la pollution, aux risques d'explosions etc…

Les préfets sont dans ces cas, qui ne sont pas si rares, aptes à prendre des arrêtés motivant les risques et obliger ainsi à des dispositions particulières.
Dans ces dispositions particulières on peut citer des poteaux incendie complémentaires dans l'enceinte privée, (quand les performances réseaux le permettent) ou des bâches de volume déterminé en fonction du risque particulier.

On peut citer aussi des dispositions particulières dans la construction (avec des murs coupe feu séparant deux entités industrielles, des portes spéciales, réseaux RIA*, sprinkler etc…)

A noter dans ce chapitre qu'un équipement issu d'un réseau d'eau public installé dans une enceinte privée, doit obligatoirement être équipé d'un compteur (adapté au débit). Ceci signifie que l'eau publique de ce poteau d'incendie privé sera payée par le responsable de l'entreprise quelqu'en soit l'usage (incendie ou autre).
Il est en effet illégal qu'un équipement privé soit raccordé sans compteur à un réseau public ! Cet équipement ne devra de plus pas assurer de retour d'eau sur le réseau public.

Au niveau assurances, les experts peuvent imposer des dispositifs complémentaires, qui, s'ils ne sont pas mis en œuvre, peuvent conduire à des surprimes souvent très lourdes.

2 Moyens utilisables

Dans les moyens, il y a tous ceux qui ont été cités ci-dessus, mais on ne parlera ici que des moyens issus des réseaux d'eau potable, puisque c'est le sujet de l'article, et principalement des poteaux d'incendie.

Il y les RIA* qui sont des réseaux internes aux bâtiments, qui sont en charge, et qui permettent de débuter la défense avec des moyens réduits mais présents localement et prêts à l'emploi (RIA* Réseau Incendie Armé).
*(Le réseau est "Armé" car il est prêt à la lutte. Ceci est à opposer aux "colonnes sèches" qui ne sont pas en eau à cause du gel principalement, mais qui peuvent être mises en eau rapidement en cas d'incendie).

2.1 Performances demandées (en réseaux)

Pour des habitations standard et dans des communes sans particularités, il faut un PI à moins de 200 mètres d'une habitation.
Ce PI devra pouvoir fournir 60 M3/H durant 2 heures. Ceci représente la règle de base (minimaliste) de la défense incendie en milieu communal et urbain.

Suivant des particularités, les SDIS peuvent préconiser d'autres règles plus contraignantes, notamment vers les ERP (Établissements Recevant du Public), les supermarchés et les hypermarchés, où la double défense (120 M3/H durant 2 heures).
Sans parler des bâches auxiliaires qui peuvent être demandées, le nombre de poteaux peut cette fois être augmenté de façon significative. (Par exemple, un à chaque angle de bâtiment)

2.2 Le Poteau ou la bouche d'incendieTOTBAYA

SMHMAVKTOT

Voici un échantillon de différentes marques. A remarquer une bouche d'incendie rouge.

(liens : clicker sur les photos)

Par définition, le POTEAU ressemble à un "poteau" qui sort du sol sur une hauteur de 700 à 800 mm équipé ou non d'un coffre.
Ces PI sont toujours alimentés et prêts à entrer en action sur ouverture de la vanne associée au PI.

Par opposition, La BOUCHE d'incendie est au niveau du sol, dans un petit regard faisant partie de la tête de raccordement et de la commande de vanne. L'alignement avec le sol prend cette fois une acuité accrue à cause des accidents avec les piétons.

On parle parfois "d' Hydrants", mais c'est la même chose ou presque car un hydrant regroupe sous ce terme tout ce qui apporte de l'eau depuis un réseau public sous terrain (TOTPAMPI ou Bouche).

Le choix est parfois une question esthétique, mais aussi une "habitude". Il peut répondre à un problème de place sur le domaine public (PARIS et grandes villes).
A cela il faut ajouter la mauvaise image des bouches ou bornes, qui sont effectivement peu visibles, et la nuit par exemple, en campagne, il peut s'avérer difficile de localiser le point d'eau, d'autant qu'au sol la peinture rouge n'existe pas (ou pas longtemps), et qu'un rappel vertical devrait compléter l'équipement !

En première constatation, il faut tout de même dire qu'il est plus "rassurant" de voir un PI, que de chercher la bouche…(Il faut avoir cherché un élément dans le sol en pleine nuit et en pleine campagne pour comprendre les difficultés…)

En ce qui concerne le poteau d'incendie, celui-ci peut être équipé ou non d'un coffre ou d'une coiffe. Là il s'agit de discussions qui n'ont pas trop d'intérêt dans l'article. Je citerai seulement qu'un poteau nu est en théorie plus rapidement en service. (À vérifier cependant suivant le nombre de lances connectées)

Un PI n'est pas inusable, et il a été conçu en général pour 5000 manœuvres seulement (à vérifier). Les modèles actuels ont fait de gros progrès notamment avec des sièges de vanne rapportés qui évitent l'échange complet en cas d'usure.

2.3 Les diamètres (de PI)

Le diamètre d'un PI n'est pas un élément vital dans les performances espérées, car ce sont les canalisations d'amenée de l'eau qui vont principalement donner les performances. (Un PI s'adapte assez bien à des vitesses élevées).
Cependant il y lieu de moduler ces propos par un aspect pratique certain : Les SDIS n'ont plus de matériel de raccordement pour les vieux modèles !
Dans la majorité des cas, en défense incendie publique, pour des pressions "normales", il faut abandonner l'idée de PI de diamètre inférieur à 100 mm. (Ces poteaux doivent pour des questions de débit/pression être alimentés au moins par des tuyaux de DN100). Il reste donc 2 modèles le DN100 ou DN150.
Seuls les calculs, (et pour une heure de consommation moyenne du réseau) permettront de déterminer les sections des tuyaux permettant d'alimenter correctement un PI.

Les diamètres de sortie d'un PI de 100 sont :     2x65 et 1x100 mm.
Les diamètres de sortie d'un PI de 150 sont :     2x100 et 1x65 mm

2.4 Emplacement PI (ou bouche)

Ainsi qu'on l'a déjà signalé, une habitation doit être à moins de 200 mètres d'un PI. Ceci sous-entend que l'on doit trouver un PI tous les 400 mètres.
Les distances ne sont pas mesurées à vol d'oiseau, mais par les chemins carrossables. (Par carrossable, il faut comprendre que les chariots de tuyaux des pompiers doivent pouvoir rouler facilement sur le revêtement.

Pour une entreprise ou un hangar agricole, on considérera toujours 200 mètres jusqu'au point le plus éloigné d'un bâtiment. Cette considération entraîne souvent des poteaux internes à l'entreprise.
Un poteau d'incendie ne doit pas être trop près d'un bâtiment à défendre, car il risquerait de ne pas être accessible ou de pouvoir recevoir des éléments qui se détachent et de devenir cette fois inaccessible en fermeture.

A noter que de façon indissociable il doit y avoir, à un mètre au moins, une vanne d'arrêt du PI (vanne enterrée sous BAC). Ceci permet d'intervenir sur la commande en cas de problème et de ne pas buter dans le PI lui-même ou le coffre avec la clé de barrage et d'accéder à côté d'un "geyser".
Cette vanne a peut-être deux "propriétaires", car par raison d'économie, la seule vanne est en situation juridique instable, puisqu'elle appartient au Syndicat ou à la Commune qui gère l'eau potable, ET non au matériel d'incendie spécifique de la commune.

Il faut également considérer le côté d'une route ou d'une rue, car il n'est pas possible de faire traverser simplement les tuyaux, sans les protéger, pour trois raisons majeures.

   - Risque de déséquilibrer un pompier en action à l'autre bout du tuyau.
   - Certaines pièces des véhicules peuvent déchirer les tuyaux souples.
   - Le fait d'écraser un tuyau, peut détruire instantanément un dispositif de pompage par surpression, avec éclatement du corps de pompe.

Il faut alors dans ce cas mettre des tremplins de protection pour éviter ces phénomènes.
Traverser une voie à grande circulation est donc un véritable problème qui va modifier sensiblement la répartition des PI par rapport aux 200 mètres.
Les SDIS donnent les consignes en ce sens aux maires lors des rencontres.

PIBAYPIEnfin les PI sont souvent la cible des conducteurs peu scrupuleux ou un peu éméchés, et leur emplacement aux intersections posent souvent des problèmes. Des modèles "CHOC" ont été mis au point pour éviter un "geyser" !
Rien ne remplace à mon humble avis les blocs de rochers qui évitent ces casses stupides.
Attention cependant à un PI "simplement bousculé" qui ne pourra plus remplir sa mission sur un incendie. Des progrès ont été réalisés en ce sens par certaines marques, et seul un petit écoulement peut témoigner de la casse.

2.5 Les risques du maniement pour les personnels d'Incendie

Vous n'avez pas manqué de remarquer le poids important d'un gros tuyau de pompier rempli (1litre=1 kilogramme). Cela n'est rien face aux forces en jeu lorsqu'un tuyau est en pression.
En bout de tuyau souple, une variation accidentelle de pression peut déséquilibrer un pompier sur une corniche, cela d'autant plus qu'il y a des variations brutales dans la pression, induites par d'autres lances.
C'est la principale raison pour laquelle les pompiers demandent souvent deux PI au lieu d'un, car les variations de pression sont beaucoup plus facilement absorbées (amorties) par le réseau, que sur une division (triplette) de raccordement de pompier.

Les variations brutales de pression sont en général le fait des pompiers eux-mêmes, par le biais des vannes à boisseau de lance.
Avec plusieurs PI, ces phénomènes sont beaucoup moins marqués, car le réseau amortit largement ces variations et protège ainsi bien mieux les pompiers en action.

2.6 La localisation / Numérotation

Ce point concerne à la fois la commune, le Distributeur d'eau et les pompiers. Une bonne gestion commence toujours par un recensement précis, et donc une numérotation des PI. Le numéro est seul capable de lever toute ambiguïté sur l'identification d'un PI.

Le repérage avec des chiffres est pratiquement obligé pour des questions de place disponible. Tout autre procédé conduirait à un nombre de caractères trop important en considération de la surface inscriptible possible.

Les petits GPS de randonnée donnent des résultats suffisants (environ 5 à 8 mètres au mieux) pour la localisation, et les grands centres SDIS ont déjà entrepris cette opération de repérage (avec des moyens plus conséquents). Cela est utile la nuit, et lève tout voile d'incertitude sur un PI. Cela permet en outre d'avoir sur les plans communaux en DAO, une "couche incendie" et de tirer uniquement les plans correspondants.

Cette localisation est un élément tout aussi important pour le service des Eaux, car tout PI est un point réseau d'accès public qui permet de déterminer les éventuels problèmes spécifiques au réseau.
Un PI évite de déranger un abonné (pour mesurer la pression par exemple).

Une façon originale et pratique pour marquer les PI est de le réaliser avec une bombe de peinture et des étiquettes PVC autocollantes souples prédécoupées. En effet suivant la couleur à recouvrir (rouge, couleur métal, jaune etc...) il est nécessaire de pouvoir mettre n'importe quelle couleur de chiffres.
Il faut aussi prendre en compte le relief d'un poteau, et ce n'est pas toujours simple de trouver une surface plane sur un poteau...

Le mieux est donc d'utiliser la partie négative des lettres découpées pour servir de cache. Une bombe de peinture de la couleur désirée fait alors le travail. A remarquer que le cache étant autocollant, il n'y a que très peu de bavures par capillarité, et les chiffres sont quasiment parfaits.

Prendre le chiffre en positif reste aléatoire pour la durée dans le temps de l'inscription. (décollage)

2.7 L'historique des performances

Les performances sont légalement contrôlées annuellement (en général). Comme un réseau public d'eau potable est renouvelé en permanence, il peut y avoir des modifications de performances, vers le haut (de préférence) ou parfois inattendues à la baisse.
Le suivi de 3 dernières valeurs de mesures est important, et permet de comprendre les conséquences des éventuelles modifications intervenues.

Il n'est pas rare d'avoir à gérer plusieurs centaines ou milliers de PI. Il est évident que l'informatique est parfaitement adaptée à cette gestion des performances, non par le biais de tableurs, mais plutôt par des systèmes de bases de données relationnelles.

2.8 Le gel

Les PI sont appelés parfois des "INCONGELABLES". Ce terme existe encore, mais pratiquement tous les PI sont incongelables (Dans le Nord de la France). Il ne faut surtout pas conclure pour d'autres régions du globe !
Le gel peut faire éclater un PI non vidangé, et des dispositifs en pied de poteau, vidangent automatiquement la colonne d'eau du PI. Cette vidange est soit automatique, attachée à la vanne de fermeture, soit dépendante parfois de la fermeture d'un coffre de protection.

Il faut donc faire attention à la bonne fermeture des capots (coffre)!
(Se rappeler qu'un PI gelé n'est plus opérationnel)

3 Les relations avec les services des eaux

3.1 Les vérifications annuelles

La loi oblige les communes à une vérification annuelle des moyens de défense incendie. Tous les PI sont donc normalement essayés. Les textes évoluent largement et les pompiers ne feront bientôt plus cette vérification de façon gratuite, mais seulement sur demande, et moyennant finance.
Cette vérification annuelle ne concerne pas seulement la dynamique de l'eau, mais l'état général d'un PI.

La présence des bouchons, du coffre, la dureté de la manœuvre, la non vidange éventuelle etc…
Les paragraphes suivants vont expliquer les raisons pour lesquelles les pompiers ne doivent jamais être seuls lors de ces opérations.

Ces vérifications annuelles se font avec un débitmètre, qui n'est autre qu'un compteur de gros calibre, associé avec une mesure de temps. Une vanne située en sortie du débitmètre permet soit de régler la pression amont à 1 bar, soit de contrôler 60 M3/h à une pression > = à 1bar, comme le prévoit la législation.
Attention à la position obligatoire du débimètre sur le poteau d'incendie, pour éviter les accidents. (Suivant la pression, le débitmètre peut prendre de "l'altitude"...et se comporter comme une massue. Même les plus avertis se font parfois "avoir" ...!)

Ce compteur spécial est normalement pourvu d'un stabilisateur d'écoulement intégré, qui évite les mesures erronées à cause des turbulences dues à l'absence de longueur droite en amont.

3.2 Les obligations de bienséance

Un PI est un équipement toujours litigieux. Il est payé par une commune, posé sous le contrôle du service des Eaux et utilisé par les Pompiers (et le service des Eaux). Le PI est aussi un élément technique ayant de fortes contraintes physiques, puisque celles-ci peuvent atteindre plusieurs centaines de tonnes lors des opérations de fermetures.
La manœuvre ne doit pas se réaliser de façon "sauvage", mais de façon LENTE et progressive et cela essentiellement lors de la fermeture.

Comme on pourrait conclure, à chacun son métier. Ainsi, toute opération d'ouverture fermeture d'un PI doit être signalée par les pompiers au service des Eaux, car il y a de nombreuses conséquences qui peuvent aller jusqu'à rendre impropre à la consommation humaine, l'eau du réseau d'eau POTABLE.

A ce niveau on comprend bien que les intérêts divergent largement, et que dans un esprit de solidarité envers la population, il y a lieu aussi d'y avoir solidarité entre Pompiers et distributeur d'Eau, dans le but commun.

Ce n'est pas toujours le cas, et c'est pour cette raison qu'il y a lieu d'informer plus complètement.
Cet accompagnement doit exister lors des vérifications demandées aux pompiers.

Si le service des Eaux effectue seul cette vérification, il est de bon ton qu'il donne ses mesures aux services d'incendie qui les stocke alors pour sa propre exploitation.

Lors d'incendies réels ou de manoeuvres, les pompiers doivent signaler aux agents de permanences des services d'Eau, leur intervention. Ce point n'est hélas pas souvent respecté et c'est dommage d'apprendre le lendemain par le journal local qu'une ferme a brûlé !

Il y a triple nécessité d'appel. La première pour préparer le pompage en conséquence d'une forte demande, et ne pas attendre qu'une cuve puisse éventuellement se vider. (60 M3/H sur 2 heures est un minimum). Il y a aussi parfois des possibilités complémentaires à mettre en œuvre, que seul le distributeur d'eau est en mesure de réaliser. (manoeuvres de vannes, arrêt ou mise en marche de pompes...)

La deuxième nécessité est d'ordre sanitaire.

Il faut aussi ajouter des conséquences sur la pérennité du réseau dans les heures et jours qui vont suivre un incendie, car des ruptures à retardement dues aux efforts se manifestent en général sous un délai d'une semaine.

3.3 Les conséquences sanitaires

Celles-ci sont évidentes, et tout le monde a déjà vu l'eau "jaune" après un incendie. La raison est que le réseau, au lieu de fonctionner en "vitesse de croisière", est soumis à un véritable choc, qui va décoller tout sur son passage. Le biofilm des conduites est mis en mouvement, les dépôts divers sont décollés des parois des tuyaux, les pastilles de rouille sont décollées et cet ensemble provoque une eau jaune.
Dans les bouclages, l'eau peut être amenée à changer de sens, ce qui décolle encore d'autant plus.
Cette eau devient impropre à la consommation pratiquement toujours. Le service des Eaux doit alors à titre préventif corriger cette action par une chloration complémentaire dès l'information donnée par les pompiers, et par des purges régulières pour évacuer ces impuretés décollées.

D'autre part, le fonctionnement à haut débit peut induire des manques d'eau dans certaines parties élevées du réseau. Le distributeur d'Eau doit pouvoir au moins, s'il ne peut corriger le problème, indiquer la raison. Tout manque d'eau non signalé est par essence même une source de pollution et un manquement du distributeur face à ses abonnés !

3.4 Les risques pour les réseaux

Le risque est essentiellement la rupture des canalisations (fonte grise par exemple ou PVC collé etc…), ou la casse d'éléments de fontainerie.
La cause de ces dégâts est souvent différée de quelques jours, par rapport à l'action d'incendie.

En premier élément, les vitesses élevées induisent des vibrations de "haute fréquence".

Le deuxième élément me semble encore beaucoup plus important, et il concerne cette fois la vitesse de fermeture d'un PI.

La meilleure image que je puisse donner est de dire à une personne d'arrêter une locomotive de 80 tonnes en tentant de la repousser avec une 2cv sur une distance de 10 mètres …!
Le rapport des forces est à peu près respecté, car derrière le PI il ne faut jamais oublier qu'il y a des masses d'eau souvent importantes, de plusieurs dizaines de tonnes, voire centaines.
Ces masses sont en mouvement, et lorsqu'il s'agit de les arrêter, la pression va monter d'autant plus rapidement que la vitesse de fermeture est élevée.

Ce point est à rappeler sans cesse car les PI ont fait de tels progrès dans la souplesse de manœuvre, que la tentation est forte d'aller vite en fermeture !

Je pense que c'est ce dernier point le plus dangereux pour les réseaux.
Il n'est pas extraordinaire de relever des débits de 280 M3/h sur PI de DN100 donc des vitesses très élevées.
On se rapellera en parallèle la formule 1/2mV², et on comprend par le terme V² que la vitesse est extrêmement importante
(Il est inutile de préciser que cela fait beaucoup d'eau et que la terre tremble autour du PI. On comprend mieux ainsi la nécessité de placer la vanne à au moins d'1 mètre du PI pour pouvoir intervenir au cas où !

3.5 L'aspiration sur un réseau

Ceci est le cas lorsque les pompiers attèlent une motopompe en direct sur un PI.
Cette aspiration se réalise surtout vers les réservoirs, et là où il y a des sections assez fortes mais pas assez de pression. Cette aspiration ne peut se réaliser qu'avec des tuyaux rigides en plastique annelé de métal, car autrement ce ne serait pas possible à cause de l'aspiration qui aplatirait un tuyau souple.

Le phénomène de vitesse va de nouveau se produire, et les joints des tuyaux à emboîtement pourraient se relâcher un peu avec éventuellement un peu d'aspiration d'eau du terrain, mais cela ne me semble pas trop risqué car les joints tiennent en principe à 1 bar environ à pression inverse.

En aspiration, les mêmes risques réseaux sont induits avec en plus un arrêt brutal de pompe qui peut sonner le glas des conduites fragiles.

3.6 Clapet ?

Un PI Public n'est jamais équipé d'un clapet. Ce n'est pas le cas d'un PI Privé qui devra à contrario en être équipé. Cela se comprend aisément sans faire de dessins.
Ce point est important car c'est une obligation légale. Ceci s'explique par la garantie de fonctionnement (un clapet bloqué par la rouille ça existe !) et aussi pour réduire la perte de charge au minimum.

3.7 Le vol d'eau aux PIPIMANOUDAN

- Ce manque de civisme et pourquoi ne pas le qualifier de plus, entraîne des désordres (sanitaires et techniques) du même type que ce que peuvent faire les personnes dûment habilitées.

- Parmi ces manquements, on trouve les entreprises de TP qui sont très nombreuses, et qui ne savent pas que les citernes mobiles existent ! …

- Ensuite, ce sont les gens du Voyage, qui eux aussi pensent qu'ils ont de fait droit à l'eau et qu'ils ont la liberté de la gaspiller comme c'est malheureusement toujours le cas.

- Viennent ensuite par ordre de priorité les entreprises d'assainissement qui n'ont absolument aucun droit particulier pour accéder à l'eau potable pour curer les égouts….

- On trouve les entreprises de nettoyage urbain qui se considèrent comme travaillant pour une commune, et donc ayant droit à l'eau.

- Il y a les Communes qui ont délégué l'eau potable à un Syndicat (et qui n'ont aucun droit de fait, puisqu'il ne peut y avoir deux commandements pour une même mission). Mais il faut bien arroser les fleurs ! certes !
Les services d'eau n'ont pas cette mission ! Il faut un compteur et il faut payer ou aller à la rivière la plus proche ce qui est encore plus citoyen.

- Il y a enfin quelques particuliers qui possèdent des piscines et qui parfois ne manquent pas de faire le plein gratuitement. (j'ai vu pire !)

Pour réduire ces vols, et tous les désagréments associés, il est nécessaire qu'il y ait des branchements de section importante dans chaque commune. En effet c'est uniquement le temps de remplissage qui dirige les entreprises vers les PI.
Pour les gens du voyage, il faut mettre des compteurs et exiger des cautions en argent liquide dans les mairies, (ce qui est illégal), mais qui peut fonctionner assez bien. Un gaspillage manifeste peut se traduire simplement par la fermeture de vanne sous BAC, qui bien entendu ne peut être manœuvrée que par le personnel du service d'eau. (il y a parfois échauffourées et des casses de représailles !)
Enfin, face à tous ces petits et gros "resquilleurs", il subsiste un point important qui est la protection des abonnés face à un risque de contamination, et c'est le plus important.

4 Maintenance des PI

Le sujet est vaste et délicat à traiter. Tout est entrain de bouger d'un point de vue des textes légaux.
Je précise de nouveau que ce sont les Communes qui doivent financer les PI en termes d'installation, mais aussi de vérifications / maintenance.
Les communes ayant délégué la responsabilité de l'eau sont en mesure de réaliser elles-même ou de sous-traiter seulement les opérations d'entretien courant (débroussaillage, peinture, bouchons à remettre, coffres à réparer etc...)

Les performances et autres vérifications hydrauliques ne peuvent être réalisées que par le distributeur d'eau, uniquement par le fait que la manœuvre de la seule vanne de pied de poteau n'est autorisée qu'au seul gestionnaire de l'eau, car c'est sa charge induite par délégation.
En tous cas, une entreprise prestataire de service ne peut s'octroyer que les tâches ne nécessitant aucune manœuvre de vanne. Il y aurait vraisemblablement délit, même avec l'accord d'une commune.
La jurisprudence dans ces cas demande à être examinée attentivement.

Pour ma part, je ne considère pas que l'opération de mesure de performances, de contrôle de la vidange, puisse se faire en l'absence du distributeur d'eau, car la potabilité peut en être affectée. La présence (facturée) du distributeur doit bien entendu être nécessaire. Alors à quoi bon payer deux fois !

Ci après un exemple de points à contrôler ou à renseigner dans une fiche individuelle PI :

Commune :
N° du PI :
Marque
Type
Modèle CHOC
Adresse
PI Physiquement existant
Nom du contrôleur
Date et heure du contrôle **

Etanchéité du PI fermé
Présence de tous les bouchons
Contrôle d’un bouchon avec clapet
Présence chaînettes des bouchons
Présence du numéro d’identification
Etat de la petite quincaillerie, serrure…
Végétation, arbres envahissants
Présence coffre complet
Etat du coffre
Aspect peinture
Présence d’un socle béton
Position verticale et latérale
Type de réseau d’alimentation
Manœuvres spéciales à effectuer 
Mécanisme de manœuvre
Pression statique
Etanchéité du PI ouvert sur bouchons
Vanne réseau ferme correctement
Pression Dynamique à 60M3/H
                  ou débit à 1 bar
Débit à gueule bée
Etanchéité vidange
Vidange PI fonctionne

** (Notez l'importance de l'heure du contrôle par rapport à l'activité normale du réseau)

5 ConclusionsPIPAMOLD2PIPAMOLD1

Ci contre quelques vieux modèles de PI qui fonctionnent encore, mais dont les jours sont comptés, car il n'y a plus de pièces détachées pour les remettre en état...

Les Services des Eaux facturent normalement la pose d'un PI qui est réalisée sous leur contrôle.
L'eau nécessaire à l'extinction d'un incendie est habituellement fournie gracieusement  par le distributeur d'eau à moins qu'un contrat d'affermage ne stipule d'autres règles. (Les services publics sont en général plus souples sur cette approche).

La manœuvre des PI reste du domaine exclusif du distributeur d'eau et des services des SDIS (en action de combat du feu ou en manœuvres).

Toute opération des SDIS nécessite une collaboration avec les distributeurs d'eau.

Cette affirmation se comprend aisément, en imageant le fait que votre voisin frappe à la porte ou sonne au moins, avant d'entrer chez vous. C'est une politesse élémentaire !

Un lendemain peut-être pas trop éloigné verra peut-être l'émergence de réseaux séparés pour la défense incendie et pour l'eau potable. Ceci se précisera peut être par le manque croissant de ressources d'eau potable de qualité.

Les grands thèmes relatifs à la défense incendie ont été abordés. Il subsiste le règlement de service, qui dans certains cas stipule une obligation au niveau défense incendie. Il faudrait simplement dévoyer cette obligation en simple possibilité, car la vocation eau potable est par l'esprit même incompatible avec la défense incendie !
On ne peut pas mettre le loup dans la bergerie. On ne peut pas concilier des objectifs diamétralement opposés. On peut simplement les rapprocher et faire en sorte de pouvoir travailler ensemble en bonne harmonie et complémentarité.

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Posté par lokistagnepas à 15:38 - EAU POTABLE - Commentaires [27] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

PI ou BI, un choix difficile

Pour des raisons bien fondées, vous préférez les poteaux aux bouches d'incendie. Or, l'expérience montre que la stagnation de l'eau dans les multiples bras morts des poteaux situés en-dehors de l'axe de la conduite constituent un facteur majeur dans la reviviscence bactérienne dans le réseau. Les bouches présentent l'avantage de pouvoir être installées à courte distance de la conduite de distribution dont l'axe peut être choisi de façon judicieuse pour assurer l'accès aux prises d'eau. Lors de la conception d'un réseau de distribution, la priorité principale doit être accordée au maintien de la qualité de l'eau distribuée, c. à d. le concevoir de façon à ce qu'aucune pollution ne puisse se produire. Dans cette logique, la défense contre l’incendie n’est qu’un objectif complémentaire des réseaux de distribution :
http://eauxpotables.canalblog.com/archives/2007/09/15/6022678.html Meilleures salutations.

Posté par colbach, 19 septembre 2007 à 11:15

PI /BI

Merci de votre commentaire que je partage sur l'aspect "eau potable d'abord" ("la vocation eau potable est par l'esprit même incompatible avec la DI"..."vocation détournée de l'eau potable"...)
En ce qui concerne les PI/BI je ne partage pas votre vision car on travaille très souvent en renouvellement de réseaux et la place sous domaine public est comptée, et les conduites preque toujours sous la route... mais je respecte votre avis différent dont le but est louable.
Meilleures salutations.

lokistagnepas

Posté par lokistagnepas, 19 septembre 2007 à 16:25

PI / BI

D'habitude, je conseille un rapport de pose PI/BI 1 à 2.
D'ailleurs, vos articles sont très instructifs et je vous en remercie. Je me permets de vous conseiller, pour une meilleure lisibilité de votre site, d'intégrer vos articles dans des fichiers PDF et de les annexer à une petite introduction sur la page principale du blog.
Salutations collégiales.

Posté par colbach, 20 septembre 2007 à 09:33

Réponse du 20 Sept 2007

Bonjour,
Merci de vos compliments et de vous intéresser à ma prose.
Je viens de suivre vos conseils concernant les PDF, et je suis déçu des résultats (images coupées), mais je vais laisser ainsi car ça le mérite d'exister sur un blog (voir bricolsec pour l'eau de pluie pour les WC)
Les résultats sont meilleurs directement en enregistrant au format HTML.
Je viens de mettre "un peu de vie" dans quelques pages d'accueil et de créer un petit lexique de terminologie AEP sur lokistagnepas avec des liens pour une recherche rapide.
Si vous voyez des erreurs merci d'avance.
Meilleures salutations.

Posté par lokistagnepas, 27 septembre 2007 à 11:43

poteua d'incendie

SVP vous pouvez m'envoye une fiche technique des poteaux d'incendie

Posté par louiza, 20 mai 2008 à 14:29

Re : PI

Je n'ai malheureusement plus cela sous la main. Vous pouvez cependant consulter les principaux fabricants de PI dont les plus importants sont
BAYARD, PONT à MOUSSON, SMHM...etc
Les normes sont très nombreuses et vont de la couleur RAL à l'implantation sur la voie publique...
A ce sujet les pompiers sont normalement bien documentés également.
Désolé de ne pouvoir mieux répondre à votre demande. Meilleures salutations.
lokistagnepas

Posté par lokistagnepas, 20 mai 2008 à 16:16

Poteau d'incendie

Bonjour,

Je suis Sapeur Pompier dans une commune de moins de 2000 habitants, égallement je fait partie de la commissions de sécurité de celle-ci.
pourriez-vous m'informer sur la règlementation de pose d'un poteau d'incendie, et quelle est le périmètre de sécurité à respecter de part et d'autre de celui-ci.
Un exemple, dans une petite ruelle, à droite du poteau et distance d'un mètre, y est tracé un emplacement de parking pour une voiture, est-ce légal?, ou faut-il respecter une distance plus importante?
En attende d'une réponse, je vous remercie d'avance avec mes sincères salutations

Posté par Manfred, 08 septembre 2008 à 21:00

Emplacement PI Manfred

Bonjour Manfred,

Je ne suis pas spécialiste de la défense incendie par l'aspect législation mais plus orienté pratique et naturellement eau potable.
Pour la législation pure, voir les SDIS de votre département où il y a des capitaines, voire des commandants qui sont bien au fait des ces normes.
Ces normes (ENxxxx) sont très nombreuses et caractérisent à la fois le dispositif lui-même et son environnement.

Pour ma part et sans préjuger de ce que disent les normes, je peux vous indiquer quelques éléments à la fois règlementaires et de bon sens.

Un poteau à moins de 200 mètres de tout élément à défendre, et pour les usines ou emplacements agricoles, considérer le point le plus éloigné d'un bâtiment. Ceci par les voies CARROSSABLES (cela suppose aucune obstruction possible, il faut donc examiner les possibilités de mauvais stationnement en parking…)
Je crois que le code de la route précise différentes interdictions de stationnement de caractère dangereux et en particulier DEVANT un PI.
Dans votre cas précis, il y a lieu peut-être de voir à faire modifier l'emplacement de stationnement (voir ci-après "rayons de courbure"). Prévoir également le stationnement très aléatoire des véhicules, relativement aux gabarits tracés.

Il y a des règles précises je crois quand aux périmètres, mais le plus souvent il y a lieu de composer avec le réseau existant, le côté d'une route passante et le coût. Cet ensemble fait que les différents acteurs se mettent d'accord sur un emplacement !

Pour un emplacement en parking ou à proximité, et outre ce qui a déjà été dit, il faut considérer les rayons de courbure des tuyaux souples, de façon à ce qu'il n'y ait pas de plis d'angle, aussi bien sur la sortie de face, que sur les sorties latérales.
Il faut aussi considérer qu'il est parfois nécessaire d'implanter une motopompe à côté d'un PI ou le camion tonne et que dans ce cas les longueurs de TUYAUX RIGIDES (aspiration) sont obligatoirement limitées (moins de 20 mètres en général).

Il y a lieu de faire attention aussi à un point important qui est la position du PI relativement à un bien à défendre. Le PI ne doit pas être trop près, car il pourrait devenir dangereux d'accéder à la manœuvre d'ouverture/fermeture, voire de chute de débris qui pourraient endommager les tuyaux.

La pose du PI devra être telle que la vidange pourra se réaliser de façon correcte, et que les racines des ARBRES proches ne viendront pas perturber son fonctionnement. (PI toujours accessibles même en cas de gel)

La végétation attenante doit permettre un accès aisé, permettant les raccordements mais aussi les ouvertures normales des capots (s'il y en a).

Une vanne (commune ou distributeur -et en général distributeur seulement-) doit être située à PLUS d'un mètre du poteau lui-même. Ceci est prévu pour pouvoir arrêter rapidement en cas de défaut de la vanne du PI, sans buter sur le PI lui-même avec la clef de barrage. Cette vanne (sous BAC) doit toujours rester accessible.

Je citerai simplement qu'un PI situé en plein dans un tournant d'une route fréquentée, est voué a être cassé rapidement. Dans cette optique, tout incident sur un PI implique une indisponibilité pénalisante pour les Sapeurs, (mais aussi un coût pour la commune). Dans ce cas la mission des Sapeurs est rendue plus difficile, mais ils doivent s'adapter !

Au niveau des véhicules et des parkings, il y a toujours danger de "bousculer" un PI et de le rendre inopérant (visible ou non). Les risques sont élevés, et des barrières de protection sont impératives.
Je donne là un avis personnel en disant que les rochers représentent la meilleure protection, contre les véhicules (entretien nul), mais attention aux rayons des tuyaux.

En résumé, je serais tenté de répondre par "du bon sens avant tout". Dans la réalité il s'agit toujours d'un consensus entre les partenaires impliqués, qui sont le gestionnaire d'eau potable, le Syndicat ou la Commune responsable, la DDE (secteurs accidentogènes), et bien entendu votre entité des SAPEURS POMPIERS.

Enfin un dernier chapitre qu'il est bon de rappeler concerne les ASSURANCES qui ne manquent jamais d'attaquer le secteur public (Commune, Distributeur d'eau, Sapeur Pompiers, Département etc…) pour un non respect des normes, uniquement lorsqu'elles ne veulent pas payer un sinistre ! Naturellement ! Alors il vaut mieux dans cette optique que tout soit "CLEAN"

Dernier point : 60 M3/H durant 2 heures ! (C'est le réseau qui donne ces performances).

J'ai fait un petit tour d'horizon du sujet et j'espère avoir répondu au moins avec bon sens à votre demande.
Meilleures salutations.

Posté par lokistagnepas, 09 septembre 2008 à 14:22

renouvellement

Bonjour,

je travail actuellement à Nantes sur un programme de renouvellement pluriannuel de PI et je voulais connaitre un peu ce qui se faisait ailleurs dans les autres villes de France; Si des études similaires étaient en cours ou bien prévu ou même déjà commencées?! ou bien si les PI sont renouvellés juste si les pièces ne sont plus disponnibles?
De plus quelle est pour vous la durée maximal de vie d'un poteau incendie?
merci d'avance pour vos réponses

Posté par Nico, 15 octobre 2008 à 16:45

Re ...nouvellement

Bonjour,
Merci de visiter ce blog. Ce que je peux vous donner comme informations...

Les poteaux d'incendie n'ont pas à proprement parler une durée de vie en années, mais en nombre de manoeuvres (j'ai oublié la valeur mais je crois que c'est 150 ou 1500, en tous les cas un très petit nombre) .
Cependant cela reste théorique, car les vieux poteaux avec siège de clapet usiné dans la masse de fonte ont souvent des problèmes d'étanchéité à cause de la corrosion.
Le mieux est naturellement le siège amovible posé sur joint torique. Je ne citerai pas les marques !

Un programme de renouvellement devrait à mon sens procéder suivant trois directions majeures qui sont :

- le remplacement systématique des poteaux anciens lors des travaux annuels d'adduction. Il faut dans ce cas préparer les maires de Communes à payer la facture. Dans les faits, une grande structure paye en général la pose, mais facture le PI à la commune comme le prévoit la législation.

- Remplacer les poteaux avant des travaux de voirie prévus. Cela évitera des quolibets justifiés.

- Voir les PI qui n'ont plus de pièces détachées et dont la position ne sera pas l'objet de travaux imminents. Ceci doit aussi être examiné parallèlement avec les risques d'incendie du lieu (écoles, industries dangereuses etc...)

Ces trois grandes directions permettent d'étaler les dépenses et de maintenir un niveau de qualité satisfaisant tout en préservant des dépenses souvent inutiles.

Il ne faut pas non plus négliger les PI dont l'âge, la position, la manoeuvre posent des problèmes. Pour cela il y a lieu d'exploiter les fiches d'essais annuels (voir l'article sur les PI.

En résumé il faut commencer par consulter les services du département pour les voiries, les Communes associées à la ville et seulement après consulter son propre service et l'éventuel programme pluriannuel de renouvellement des réseaux. Il faudra intégrer aussi les PI sans pièces détachées et près des sites sensibles.

A partir de tous ces éléments et des fiches d'essais, je pense que le programme se déclinera de façon simple en utilisant l'informatique avec Excel ou ACCESS pour "sortir" les poteaux à changer chaque année.
Si vous n'avez pas les poteaux sur informatique, il faudrait en passer là ! En passer par là aussi pour la numérotation, si ce n'est réalisé.

Le lien entre PI impactées par des travaux de voierie est plus délicat à mettre en oeuvre, car les appellations sont diamétralement opposées (Rue du Peuplier ou RD53 par exemple) Je serais tenté de préconiser la coloration des zones sur plan qui est plus simple.
Les points kilométriques (PK) ou la position GPS des PI sont aussi des voies à évaluer.
J'espère que cela vous aidera dans votre étude (stage peut-être ?)
L'informatisation du système est quasiment obligatoire, car vous avez certainement plusieurs milliers de PI...
Bon courage et meilleures salutations.
lokistagnepas

Posté par lokistagnepas, 15 octobre 2008 à 17:45

responsabilité de l'implantation d'un poteau à incendie

Bonjour,
vous serait-il possible de me confirmer que l'implantation des poteaux à incendie est bien sous la responsabilité (financière) des communes et non d'un particulier ? qu'ils doivent bien être implantés sur la voie publique et non chez un particulier ?

Posté par marsone, 19 novembre 2008 à 19:54

Re marsone

Bonjour,
Je préfère repréciser les termes...La défense incendie est de la responsabilité des Maires des Communes.
C'est donc le Maire qui paye le PI et son installation sur le budget communal. L'eau utilisée est délivrée (gratuitement en principe) par le distributeur en cas d'incendie.
L'emplacement physique est déterminé après une réunion tripartite Commune, Syndicat ou distributeur et SDIS. Il répond à des règles générales (voir l'article). Etant d'utilisation publique, il DOIT être sur le domaine public (mais il y a eu des petites erreurs de positionnement parfois...Il faut qu'ils restent toujours accessibles)

En aucun cas UN PARTICULIER (vous ou moi par ex) n'a à financer un PI.

Ce ne sera pas toujours le cas avec un établissement agricole ou industriel.
Dans ces cas et uniquement ces cas, les PI peuvent être implantés sur le domaine privé à la demande des SDIS. Etant privés ils devraient normalement être équipé d'un compteur et d'un clapet...Ils sont alors financés par l'industriel et l'eau n'est plus gratuite !
Voilà la réponse précise!
Meilleures salutations
lokistagnepas

Posté par lokistagnepas, 19 novembre 2008 à 22:30

que d'eau que d'eau

un agriculteur se voyant refuser un permis de construire a t il le droit de financer lui méme le P.I. avec 300 ml de canalisation ?
Ce P. I. pouvant servir a d'autres habitations comment calculer la participation de chacun ?
Bravo pour ce blog , j'ai pris plaisir a le consulter , simple et complet( enfin presque , sinon je n'aurais pas de question)

Posté par campagnardvert, 06 mai 2009 à 02:37

Re Campagnard vert

bonjour,
Merci des compliments. Un agriculteur peut en théorie financer les travaux, mais pas en avoir la maîtrise d'oeuvre. Il devrait à mon sens financer la commune.
Cependant je pense que c'est une mauvaise solution. Il y la PVR qui est faite pour cela et la commune devrait prendre la délib générale de ce principe.
Voir mon article sur investissement et maintenance N°31
Voir aussi article N°4 sur bricolsec ou N°5 sur lokistagnepas (c'est pareil).
Et enfin l'article N°14 sur la législation, qui si mes souvenirs sont bons parle de la PVR.

Ces financements par les particuliers sont toujours des sujets de friction et ils doivent être faits dans les règles légales sous peine de voir ressurgir les "vieilles histoires du grand-père et de la grand-mère".

(Se rappeler aussi que c'est le point le plus éloigné des hangards qui compte pour les 200 m)

Il faut absolument établir la PVR, car cette canalisation restera publique. Vous devrez essayer de considérer cette canalisation (minimum en DN100) comme extensions et l'intégrer dans le cadre du PLU, POS ou carte communale ?
Dans l'exemple la commune prendrait 200 mètres et l'agriculteur 100 mètres. Tout le monde serait content, d'autant que l'on ne construit pas à moins de 100 mètres d'une ferme.
Meilleures salutations*

Posté par lokistagnepas, 09 mai 2009 à 13:18

Petite question.

Salut,
Je suis peut être hors sujet mais je m'intéresse beaucoup aux poteaux d'incendie et je voudrais savoir si toutes leurs parties sont faites en fonte ou uniquement l'ossature principale et si il y a d'autres matériaux qui sont utilisés et si les parties grises "bras morts" sont aussi en fonte?

Merci d'avance pour votre aide.

Meilleures salutations

Posté par Bahaou, 10 mai 2009 à 19:05

Re Bahaou PI

Salut,
Je ne comprends ce que veut dire bras morts...
Tous les PI aujourd'hui sont en fonte ductile (Fer carbone manganèse ++ etc...)
Les PI "renversables" ont des attaches en fonte grise faites pour casser sur un poids lourd qui recule par exemple (fonte qui casse sur un choc comme toute les anciennes fontes d'après guerre -fer carbone seulement-)
Outre les corps, il y a suivant les époques de fabrication diverses solutions.

Aujourd'hui les sièges sont en bronze ou laiton extractibles et interchangeables. De même les clapets sont à changeables au besoin.
Un joint torique équipe les sièges, pour "les plus habituels".
Il y a aussi des coffres en résine, car les coffres en aluminium faisaient l'objet de trafics de matières premières...
Voilà ce que je peux vous répondre en l'état.
Meilleures salutations
lokistagnepas

Un PI est prévu pour un nombre maximal de manoeuvre assez faible.

Posté par lokistagnepas, 10 mai 2009 à 22:58

Tout d'abords merci pour votre réponse..

Je désignais par "bras morts" les "attaches" ou "prises" que vous dites qu'ils sont en fonte grise.

Autre petite question, vous parlez de "sièges", si vous pouvez me dire c'est quel partie du PI, et vous parlez de "coffres" qui je pensais concerner les bouches d'incendie?

Si non pour le reste, vos explications sont très clair merci.

Posté par Bahaou, 11 mai 2009 à 01:57

Re PI Bahou

Bonjour,
Un PI n'est jamais qu'un TRES GROS robinet extérieur, prévu pour ne pas geler.
Comme tout robinet il a un siège et un clapet caoutchouc. Le siège est la partie rapportée sur laquelle vient s'appuyer le clapet pour obturer le passage de l'eau. Cette pièce n'est pas visible.
Les anciens PI ont un siège en fonte taillé dans la masse. Aujourd'hui, ce n'est plus acceptable, car il y a souvent des fuites à ces dispositifs...

Si vous parlez des "prises", ce sont des sorties en aluminium le plus souvent, qui sont visées dans le corps fonte.

Si vous parlez des petites pièces qui font "fusible" lors d'un choc, ces petites pièces en fonte "grise" évitent de remplacer un PI entier lors d'un choc.

Le coffre est l'enveloppe de protection destinée à protéger les sorties et la manoeuvre. C'est aussi une façon "d'habiller" un dispositif qui n'est pas par nature très discret, mais si utile.

Vous lancez vous dans la récupération des métaux ?

Pour de plus amples explications il faut bien naturellement se reporter vers les sites des différents fabricants cités.

Meilleures salutations
lokistagnepas

Posté par lokistagnepas, 11 mai 2009 à 08:33

Bonjour,

Je vous remercie pour ce plus d'explication, je pense que maintenant je comprend mieux ce que vous vouliez dire.

Et non, je ne me lance pas dans la récupération des métaux, mais je suis photographe amatrice et je trouve les PI très intéressants "ils sont très photogéniques" donc je voulais seulement faire plus ample connaissance avec mon sujet.

Je vous souhaite une très bonne continuation pour votre blog et bon courage.

Sincères salutations.

Posté par Bahaou, 11 mai 2009 à 10:04

Bonjour,

Je travail pour le compte d'une des société citées ci-dessus. Société qui conçoit, fabrique et commercialise les poteaux d'incendies.

Tout d'abord, je tenais à dire Bravo pour la qualités des explications contenues sur ce site en matière de Défense Incendie.

Pour information, en réponse au message du 10 mai 2009 nos poteaux sont prévus pour un nombre d'ouverture et de fermeture bien au delà des 1000 cycles requis par la norme nf en 14384
Si je puis me permettre et si vous le souhaitez bien entendu, je peux vous fournir des photos des nouveaux PI car celles présentées sont quelques peu....obsolètes...

Dans l'attente de vous lire.

Posté par Laurent, 03 juin 2009 à 20:48

Re Laurent

Bonjour,

OK Je prendrai contact par Mail pour mettre à jour les photos que vous pourriez me remettre.
Nous devrions normalement nous connaître...

Salutations
lokistagnepas

Posté par lokistagnepas, 03 juin 2009 à 21:45

Proforma

je suis Directeur Général de l'entreprise ENTOST COBAT au togo.j'ai été ravi de toutes les informations et commentaires sur les poteaux incendie et les RIA.
Nous sommes attrbutaire d'un marché d'installation de RIA et de poteau incendie dans un marché au nord du pays et nous voulons avoir à part vos conseils aussi des proforma des sociétés fabricant de ces matériels.

Meilleurs salutations

Posté par ENTOST COBAT, 14 octobre 2009 à 00:20

Re ENTOST

Bonjour et merci,
Ce n'est pas parce que l'on est en retraite que l'on ne participe pas à la vie active et commerciale d'un pays et à favoriser l'accès à la connaissance en général !

Quelques Sociétés Françaises ne l'ont pas tout à fait bien compris et je le regrette pour notre Pays...!

En ce qui concerne les PI, une grande Société m'a particulièrement déçu par son attitude (Elle se reconnaîtra, car son agent commercial est un spécialiste de la non-réponse) !
Je ne la citerai pas bien entendu.

Je reprendrai le contact en direct avec vous, pour la liberté de parole.

Meilleures salutations
lokistagnepas

Posté par lokistagnepas, 14 octobre 2009 à 12:59

PI à la charge du proprio

Bonjour,

Je me permets de vous écrire car je viens d'avoir une sacrée surprise concernant le terrain constructible que nous avons acheté en début d'année dernière en vue d'y construire notre maison.
Suite à un incendie pour lequel la mairie a été jugée responsable, cette dernière a décidé en tant que Mairie que les personnes possédant des terrains constructibles devaient à leur frais faire installer une défense incendie (bâche à eau d'un coût d'envrion 12 à 15 000 euros). Cette défense incendie doit être installée sur une partie du terrain nous appartenant que nous rétrocédons ensuite à la commune.

Si nous n'effectuons pas cette installation, la mairie nous refuse le permis de construire.

D'après ce que j'ai pu lire plus lire, cela ne me semble pas normal du tout. Qu'en pensez-vous ?

Auriez-vous des articles de loi indiquant que les PI sont à la charge de la mairie et qu'elle ne peut en aucun cas forcer les particuliers à les installer et à leur rétrocéder faute de quoi ils ne pourront faire bâtir ?

Merci par avance.

Posté par soleil56, 03 novembre 2009 à 17:02

Re solei56

Bonjour,
Qu'est-ce qu'un terrain constructible ? C'est ou un terrain ayant fait l'objet d'un certificat d'Urbanisme ou étant inscrit au POS, PLU, ou sur la "carte communale" comme étant en zone constructible (voir la définition des zones sur le site de la DDEA (ex DDE).
De plus SI un permis de construire a été délivré c'est 200% tant pis pour la Commune !

Évidemment, un maire échaudé craint l'eau…Il a peut-être oublié que c'est lui, (ou son prédécesseur) avec l'aide de la DDEA qui a défini les zones constructibles. Ou alors scénario opposé, le vendeur vous a vendu un terrain qui n'était pas en zone constructible le jour de la vente ??? C'est également tout à fait d'actualité !...
(Voir également les actes notariés qui stipulent en général ces éléments).

"Supposons que ce soit le maire", il est préférable d'exiger un document écrit de ce qu'il vous dit. A la suite vous prendrez rendez-vous avec le secrétaire de la préfecture (ou le responsable du bureau des Affaires Communales), car à mon sens c'est illégal. (La préfecture représente l'organisme de tutelle des Communes).
En effet la défense incendie (matériel -et mise en œuvre éventuelle suivant les cas-) est du ressort exclusif des Maires (C'est une des prérogatives -ou compétences- des Maires, comme l'alimentation en eau potable par exemple -ou éventuellement en délégation-). En aucun cas les particuliers n'ont à financer les PI.
SI le terrain est réputé constructible désolé pour le premier élu et la commune. Il est certain que vous risquez d'être pris en grippe par la Commune et les habitants, mais votre droit est issu de l'erreur de la commune et de la DDEA. (A moins que ce soit une arnaque de terrain !)

Que la commune vous propose une transaction pour racheter un morceau de votre terrain pour créer une bâche, cela est possible et même par enquête publique, auquel cas vous seriez obligé d'y accéder. (A des prix convenus suivant la valeur du lieu et évalué par les "Domaines" le plus souvent)
Cependant vu ce que vous dites, les conduites doivent être de très petite section et incapables d'assurer une défense incendie à 60 M3/h durant 2 heures. Alors, seule solution (immédiate) la bâche de 120 M3, car il me semble impossible de compter sur le réseau pour diminuer le volume d'autant….
Attention aux bâches à ciel ouvert et aux accidents avec les animaux et les enfants….Attention aussi aux fuites qui coûtent cher à la commune…

Si tous les éléments que vous mentionnez sont exacts, Monsieur le Maire se ferait taper sur les doigts à la Préfecture…en obligeant les particuliers à financer la défense incendie. (Voir également mes autres articles sur la législation (la loi SRU -Solidarité et Renouvellement Urbain-))
Avec les éléments de l'article, vous savez tout sur le sujet…Bonne chance dans vos démarches.
Meilleures salutations
lokistagnepas

Posté par lokistagnepas, 03 novembre 2009 à 20:05

Re re soleil56

Bonjour,
Je n'ai pas publié votre dernier message car il mentionne votre ville et n'est donc plus anonyme. Si vous le désirez, je peux le faire !

Je maintiens mes positions par rapport aux textes cités dont aucun ne précise que ce sont les particuliers qui doivent financer les travaux de Défense Incendie.
Je suis prêt à faire amende honorable si je me suis trompé, mais il faut distinguer plusieurs points :

-Le maire a le POUVOIIR de s'opposer. (Que ce soit légal ou non, mais si c'est illégal, il sera discrédité par son autorité de tutelle). Cela est incontournable et c'est son droit.

-Je vous engage à voir en préfecture le service des Communes ou le secrétaire de la préfecture et également la DDEA.

-Au final vous pouvez saisir le tribunal administratif qui est là pour sanctionner les irrégularités ou abus administratifs.

-Le CU est fait pour préciser si la future habitation peut être raccordée normalement aux différents réseaux et si la défense incendie (PI ou autre) est à moins de 200 mètres. Si ce n'est pas le cas, des mentions ou explications doivent être portées

-Il peut cependant y avoir des clauses particulières, notamment dans les communes touristiques ainsi que ce doit être le cas.

-Pour ma part la DDE ayant délivré le CU, un délai de 2 années est souvent donné pour que les Communes puissent se retourner financièrement et organiser la défense incendie du secteur, le plus souvent en renforçant les réseaux, (car un PI sur un réseau faible ne sert à rien).

-Naturellement la défense incendie doit permettre les débits et temps énoncés dans mon article. Cela pouvant être obtenu par le réseau AEP (trop faible dans votre cas) ou par des bâches.
Je vois mal une bâche pour chaque maison...Il faut rester sérieux. Dans le cas ou un de vos voisins fait une bâche, (qui va pouvoir l'utiliser ? les pompiers !) Il aura tout payé et vous rien du tout ! Non décidément cela ne tient pas debout et c'est à la commune d'ORGANISER cette défense incendie et non aux particuliers à payer directement (et peut être chacun ?!)

Je ne peux vous donner d'autres renseignements, et il faut rencontrer ces organismes. (N'oubliez jamais les courriers recommandés qui laissent des traces et vous permettent d'aller plus en avant dans les procédures.
Meilleures salutations.
lokistagnepas

Posté par lokistagnepas, 05 novembre 2009 à 14:35

Bonjour,

Merci à lokistagnepas.

Mon terrain est bien constructible et nous a été vendu par une agence.
Nous avons le CU par contre nous n'avons pas encore déposé de permis de construire pour la simple raison que nous connaissons des personnes à qui le permis de construire a été refusé sous prétexte qu'il n'y avait pas de sécurité incendie près de chez eux. Après rdv avec le maire, on leur a dit qu'ils étaient dans l'obligation
d'installer à leur frais une bâche pour la modique somme de 15000 euros.

J'ai donc écrit au responsable technique de cette commune et voici la réponse qui m'a été faite :

"Madame, Monsieur,

La lutte contre l'incendie s'inscrit dans le cadre des pouvoirs de police administrative du Maire, comme stipulé

à l'article L2212-2, alinéa 5 du code général des collectivités territoriales.

Par ailleurs le code de l'urbanisme par son article R111-2, et les différentes jurisprudences afférentes,

précise qu'un permis de construire peut être refusé par l'absence de défense incendie.

Il ne s'agit donc pas d'une mesure communale, mais nationale, applicable depuis des décennies.

Si bon nombre de collectivités font l'impasse sur cet état de fait, la commune de "X" demande quant à elle, la justification de présence d'une défense incendie.

Il faut savoir qu'un dispositif de défense incendie ne se limite pas à la simple présence d'un poteau règlementaire, mais peut se présenter sous la forme d'une réserve d'eau naturelle ou non, l'important étant d'avoir l'accord du SDISS sur ce dispositif.

Cette justification peut-être considérée comme contraignante, mais si chacun conçoit la nécessité d'une assurance automobile,il semble en revanche omettre la sécurité des biens mobiliers pourtant bien souvent plus important tant pécuniairement que sentimentalement.

Espérant avoir répondu à vos questions, et me tenant à votre disposition.

Cordialement"

Merci de bien vouloir m'indiquer ce que vous en pensez car je ne sais plus trop comment agir.

Merci par avance.

(Message modifié et antérieur à la réponse précédente, à la demande de l'intéressé)

Posté par soleil56, 05 novembre 2009 à 19:54

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